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Dernière modification effectuée
le 14/12/2010
La méthylnaltrexone

Soins aux mourants

Tout ce chapitre est un plaidoyer pour que les médecins qui s'occupent de patients atteints de cancer, suivent leurs patients jusqu'au bout, pour leur assurer une mort digne et adoucie.

Ces soins demandent beaucoup de connaissances, de compétences et d'implication personnelle.

Le lieu n'est pas de faire un cours d'éthique (on relira avec intérêt le code de déontologie dans son article 38).

Parler de choix du patient dans une situation désespérée n'est peut-être pas adéquat, mais au moins peut-on essayer de le faire cheminer vers la lucidité et une acceptation tranquille du destin qui s'impose à notre patient.

Le malade a le droit de savoir que sa mort approche, mais il a aussi le droit de pas vouloir le savoir. Il faut éviter l'acharnement psychologique et le désir absolu de vérité.

C'est au patient à découvrir par lui-même l'intérêt de se préparer à l'événement qui approche, comme il le souhaite, avec ses proches.

L'écoute active (la technique du requestionnement) permet de dialoguer et de faire avancer le patient, à son rythme, vers la vérité qui s'impose à lui. Elle permet également de déminer l'angoisse et le désespoir du patient et lui faire redécouvrir le sens qu'il veut donner à sa vie. L'écoute active peut aussi permettre d'éviter le sentiment d'abandon, la solitude, la régression et la dépendance. On se rappellera les besoins spirituels du patient en fin de vie.

La sédation trop importante peut nuire à cette réflexion digne que souhaite mener le mourant, en y associant, comme il le sent, ses proches.

La prise en charge palliative comporte également l'écoute et l'aide des proches. Une information loyale permet à la famille de se préparer à la disparition du proche.

L'euthanasie

Il convient d'être précis dans la définition : il s'agit de l'acte de provoquer délibérément la mort.

Depuis la loi Léonetti, on ne peut plus parler "d'euthanasie passive" : ou bien le traitement est utile et on le fait, ou bien il est nocif et on l'arrête, ou bien il est inutile et, selon le désir du patient, on peut s'abstenir ou non de poursuivre un traitement inefficace.

La Loi française comme la Convention européenne des Droits de l’homme condamnent formellement cette démarche, sans retour.

Le Conseil de l'Europe (Recommandation 1418- 1999 ) recommande aux Etats membres de respecter et protéger la dignité des malades incurables et des mourants en maintenant l'interdiction absolue de mettre fin intentionnellement à leur vie.

Après avoir soutenu sa thèse, en 2010, chaque jeune médecin jure de ne pas prolonger inutilement les agonies mais également de ne pas provoquer délibérément la mort.

Il n'est pas sûr que les progrès réalisés, grâce aux soins palliatifs, dans le domaine de la maîtrise de la douleur, de l'écoute, de l'information et d'accompagnement, suppriment tout désir d'euthanasie.

La proposition de "mourir dans la dignité à l'heure choisie, par le moyen choisi" est certes attrayante pour l'esprit détaché de la vie réelle. Mais la vraie demande d'euthanasie (au sens strict de demande de provoquer la mort de façon intentionnelle) est rare en cancérologie.

La prise en compte de la souffrance, la mise en place d'une attitude palliative, l'écoute attentive des patients et de leurs proches ont fait disparaître nombre de situations de souffrance solitaire, de désespoir et d'abandon, sources majeures de demandes d'euthanasie.

Il est souvent difficile de différencier ce qui, dans la demande d'euthanasie, relève d'un appel au secours, d'une demande impérieuse de présence, d'une gène intolérable vis-à-vis des proches, d'un désespoir devant sa déchéance, d'une pulsion suicidaire momentanée ou d'une réelle volonté réfléchie d'en finir avec sa vie.

Ce chapitre sur les soins palliatifs reflète la volonté d'accompagner nos malades jusqu'au bout, y compris dans leur souffrance et leur désespérance.

Toute autre est la décision de limitation ou d'arrêt de la thérapeutique que l'on a si longtemps confondu avec l'euthanasie.

Pourtant, il est facile de comprendre qu'il n'est pas éthique d'imposer un traitement inutile à un patient et qu'il n'est pas éthique de ne pas lui proposer le soulagement auquel il a droit. C'est toute la signification de la loi Léonetti de redonner une grande valeur à la solidarité humaine et au travail des soignants.

L'éthique nous demande de soigner ce qui permet parfois de guérir.

PS : On remarquera que cette page ne traite que des patients atteints de cancer, en fin de vie. D'autres situations dramatiques font la une des journaux. L'auteur n'ayant aucune compétence dans ces domaines médicaux très variés et n'ayant jamais été confronté à ces demandes assez différentes de celles, rares, observées en cancérologie, ne s'est pas permis une incursion dans un domaine inconnu. Ses positions philosophiques n'ont rien à faire dans un cours de cancérologie.

On lira avec intérêt le code de Déontologie de l'Ordre National des médecins dans son article 38, qui a inspiré les grandes lignes de cette page.

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