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Dernière modification effectuée
le 11/02/2010
Les rites musulmans

De plus en plus, dans notre société et dans nos hôpitaux, nous voyons des compatriotes ou des émigrés de première génération de religion musulmane. Si, pour les émigrés, l'espoir était de retourner au pays, cet espoir a maintenant disparu pour beaucoup, avec la perspective de mourir loin du pays et dans un hôpital.

En tant que soignants, il nous faut donc apprendre à aider ces patients, et les quelques lignes suivantes n'ont pas la prétention d'expliquer la religion musulmane, mais seulement d'aider les soignants face à des musulmans mourant du cancer. Beaucoup de musulmans en France ne respectent pas strictement toutes les règles énoncées ci-dessous, pratiquent une religion ouverte et n'ont pas d'interdits particuliers lorsqu'il s'agit de leur santé.

La personne musulmane orthodoxe hospitalisée ne peut satisfaire à toutes les obligations de purification par les ablutions rituelles : il en résulte un sentiment de malaise appelé pudeur par les musulmans, qui peut gêner les relations entre soignants et musulmans.

Pour la religion musulmane, Dieu est présent, vivant, mais son mystère reste entier. La distance entre l'homme et Dieu reste infranchissable. L'existence de l'humanité est bornée par deux événements : le pacte de pré-eternité entre Dieu et la race des hommes issus d'Adam et la résurrection des corps qui précédera le jugement.

Du fait du pacte de pré-éternité, chaque être humain, dès son stade embryonnaire, est musulman, ce qui s'exprime par l'expression : 'Il n'y a de dieu que Dieu et Mohammed est son prophète'. L'existence humaine est le moment de l'action pour répondre à cette vocation. Après la mort, survient la Rétribution donnée par Dieu en fonction de nos actions. La mort marque ainsi le temps donné à chacun pour effectuer les bonnes actions.

AInsi, pour le musulman pieux, la mort correspond au moment de se mettre en conformité avec sa foi. Lors de l'agonie, les mondes inconnus de l'au-delà se dévoilent au mourant : le Paradis ou l'Enfer, c'est le moment de la Conviction, au cours duquel un répit est accordé par Dieu pour permettre à l'homme de se décider en faveur du bien et de la reconnaissance de Dieu. L'agonie est un temps de grâce.

La maladie est le temps de l'épreuve et le musulman vit cette épreuve sous le regard de Dieu. La famille, les proches sont autour du malade et récitent la formule de profession de la Foi à la place du mourant qui ne peut pas toujours la réciter.

Les rites post-mortem sont très importants. Les bras sont croisés sur la poitrine en position de prière, puis la toilette mortuaire, qui est une cérémonie assez complexe, est effectuée par un membre important de la famille ou un musulman. Le corps est placé en direction de La Mecque, le visage incliné du côté droit, revêtu du vêtement rituel (double pièce de tissu blanc).

En pays musulman, l'inhumation se fait à même la terre. En France, cette inhumation à même la terre est interdite, et on utilise un cercueil de bois simple. C'est la famille qui doit disposer le corps dirigé vers La Mecque et qui recouvre la tombe de la terre puis dispose des fleurs. L'imam (ou le plus ancien) termine par une prière, à laquelle tous les musulmans participent, les mains ouvertes vers le ciel.

La communauté doit participer à l'enterrement et entourer la famille pour ce jour de deuil, au cimetierre.

La famille, dans son sens le plus large, se retrouve régulièrement au cimentierre pendant les 40 jours suivant l'enterrement. Au bout de 40 jours, un repas pris en commun clôt officiellement le deuil.

Pour les soignants, il existe ainsi un respect particulier à avoir vis à vis du malade musulman orthodoxe. La 'pudeur' ne concerne pas seulement les différences dues au sexe, l'offense de la nudité, mais également l'absence de rites de purification pour le patient.

La toilette mortuaire n'est pas affaire des soignants, mais d'un membre de la famille. Il convient de favoriser la pratique de cette toilette dans de bonnes conditions d'hygiène et d'intimité.

Il n'est pas possible d'effectuer une autopsie (sauf pour raisons légales) d'un mort de religion musulmane.