Le protoxyde d'azote


Il existe maintenant, à notre disposition, des bouteilles d'un mélange de protoxyde d'azote et d'oxygène, KALINOX® 170 bar, permettant d'obtenir une analgésie complète pendant des périodes de courte durée.

Le protoxyde d'azote, à une concentration de 50 % dans la fraction inspirée, possède un effet analgésique, avec diminution du seuil de perception de différents stimuli douloureux. L'intensité de l'effet analgésique varie en fonction de l'état psychique des sujets.

A cette concentration, le protoxyde d'azote ne possède pas d'effet anesthésique. Il entraîne un état de sédation consciente : le patient est relaxé, détendu, avec une attitude détachée de l'environnement.

Le protoxyde d'azote

Le protoxyde d'azote, 'gaz hilarant', était utilisé depuis longtemps aussi bien dans l'anesthésie.

D'autres utilisations concernent ses fonctions de comburant (oxydant) dans certains moteurs-fusées, dans les moteurs à combusion interne ou en spectrométrie d'absorption atomique. Il est aussi utilisé dans les bonbonnes de crème chantilly !

Il est classifié comme polluant par le protocole de Kyoto, car c'est un gaz ayant un effet de serre.

Il est associé à l'oxygène pour permettre une bonne ventilation du patient (cependant, les deux gaz peuvent ne plus être mélangés correctement en cas de stockage prolongé des bouteilles).

Indications reconnues

Analgésie lors de l'aide médicale d'urgence : traumatologie, brûlés, transport de patients douloureux.

Préparation des actes douloureux de courte durée chez l'adulte et l'enfant, notamment ponction lombaire, myélogramme, petite chirurgie superficielle, pansements de brûlés, réduction de fractures simples, réduction de certaines luxations périphériques et ponction veineuse chez l'enfant.

Soins dentaires, en milieu hospitalier exclusivement, chez les enfants, les patients anxieux ou handicapés.

En obstétrique, dans l'attente d'une analgésie péridurale, ou en cas de refus ou d'impossibilité de la réaliser.

En soins palliatifs : le mélange de protoxyde d'azote est particulièrement intéressant pour prévenir la douleur des gestes douloureux potentiels, notamment les soins d'escarre ou les mobilisations douloureuses (par exemple, transport pour une radiographie, changement de lit, etc.).

Posologie

Le protoxyde d'azote est administré au masque : le débit du mélange est déterminé par la ventilation spontanée du patient.

L'administration nécessite une surveillance continue du patient, par une personne se consacrant exclusivement à cette tâche : l'administration du mélange doit être immédiatement interrompue en cas de perte du contact verbal. La posologie est adaptée à cette surveillance clinique précise d'une personne entraînée : il convient d'arrêter le produit si le patient ne répond plus aux questions simples. On peut réinstituer aussitôt si le patient est bien réveillé.

L'efficacité antalgique du mélange se manifeste pleinement après 3 minutes d'inhalation. A l'arrêt de l'inhalation, le retour à l'état initial est quasi immédiat, sans effet rémanent.

La durée de l'inhalation du mélange est liée à la durée de l'acte concerné et ne doit pas dépasser 60 minutes en continu. En cas de répétition, elle ne doit pas dépasser 15 jours.

La pièce doit être bien ventilée pour éviter une intoxication du personnel (risque sur la fertilité) et des risques d'explosion.

Précautions d'emploi

Le protoxyde d'azote doit être évité chez les sujets souffrant d'hypertension intra-crânienne ou de pneumothorax.

Une contrindication absolue est l'utilisation préalable de gaz ophtalmiques (chirurgie de l'oeil).

Un surveillance plus attentive doit être effectuée chez des malades sous morphiniques ou neuroleptiques. De ce fait, une formation pratique doit être instituée dans les services de soins palliatifs.

Le stockage des bouteilles du mélange protoxyde - oxygène est sous la responsabilité du pharmacien hospitalier.

Il convient de ne pas fumer : risque d'explosion.

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