BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

Dernière modification effectuée
le 18/08/2010
Urgences métaboliques - 1

Hypercalcémie

L'hypercalcémie est une manifestation assez habituelle au cours des cancers : 20 à 40% des myélomes multiples, 35% des cancers du poumons, 24% des cancers du rein, 8 à 10% des cancers du sein. L'hypercalcémie signe très souvent un mauvais pronostic, bien que les thérapeutiques correctives actuelles permettent une meilleure survie des patients.

On pourra retrouver sur la feuille jointe quelques éléments sur le métabolisme du calcium.

Mécanismes physiopathologiques

Deux circonstances différentes sont retrouvées selon qu'il existe ou non des lésions ostéolytiques.

S'il existe des lésions lytiques, il s'agit le plus souvent d'un phénomène tardif signant un mauvais pronostic. L'hypercalcémie, par les symptômes qu'elle provoque, nécessite une correction dans le cadre de soins palliatifs efficaces.

Les hypercalcémies apparemment sans lésions ostéolytiques (appelés syndromes paranéoplasiques) sont dues à plusieurs mécanismes :

  • Production de protéines se liant au récepteur de la parathormone (substance parathormone like) : au niveau de la tumeur s'exprime un gène produisant un polypeptide (PTH-rP ou Parathormone related Protein) ayant 70% d'homologie avec la parathormone normale. Ce gène est normalement exprimé au niveau des tissus mammaires pendant la lactation.
  • Un certain nombre de facteurs sériques à action locale (lymphokines) sont impliqués dans l'hypercalcémie retrouvée notamment au cours du myélome. Ces Osteoclast Activating Factors sont notamment : le facteur RANK (Receptor Activator of Nuclear factor-κB) et son ligand RANK-L (médiateur majeur de l'activation des ostéoclastes), le MIP-1α (Macrophage inflammatory protein-1α) qui stimule la formation et la différentiation des ostéoclastes ou encore la protéine DKK-1 (Dickkopf 1) qui est un inhibiteur extra-cellulaire de la voie de stimulation Wnt.
  • Certains lymphomes, des tumeurs osseuses ou des sarcomes peuvent entraîner une hypercalcémie par une transformation anormale de 25-hydroxy-vitamine D en 1,25-di-hydroxy-vitamine D (le facteur physiologique final de la vitamine D).

Il n'y a pas de rapport entre la présence de métastases osseuses et la présence d'une hypercalcémie : certaines métastases osseuses diffuses, entraînant des troubles mécaniques majeurs, ne se compliquent jamais d'hypercalcémie. A l'inverse, certaines hypercalcémies 'malignes' sont très évolutives, difficiles à corriger, alors que la radiologie, la scintigraphie et l'IRM sont normales.

Symptomatologie

Les principaux signes d'une hypercalcémie sont :

  • Anorexie, soif, constipation voire occlusion,
  • Troubles de la conscience : somnolence, léthargie, coma
  • Déshydratation plus ou moins sévère, d'abord extracellulaire, puis intracellulaire

Le diagnostic repose sur le dosage, au moindre doute, de la calcémie. Une hypercalcémie non traitée entraîne une déshydratation majeure et éventuellement la mort du malade par troubles cardiaques.

Diagnostic biologique

Une hypercalcémie maligne se distingue relativement aisément des autres hypercalcémies : on observe en effet, en général, un taux normal ou augmenté de phosphore sanguin (l'hyper-parathyroïdie s'accompagne d'une hypophosphorémie).

Traitement

De nombreux traitements ont été proposés dépendant de la gravité clinique de l'hypercalcémie, mais l'avènement de diphosphonates efficaces en IV (pamidronate) a changé le pronostic immédiat de l'hypercalcémie, permettant notamment des traitements ambulatoires toutes les semaines ou tous les quinze jours offrant une survie prolongée et une qualité de vie appréciable.

En cas de manifestations majeures (notamment neurologiques ou de déshydratation), on complètera ce traitement par la mise en route simultanée d'une réanimation : utilisation de glucocorticoïdes, réhydratation par voie intraveineuse.

Compteur français