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Dernière modification effectuée
le 28/07/2011
Les rites boudhistes

La renaissance : principe fondamental du boudhisme

Un des points majeurs du boudhisme réside dans la constatation de la non-permanence ('impermanence') des choses de ce monde, dans le fait que tout périt inéluctablement. Dans cette optique, la mort n’est plus qu’un épisode parmi d’autres du long cycle de transformations (phase de transition au même titre que la naissance).

La doctrine boudhiste, issue de l'illumination du Bouddha, considère que la mort est une porte qui s'ouvre vers une autre forme de naissance. L'existence qui se termine et celle qui va commencer sont unies par la conscience de renaissance, elle-même conditionnée par la pensée précédant la mort. Selon certaines écoles, la renaissance est immédiate : au moment du décès correspond la conscience de mourir et succède alors une conscience de renaître. Pour d'autres, il existe des stades intermédiaires ou bardo (Tibet).

Suivant les actions produites pendant l'existence, la renaissance peut se faire :

      • Soit vers le lieu de souffrance extrême,
      • Soit vers le règne animal,
      • Soit vers les esprits,
      • Soit vers l'humanité,
      • Soit vers le monde céleste

La renaissance a pour objectif de mettre un terme à la souffrance et à l'insatisfaction.

La renaissance en tant qu'être humain constitue une belle opportunité de sortir du cycle des existences, là où les basses existences ne le permettent pas et où les dieux ne sont pas conscients de la souffrance. L'entrée dans le Nirvana nécessite de vaincre tous les désirs et de développer la compassion et la sagesse.

Souffrance - Mort - Soins terminaux

On voit que la notion de prévention de la souffrance, de compassion est complètement naturelle pour la religion boudhiste. La souffrance n'a aucune valeur expiatoire ou rédemptrice. Le soulagement des souffrances s'inscrit comme principe d'amour et de compassion.

Les soins ne posent pas de problèmes particuliers : pudeur et respect du corps existent mais de façon plus souple que pour les autres religions. Les transfusions, les dons d'organe, les transplantations sont une forme de don de soi pour le bien d'autrui.

L'alimentation exclut l'alcool et en principe les viandes (principe de ne pas tuer), mais il existe une assez grande liberté d'interprétation. Il n'y a pas de jeûne particulier dans le boudhisme.

L'accompagnement du mourant vise à ce que la dernière pensée soit tournée vers la renaissance : le mourant doit rompre ses attaches terrestres et fixer ses pensées sur les valeurs essentielles. L’état d’esprit du mourant conditionne la renaissance., dans la mesure des possibilités.

Toute personne peut accompagner et assister un mourant. Pour faciliter le passage au mourant, l'entourage doit éviter de montrer sa peine ou son désespoir. Il doit lui permettre de repérer les différents processus qui se déroulent dans son corps et élever sa méditation. L'entourage aide le mourant à 'sortir' de son corps. La famille, les amis et les moines, à son chevet, récitent des passages sacrés pour l’aider à créer un esprit clair et pacifié.

Les processus hallucinatoires, fréquemment observés à la mort, sont un rêve générateur de frayeur et de souffrance, en relation avec son 'karma', c'est-à-dire avec l'évaluation positive ou négative des actes accomplis pendant sa vie.

Euthanasie et suicide sont interdits (encore que le principe de compassion puisse atténuer la règle générale).

Rites funéraires

Il existe de nombreux rites selon les courants : tibétain, indien, chinois, coréen, japonais ou européen. Une adaptation a lieu avec les coutumes du pays.

Il ne faut pas toucher du tout le corps pendant le processus de la mort et même après que la respiration se soit arrêtée. S'il faut le faire absolument, on touchera d'abord le sommet du crâne pour permettre à la conscience de quitter le corps par sa partie supérieure.

Il n'y a pas de toilette funéraire particulière. En général, on demande de placer le corps sur le côté droit, la main gauche posée sur la cuisse gauche, la main droite sous le menton, fermant la narine droite (position dite du "lion couché" que le Bouddha avait lorsqu'il expira).

Une fois la conscience partie, le corps n'a plus de signification particulière. Au Tibet, le corps est parfois découpé en morceaux et jeté aux vautours.

Le plus souvent, on procède à une crémation (Inde, Japon), mais le corps peut aussi être enterré (Chine, Vietnam). Elle doit survenir le plus tôt possible après la mort (même si les soins de conservation sont autorisés). Le corps est considéré comme un résidu impur du karma : on le brûle en offrande aux cent déités paisibles et courroucées pour purifier le karma du défunt. Des offrances sont aussi faites aux boudhas entourés des photos ou d'une effigie traditionnelle du mort.

Le mort s'étant détaché du monde, on distribue ses effets personnels et des biens matériels.

A noter qu'une autopsie et ou des prélèvements d'organes ne posent pas de problèmes particuliers en rapport avec la croyance.

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