L'irinotecan (Campto™) est un dérivé hémisynthétique de la camptothécine.

C'est un inhibiteur spécifique de l'ADN topo-isomérase I. Son métabolite (par action de la carboxylestérase) le SN-38, est plus actif que lui-même. L'irinotécan induit des lésions simple-brin de l'ADN, ce qui bloque la fourche de réplication de l'ADN. Il s'agit d'un médicament actif lors de la phase S.

L'irinotécan et le SN-38 ne sont pas reconnus par la P-glycoprotéine de la Multi-Drogue-Résistance, d'où une efficacité sur des lignées cellulaires résistantes à la doxorubicine et à la vinblastine.

 

Les parties soulignées en beige plus clair sont les éléments qui différencient l'irinotécan de la camptothécine.

Indications

La seule indication actuelle est constitué par les :

Cancers colorectaux avancés :

en association avec le 5-FU et l'acide folinique (protocole FOLFIRI) chez les patients naïfs de chimiothérapie,

en monothérapie après échec d'un traitement par 5-FU.

Il s'agit d'un traitement qui est administré par voie veineuse.

La posologie habituelle est soit de 180 mg/m2, toutes les deux semaines en polychimiothérarpie, soit de 350 mg/m2 en monochimiothérapie toutes les 3 semaines.

Principales toxicités

Ne sont citées que les toxicités non générales (les toxicités générales sont décrites dans le chapitre toxicité de la chimiothérapie).

La toxicité limitante est la diarrhée. On peut noter aussi des granulopénies importantes.

TOXICITE DIGESTIVE : DIARRHEE

Une diarrhée sévère peut survenir tardivement (plus de 24 heures après l'administration) à tout moment de l'intercure, souvent vers le 5ème jour.

Le risque est plus grand en cas d'antécédents de radiothérapie abdomino-pelvienne.

Si cette diarrhée n'est pas traitée correctement, il existe un risque vital en cas de deshydratation majeure et de neutropénie concomitante. Le traitement comporte les boissons abondantes, un traitement anti-diarrhéique (par exemple lopéramide ou Imodium™) à doses importantes, à poursuivre jusqu'après la cessation de la diarrhée, une antibiothérapie prophylactique en cas de neutropénie.

Si besoin, une hospitalisation est recommandée, en cas de diarrhée mal contrôlée par ces mesures, notamment pour permettre une réhydratation par voie veineuse.

SYNDROME CHOLINERGIQUE AIGU

Ce syndrome associe diarrhée précoce, sueurs profuses, crampes abdominales, larmoiements, myosis et hypersalivation et survient au cours de la perfusion. Il doit être traité par des atropiniques et doit inciter à la prudence pour la répétition des doses.

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