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Dernière modification effectuée
le 12/02/2010
Thrombose et cancer

Considérations générales

La maladie thromboembolique est beaucoup plus fréquente chez les patients atteints de cancer que chez les autres patients. On estime généralement que le risque est multiplié par 4. Il peut s’agir soit d’une thrombose des membres inférieurs, soit d’une thrombose pelvienne soit d’emblée d’une embolie pulmonaire. L’embolie pulmonaire est une cause fréquente de mort au cours du cancer, assez souvent méconnue (jusqu’à 25% des causes de mort).

Thrombose révélatrice du cancer

La révélation de la maladie cancéreuse par une maladie thromboembolique idiopathique n’est pas rare : dans ce cas, un examen clinique complet est nécessaire ainsi qu’un bilan radiologique et biologique. Il n’y a pas de relation démontrée entre le mode de révélation du cancer (par maladie thromboembolique) et la gravité du cancer, alors que la survenue d’une thrombose au cours d’un cancer est plutôt péjorative (cf. plus bas).

Quelques études permettent de spécifier quels sont les cancers les plus souvent retrouvés.

Type tumoral Risque relatif
Tumeurs hématologiques 28
Poumon 22
Tube digestif 20
Cerveau 7
Rein 6
Sein 5
Peau (mélanome, cancer spinocellulaire) 4
Ovaire 3
Prostate 2
ORL 1,6

On voit donc comment orienter l’examen clinique et biologique.

Circonstances favorisant la maladie thromboembolique

Un certain nombre de circonstances favorisent cette thrombose.

Hypercoagulabilité sanguine

Plusieurs facteurs s’associent pour provoquer un phénomène général d’hypercoagulabilité :

  • Stase liquidienne en amont de la tumeur (compression extrinsèque),
  • Interaction des cellules tumorales avec les parois vasculaires,
  • Présence de multiples emboles vasculaires constitués de cellules néoplasiques, mais aussi de polynucléaires et de plaquettes, qui peuvent être activés,
  • Traitement chirurgical plus ou moins complexe et alitement prolongé,
  • Immobilisation prolongée,
  • Impotence fonctionnelle aiguë (paralysie),
  • Traitements médicaux (hormonothérapie, chimiothérapie),
  • Déshydratation.

Atteinte endothéliale

L’atteinte endothéliale (effraction de l’endothélium) a elle-aussi des causes variées :

  • Atteinte tumorale (métastases),
  • Traumatismes opératoires,
  • Radiothérapie ( ?),
  • Irritation locale par la chimiothérapie (certaines chimiothérapies sont connues pour être très toxiques pour les veines),
  • Cathéters intraveineux,
  • Sites veineux implantables.

Stase veineuse

Cette stase est commune au cours de tout alitement.


Signification pronostique de la thrombose au cours du cancer

La survenue d’une thrombose au cours d’un cancer est un signe plutôt péjoratif.

La thrombose veineuse est, après les infections, avec les hémorragies, le phénomène déclenchant une mort aiguë chez le patient atteint de cancer. Dans des séries autopsiques anciennes, on retrouvait jusqu’à 15% d’embolie pulmonaire.

Pour la plupart des cancers, la survenue d’une thrombose est un signe de gravité : plusieurs séries ont montré que des patients cancéreux atteints de maladie thromboembolique avaient (tous types de cancers confondus) une survie de 12% à un an contre 36% chez des malades appariés sans maladie thromboembolique.

Prévention

La prévention d’un maladie thromboembolique doit être systématique chez les patients atteints de cancer dès qu’une circonstance aggravante (comme par exemple, l’alitement) survient : un traitement par héparine de bas poids moléculaire s’impose en cas de chirurgie du petit bassin, en cas de curiethérapie du petit bassin ou en cas d’alitement prolongé.

Références :

Place du cancer parmi les facteurs de risque de la maladie thromboembolique veineuse
Descourt R. et al
Pathologie Biologie 56 (2008) 178–183

Physiopathogénie de la maladie thromboembolique veineuse au cours du cancer
Elalamy I.et al
Pathologie Biologie 56 (2008) 184–194

Cancer occulte et maladie thromboembolique veineuse : quelle enquête étiologique devant une maladie thromboembolique veineuse inaugurale ?
Lévesque H.
Pathologie Biologie 56 (2008) 205–210

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