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Dernière modification effectuée
le 11/02/2010
L'inconnu de l'avenir

L'avenir, l'après-mort, constitue pour tout homme qui a le temps d'un mourir digne une énigme.

Certains refusent simplement d'envisager ce qui se passe 'après' : il n'y a pas d'après, tout se termine avec la mort et tous les cultes des morts sont des inventions pour tromper l'homme simple. Pourtant, rares sont les personnes qui, dans un dialogue calme et loin du tatouin médiatique, ne se posent aucune question. Comme l'indiquait le pianiste Arthur Rubinstein, qui se disait athée, il n'y a rien après, mais si il y avait quelque chose, ce ne serait peut-être pas si mal !

Beaucoup vont exprimer un besoin de transcendance, une façon de trouver au-delà d'eux-mêmes une source où s'abreuver (C. Jomain). La contemplation de la nature (d'où l'importance pour certains de mourir dans leur maison) suffit pour certains à ressentir, à travers le déroulement des saisons, l'impression d'éternité recherchée. La création artistique, la contemplation de photos ou l'écoute de musique, la rencontre avec le beau permettent aussi une ouverture vers le transcendant qui dépasse l'être humain : comment croire à la mort totale d'un Mozart ou d'un Renoir ? Bien sûr, pour beaucoup, le besoin de transcendance va s'exprimer à travers un sentiment religieux, c'est-à-dire le lien avec la Divinité.

Un autre besoin souvent exprimé est celui de la continuité de ce que le malade a été. Le père, la mère voit en ses enfants la poursuite de son existence, la prolongation dans les siècles futurs, la certitude de laisser une trace. L'éducation transmise, surtout lorsqu'elle déborde vers une seconde génération, constitue une sorte de testament spirituel dont on se souviendra. Le mort vit dans la mémoire de ses descendants. D'autres 'familles' peuvent exister : syndicat, parti, entreprise familiale, groupe humanitaire, Eglise. Lorsque le proche fait comprendre au mourant l'importance du message transmis, la signification de la vie du mourant se renforce.

Un moment de projection dans l'avenir assez particulier est la rédaction du testament ou la préparation ante mortem des rites funéraires : se faire construire un caveau constitue un désir de voir prolonger sa volonté. De même, le mourant peut-il exprimer des désirs et exiger de ses proches des promesses difficiles voire impossibles à tenir : 'ne vends pas notre maison', 'ne te remarie pas' : le fait de ne pas pouvoir exaucer le vœu du mort peut ajouter au deuil des familles. Ces demandes constituent une prolongation de la volonté du mourant.

Ainsi, même en dehors de toute croyance religieuse 'officielle', existe une perception, une intuition, un besoin d'une vie qui se poursuit après la mort, d'une façon différente, qui explique, en partie, pourquoi on honore les morts (qui pourraient revenir sinon). Cet au-delà est 'guidé' par les pratiques religieuses, dont les rites permettent aux personnes humaines de savoir comment se comporter et comment réagir.

Ce sentiment d'espoir s'exprime chez tous : il suffit de se rappeler les scènes de morts héroïques au cinéma qui sont une sorte de pendant aux commémorations des héros. Le cinéma soviétique, officiellement athée, est rempli de telles scènes pleines de sens.

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