BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

Dernière modification effectuée
le 11/02/2010
Attitude des soignants

Les soignants, face à tous ces sentiments divers, et à cette souffrance globale, ne vont pas rester indifférents et sortir indemnes du mourir d'un patient suivi pendant un certain temps. Ils participent, qu'ils le veuillent ou non, à tous ces questionnements profonds des personnes qui meurent.

Parfois, l'agitation du patient, son inquiétude face à la mort, les problèmes familiaux majeurs vont tenter d'envahir jusqu'à la vie privée des soignants, et pourront même les hanter dans leur sommeil. Quel soignant n'a pas rêvé d'un malade qui se mourrait ? La richesse de la vie personnelle et familiale, la participation à des groupes, à des activités sportives, à des activités culturelles ou musicales, sont autant de moyens concrets de se sortir de cette problématique de la mort que les soignants ne peuvent pas vivre tout au long de leur vie professionnelle.

Comment être attentif sans être prisonnier ?

L'écoute est primordiale : la personne qui meurt exprime à des moments différents et à des personnes différentes les divers besoins (matériels mais aussi) spirituels qu'elle ressent. Certains soignants sont 'choisis' pour être l'interlocuteur privilégié : ceci est très valorisant pour le soignant mais constitue aussi un redoutable danger potentiel, et peut provoquer un deuil supplémentaire lors du décès du patient. Une certaine distanciation est indispensable pour conserver son équilibre, mais il ne s'agit pas d'être distant du patient. La pratique des groupes de parole, notamment après la mort du patient, constitue un moyen souvent efficace de se défaire de la charge psychique transmise par le patient.

L'écoute des familles constitue une tâche quotidienne indispensable, mais également une charge affective importante. Le soignant est souvent installé au milieu des conflits voire sommé de prendre parti. Son rôle est d'aider, de conseiller, d'apaiser. Là aussi le travail d'équipe est indispensable : tel membre de la famille jouera de toute sa séduction sur tel soignant, ignorera tel autre. Les soignants ne doivent pas être dupes de ces jeux de rôle qu'on cherche parfois à leur faire jouer.

Quels conseils ?

Il ne s'agit pas de faire du prosélytisme pour quelque pensée ou quelque religion que ce soit. Mais, le patient, voire sa famille, a besoin parfois d'une petite réflexion incitative, d'une discrète allusion pour exprimer un besoin spirituel (religieux ou non). L'écouter parler de sa vie, de ses richesses et de ses faiblesses constitue un moment souvent privilégié des soignants, soit lors des soins de toilette, soit lors du ménage de la chambre, soit lorsque la nuit l'infirmière fait sa tournée. On constate que, souvent, ce n'est pas le médecin à qui on susurre ces problèmes. Le rôle des bénévoles est souvent intéressant : simple témoin qui écoute, comprend et aide, le bénévole permet au sujet mourant de se confier. Le soignant pourra ainsi être amené à évoquer voire proposer la visite d'un aumonier voire d'un notaire.

Au Centre François Baclesse, grâce à la compréhension remarquable des services municipaux de notre ville, nous célébrons environ trois mariages 'in extremis' par an, régularisant des situations amoureuses anciennes, parfois pour des motifs financiers majeurs, mais très souvent simplement comme dernière preuve d'amour mutuel. Participer à de telles cérémonies, offrir un bouquet de fleurs à la mariée constituent des gestes simples de vie. Dans le même registre, nous avons participé à des baptèmes, des mariages religieux in extremis.

Les derniers jours des malades sont parfois très éprouvants pour les soignants tant la peur de mourir, les déchirements familiaux ou les situations dramatiques sont importants. D'autres morts constituent au contraire des moments privilégiés où des familles se retrouvent et entourent d'une tendre affection leur mourant qui part dans la paix, 'vivant' la continuité de son existence à travers ses enfants ou ses petits-enfants.

Lorsque le soignant a accompagné la personne mourante jusqu'à la fin de son existence terrestre, il a pleinement accompli le contrat mutuel passé avec le patient. Même si, pour certaines morts, l'impression globale n'est pas celle d'une réussite complète, avec l'expérience, l'entraînement et la communication entre soignants, la 'performance' (le service rendu à la personne mourante) s'améliore petit à petit. Une évaluation en équipe du 'résultat' obtenu permet de faire des progrès.

La mort d'un patient, atteint d'une maladie incurable, n'est pas un échec pour le soignant qui accompagne la personne malade.

Compteur français