BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode

Site santé certifié
par la fondation HON
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

img

Dernière modification effectuée
le 11/02/2010
Deuils pathologiques

Ces deuils pathologiques sont l'exagération d'un processus de deuil.

Déni pathologique

Cette forme de déni est exagérée : elle se manifeste souvent par une absence apparente de souffrance, ou par une hyperactivité considérable pour accomplir des ‘tâches indispensables’. On observe un évitement des rituels de mort, une absence de pleurs (ce qui se voit assez souvent chez les enfants et correspond à un mécanisme pour se protéger contre la violence de la perte).

Le plus souvent, il s'agit d'un simple retard au démarrage : puis, le deuil va se dérouler ‘normalement’. Lorsqu'il ne démarre pas (vrai refus), on observera, en dehors de la période immédiate habituelle, une tendance dépressive marquée, des pleurs immotivés des mois après.

Dans le deuil d'un enfant, on voit souvent les parents concevoir rapidement un enfant de remplacement (à la fois nouvel enfant et toujours le même).

Culpabilité pathologique

Lorsque la réaction d’ambivalence vis à vis du défunt n'est pas bien assumée, celui-ci peut paraître devenir inquiétant, dangereux. On voit ainsi s'exprimer des colères vis à vis du mort et à l'inverse se mettre en place des superstitions pour se protéger de lui.

On explique ainsi les tendances animistes, le culte des cadavres (embaumement) et la peur de la vengeance des esprits. On fera une belle cérémonie (qui coûtera très cher) pour apaiser l’esprit des morts.

Identification pathologique

Lorsque le principe de réalité n'est pas suffisamment fort, existe un risque de confusion avec l’objet du deuil ou d'identification. Ceci peut entraîner un risque de suicide, une pathologie hypochondriaque.

Le sujet endeuillé va prendre des risques inconsidérés ou se croire atteint de maladies somatiques sévères : le sujet veut se faire du mal et s’identifier au disparu.

Ceci s'observe notamment après la mort de l'un des deux membres de vieux couples.

Circonstances favorisantes

Les éléments suivants favorisent l'apparition d'un deuil pathologique :

  • Mauvais soutien social
  • Antécédents psychiatriques, notamment dépression
  • Détresse initiale marquée par la dépression
  • Mort inattendue
  • Pertes nombreuses ou autres stress
  • Dépendance psychologique importante
  • Mort d’un enfant

Les antécédents psychiatriques sont particulièrement néfastes pour le travail de deuil :

  • le deuil du mélancolique aboutit à une exagération de la culpabilité et de l’auto-dénigrement, avec un risque suicidaire majeur,
  • le deuil du maniaque se traduit souvent par un déni de sa tristesse et de ses affects : il n'y a plus besoin de deuil puisque la mort est peu importante ; lorsque l'épisode maniaque disparaît, l ’accès se termine par une évolution mélancolique,
  • le deuil du psychotique peut se traduire par des bouffées délirantes très importantes,
  • le deuil hystérique se traduit souvent par une identification majeure au mort, le deuil se prolonge indéfiniment puisque le souvenir rappelle sans cesse le mort,
  • le deuil de l'obsessionnel se signale souvent par l'absence de manifestations extérieures, et un blocage à la phase initiale sans travail de deuil (momification de l’endeuillé). On observe souvent une agressivité vis à vis des soignants.

Ces difficultés d'élaboration entraînent parfois des troubles organiques :

risque de suicide (chez les veufs),

survenue de cancer, de maladies cardio-vasculaires,

importance de l’alcoolo-tabagisme

Ces constatations sont assez proches de celles observées après un divorce mal vécu.

Le deuil de l'enfant

Alors que l'enfant voit de nombreuses morts à la télévision, on lui cache souvent la mort d'un proche ('grand-père est parti').

Pourtant, l'enfant est capable d'appréhender la mort dès l'âge de 5 ans, et dès l'âge de 9 ans, en a une définition assez précise. Pour lui est vivant tout ce qui bouge, ce qui doit se nourrir et boire, ce qui peut se reproduire.

L'acquisition de la notion d’irréversibilité est plus tardive, la mort restant éloignée dans la vieillesse.

Chez le tout petit, le deuil peut entraîner une régression plus ou moins importante. Chez l'enfant plus grand, le deuil est proche de celui de l'adulte, mais l'enfant reste un enfant : il intègre la mort dans ses jeux, parle avec le parent imaginaire, joue à l'enterrement pour lutter contre l'irréversibilité. Il faut le déculpabiliser : il n'est pas responsable de la mort de son parent et les adultes continueront à s'occuper de lui avec la même affection.

L'adolescent (comme l'adulte) régresse et veut se sentir enfant plus que petit adulte. Il ne peut jouer le rôle du père et 'protéger sa maman'.