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La grille DEGR (Douleur Enfant Gustave Roussy) a été mise au point par l'équipe d'oncologie pédiatrique du Professeur Jean LEMERLE, à l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, et publiée dès 1999 dans le journal 'European Journal of Pain'.

Elle a été réalisée pour des enfants de 2 à 6 ans et légèrement modifiée dans le temps (passant de 15 items à 10 items). Elle a été validée par l'observation attentive par deux infirmières spécialisées en cancérologie pédiatrique, puis le comportement de certains enfants a été enregistré et l'évaluation de la douleur a été réalisée, de nouveau, par une équipe de pédiatres et de spécialistes de la douleur. Il existe une grande robustesse de cette échelle lorsqu'elle est bien comprise et bien utilisée.

Elle peut être utilisée pour les enfants entre 9 mois et 10 ans.

Position antalgique
au repos
Spontanément l'enfant évite une position ou bien s'installe dans une posture particulière, malgré une certaine gêne, pour soulager la tension d'une zone douloureuse.
A évaluer lorsque l'enfant est sans activité physique, allongé ou assis.
A ne pas confondre avec l'attitude antalgique dans le mouvement.
• Absence de position antalgique : l'enfant peut se mettre n'importe comment.
• L'enfant semble éviter certaines positions.
• L'enfant évite certaines positions mais n'en paraît pas gêné.
• L'enfant choisit une position antalgique évidente qui lui apporte un certain soulagement.
• L'enfant recherche sans succès une position antalgique et n'arrive pas à être bien installé.
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Manque d'expressivité Concerne la capacité de l'enfant à ressentir et à exprimer sentiments et émotions, par son visage, son regard et les inflexions de sa voix.
A étudier alors que l'enfant aurait des raisons de s'animer (jeux, repas, discussion).

• L'enfant est vif, dynamique, avec un visage animé.
• L'enfant parait un peu terne, éteint.
• Au moins un des signes suivants : traits du visage peu expressifs, regard morne, voix marmonnée et monotone, débit verbal lent.
• Plusieurs des signes ci-dessus sont nets.
• Visage figé, comme agrandi. Regard vide. Parle avec effort.

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Protection spontanée
des zones douloureuses
En permanence l'enfant est attentif à éviter un contact sur la zone douloureuse.

• L'enfant ne montre aucun souci de se protéger.
• L'enfant évite les heurts violents.
• L'enfant protège son corps, en évitant et en écartant ce qui pourrait le toucher.
• L'enfant se préoccupe visiblement de limiter tout attouchement d'une région de son corps.
• Toute l'attention de l'enfant est requise pour protéger la zone atteinte.

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Plaintes somatiques Cet item concerne la façon dont l'enfant a dit qu'il avait mal, spontanément ou à l'interrogatoire, pendant le temps d'observation.

• Pas de plainte : l'enfant n'a pas dit qu'il a mal.
• Plaintes "neutres" : sans expression affective (dit en passant "j'ai mal"), et sans effort pour le dire (ne se dérange pas exprès).
• Au moins un des signes suivants : a suscité la question "qu'est-ce que tu as, tu as mal ?", voix geignarde pour dire qu'il a mal, mimique expressive accompagnant la plainte.
• En plus de la COTATION 2, l'enfant a attiré l'attention pour dire qu'il a mal. Il a demandé un médicament.
• C'est au milieu de gémissements, sanglots ou supplications que l'enfant dit qu'il a mal.

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Attitude antalgique dans le mouvement Spontanément, l'enfant évite la mobilisation, ou l'utilisation d'une partie de son corps. A rechercher au cours d'enchainements de mouvements (ex : la marche) éventuellement sollicités.
A ne pas confondre avec la lenteur et rareté des mouvements.

• L'enfant ne présente aucune gène à bouger tout son corps. Ses mouvements sont souples et aisés.
• L'enfant montre une gène, un manque de naturel dans certains de ses mouvements.
• L'enfant prend des précautions pour certains gestes.
• L'enfant évite nettement de faire certains gestes. Il se mobilise avec prudence et attention.
• L'enfant doit être aidé, pour lui éviter des mouvements trop pénibles.

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Désintérêt
pour le monde extérieur
Concerne l'énergie disponible pour entrer en relation avec le monde environnant.

• L'enfant est plein d'énergie, s'intéresse à son environnement, peut fixer son attention et est capable de se distraire.
• L'enfant s'intéresse à son environnement, mais sans enthousiasme.
• L'enfant s'ennuie facilement, mais peut être stimulé.
• L'enfant se traîne, incapable de jouer. Il regarde passivement.
• L'enfant est apathique et indifférent à tout.

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Contrôle exercé par l'enfant quand on le mobilise (mouvements passifs) L'enfant que l'on doit remuer pour une raison banale (bain, repas) surveille le geste, donne un conseil, arrête la main ou la tient).

• L'enfant se laisse mobiliser sans y accorder d'attention particulière.
• L'enfant a un regard attentif quand on le mobilise.
• En plus de la cotation 1, l'enfant montre qu'il faut faire attention en le remuant.
• En plus de la cotation 2, l'enfant retient de la main ou guide les gestes du soignant.
• L'enfant s'oppose à toute initiative du soignant ou obtient qu'aucun geste ne soit fait sans son accord.

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Localisations des zones douloureuses par l'enfant Spontanément ou à l'interrogatoire, l'enfant localise sa douleur.

• Pas de localisation : à aucun moment l'enfant ne désigne une partie de son corps comme gênante.
• L'enfant signale, uniquement verbalement, une sensation pénible dans une région vague sans autre précision.
• En plus de la cotation 1, L'enfant montre avec un geste vague cette région.
• L'enfant désigne avec la main une région douloureuse précise.
• En plus de la cotation 3, l'enfant décrit, d'une manière assurée et précise, le siège de sa douleur.

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Réactions à l'examen des zones douloureuses L'examen de la zone douloureuse déclenche chez l'enfant un mouvement de défense, ou de retrait, et des réactions émotionnelles.
Ne noter que les réactions provoquées par l'examen, et non celles pré-existantes à l'examen.

• Aucune réaction déclenchée par l'examen.
• L'enfant manifeste, juste au moment où on l'examine, une certaine réticence.
• Lors de l'examen, on note au moins un de ces signes : raideur de la zone examinée, crispation du visage, pleurs brusques, blocage respiratoire.
• En plus de la cotation 2, l'enfant change de couleur, transpire, geint ou cherche à arrêter l'examen.
• L'examen de la région douloureuse est quasiment impossible, en raison des réactions de l'enfant.

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Lenteur
et rareté du mouvement
Les mouvements de l'enfant sont lents, peu amples et un peu rigides, même à distance de la zone douloureuse. Le tronc et les grosses articulations sont particulièrement immobiles.
A comparer avec l'activité gestuelle habituelle d'un enfant de cet âge.

• Les mouvements de l'enfant sont larges, vifs, rapides, variés, et lui apportent un certain plaisir.
• L'enfant est un peu lent, et bouge sans entrain.
• Un des signes suivants : latence du geste, mouvements restreints, gestes lents, initiatives motrices rares.
• Plusieurs des signes ci-dessus sont nets.
• L'enfant est comme figé, alors que rien ne l'empêche de bouger.

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SCORE / 40

xx

L'analyse initiale de cette échelle montre l'importance de distinguer les items en rapport avec l'inertie psycho-motrice de l'enfant douloureux de ceux concernant l'expression spontanée de la douleur par l'enfant. Certains éléments extérieurs (fièvre, anémie, neutropénie, rareté des visites des parents) se distinguent bien grâce à ces items des éléments douloureux à propremnt parler.

Le seuil de prescription est atteint lorsque le score dépasse 10.

Cette grille est assez longue à remplir.

Une grille simplifiée appelée HEDEN a été mise au point : elle se concentre sur les plaintes somatiques, l'intérêt pour le monde extérieur, la position antalgique, la lenteur et la rareté des mouvements ainsi que sur le contrôle exercé par l'enfant quand on le mobilise.

Le seuil de prescription pour cette dernière grille est de 3/10.

Sur la douleur de l'enfant, on pourra lire avec intérêt le site Pediadol.

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