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Dernière modification effectuée
le 21/03/2019
Le rôle de l'alcool

Consommation alcoolique et cancer

Bien que l'alcool ne soit pas connu comme carcinogène en expérimentation animale, il existe une très forte association épidémiologique, montrant que la consommation de boissons alcoolisées favorise l'apparition d'un certain nombre de cancer.

Le risque semble en relation directe avec l'alcool 'pur' retrouvé dans chaque type de boissons, et c'est cette quantité d'alcool pur qui sert de base à toutes les études épidémiologiques.

Il ne semble pas exister de niveau en-dessous duquel aucun effet pathologique n'est observé.

La consommation d'alcool se mesure en g / jour / personne..

Autres pages sur l'alcool

A titre indicatif, voici le contenu en alcool d'un certain nombre de boissons consommées habituellement dans notre région : 

Type de boisson Contenu en alcool
Un verre de vin 10,8 g
une canette de bière 13,2 g
Une bolée de cidre 8 g
Un verre de Whisky 30 g
Un verre de liqueur 15,1 g
Un verre de Calvados 30 g

Le tableau suivant, emprunté au travail de Corrao et al permet de mieux évaluer les risques selon la consommation alcoolique, à la fois en cancérologie et pathologie générale.

Moyenne ± écart standard Nombre de cas Risque relatif en fonction de la consommation alcoolique quotidienne
Cancers   25 g /j 50 g / j 100 g / j
  Oro-pharynx 4 507 1.86 (1.76 – 1.96) 3.11 (2.85 – 3.39) 6.45 (5.76 – 7.24)
  Oesophage 3 233 1.39 (1.36 – 1.42) 1.93 (1.85 – 2.00) 3.59 (3.34 – 3.87)
  Larynx 3 789 1.43 (1.38 – 1.48) 2.02 (1.89 – 2.16) 3.86 (3.42 – 4.35)
  Côlon 5 360 1.05 (1.01 – 1.09) 1.10 (1.03 – 1.18) 1.21 (1.05 – 1.39)
  Rectum 1 420 1.09 (1.08 – 1.12) 1.19 (1.14 – 1.24) 1.42 (1.30 – 1.55)
  Foie 1 321 1.19 (1.12 – 1.27) 1.40 (1.25 – 1.56) 1.81 (1.50 – 2.19)
  Sein 32 175 1.25 (1.20 – 1.29) 1.55 (1.44 – 1.67) 2.41 (2.07 – 2.80)
Autres pathologies        
  Hypertension essentielle 5 801 1.43 (1.33 – 1.53) 2.04 (1.77– 2.35) 4.15 (3.13 – 5.52)
  Coronaropathie 49 640 0.81 (0.79 – 0.83) 0.87 (0.84 – 0.90) 1.13 (1.06 – 1.21)
  Ischémie cérébrale 1 192 0.90 (0.75 – 1.07) 1.17 (0.97 – 1.44) 4.37 (2.28 – 8.37)
  Hémorragie cérébrale 1 192 1.19 (0.97 – 1.49) 1.82 (1.46 – 2.28) 4.70 (3.35 – 6.59)
  Ulcère gastro-duodénal 425 0.98 (0.77 – 1.25) 0.97 (0.59 – 1.57) 0.93 (0.35 – 2.45)
  Cirrhose du foie 2 202 2.90 (2.71 – 3.09) 7.13 (6.35 – 8.00) 26.52 (22.26 – 31.59)
  Pancréatite chronique 247 1.34 (1.16 – 1.54) 1.78 (1.34 – 2.36) 3.19 (1.82 – 5.59)
  Accidents et violences 4 501 1.12 (1.06 – 1.18) 1.58 (1.27 – 1.95) 1.26 (1.13 – 1.40)

Il existe une relation dose ingurgitée et effet toxique particulièrement nette pour un certain nombre de cancers et bien sûr pour la cirrhose du foie ou la pancréatite chronique.

A noter que des cancers, qui ne sont pas réputés pour être en rapport avec la consommation alcoolique, présentent un risque accru en présence de consommation alcoolique (côlon, rectum, sein).

Toutes ces études ont été confirmées par d'autres études , comme celle de Buffetta

Pour les buveurs de plus de 60 g d'alcool par jour :

  • cavité buccale (risque multiplié par 6.4)
  • pharynx (risque multiplié par 6)
  • larynx (risque multiplié par 3.8),
  • œsophage (risque multiplié par 3.6)
  • cancer du foie (risque multiplié par 1.8).
  • cancer du sein (risque multiplié par 1.35)
  • cancer du colon et du rectum (risque multiplié par 1.2) .

A noter également, la légère diminution de toxicité observée avec des doses 'modérées' d'alcool (> 25 g/j) pour des pathologies cardio-vasculaires (coronaropathie et ischémie cérébrale). Cette légère diminution a fait parler d'un 'régime protecteur' d'une minime consommation d'alcool, et plus spécifiquement d'un effet dû au vin ('Exception française'). Cette diminution du risque se retrouve dans de nombreuses études, mais n'est pas dépendantes de la nature de l'alcool consommé.(cf. page spécifique sur le sujet).

Synergie avec le tabac

La consommation d’alcool augmente l’effet du tabac pour un certain nombre de cancers (cavité buccale, pharynx, œsophage)

Pour l'oesophage, le risque conjoint du tabac et de l'alcool a été bien démontré, dans notre région, par les travaux du Pr Tuyns.

Potentialisation de l’effet du tabagisme par l’alcool sur le risque relatif de cancer de l’œsophage d'après une étude de Tuyns A. et al dans notre département du Calvados.

Bibliographie

Alcohol and mortality : a review
K. Poikolainen,
J Clin Epidemiol. 1995 ; 48 :455-465

The burden of cancer attributable to alcohol drinking
P. Boffetta et al
Int J Cancer. 2006 Aug 15;119(4):884-887

A meta-analysis of alcohol consumption and the risk of 15 diseases
G. Corrao et al,
Preventive Medicine 2004 ; 38 : 613–619

Alcohol use
Report on world Health Statistics 2017
WHO publications - Page 62

Cancers of the digestive tract, alcohol and tobacco
A.J. Tuyns et al
Int J Cancer.
1982 Jul 15;30(1):9-11

The combined effect of smoking tobacco and drinking alcohol on cause-specific mortality : a 30 year cohort study
C.L. Hart et al,
Health 2010 ; 10 : 789

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