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Dernière modification effectuée
le 11/02/2010
Le retour sur le passé

La solitude du malade cancéreux, son immobilisation temporaire qui l'abstrait du brouhaha quotidien, son inquiétude face à la maladie et la mort qui approche (même si personne n'en a peut-être parlé consciemment) l'amènent à se poser des questions spirituelles sur le sens de son existence jusqu'à maintenant. 'Qu'as-tu fait de tes jours ?'.

Chacun de nous a une histoire personnelle, faite de réussites et d'échecs, de 'hauts faits d'arme' et d'événements dont nous ne sommes pas toujours fiers retrospectivement. La notion de morale ou d'éthique est universelle et dépasse le contexte religieux. Nous sommes au moins redevables vis à vis de nous-même et de l'image que nous voulons nous donner à nous-même (et éventuellement aux autres ou à Dieu).

Le retour sur son passé est quelque chose de quasi constant chez les malades en période terminale. Certains romans, certains films l'ont illustré d'une façon saisissante. Il est, pour certains malades, nécessaire de sortir du ruminement des faits passés et de les écrire : ces sortes de testament essaient d'expliquer ce que l'on a fait, pourquoi on l'a fait.

Reconnaître ce que l'on a fait de bien est facile, encore que souvent, lors de ces discussions avec ses visiteurs, le mourant apprendra avec étonnement combien certaines paroles, certains gestes ont aidé, parfois de façon inconsciente un membre proche ou un ami. Certains mourants sont étonnés de la visite de personnes peu connues qu'ils ont aidées à un moment de leur vie.

Reconnaître ses erreurs, ses manquements est beaucoup plus difficile, mais fait partie des choses que beaucoup de psychologues décrivent comme nécessaires, comme une purge pour se libérer la mémoire. Essayer de réparer ses erreurs, pour certains de demander pardon, peut permettre d'apaiser le mourant.

Il est des personnes qui ne peuvent faire le bilan de leur vie parce que les remises en cause sont trop profondes et ne peuvent être assumées. Le dialogue devient impossible, trop pénible. Parfois, les rancoeurs de la famille sont là trop importantes : le malade cherche une réconciliation avec les siens.

A l'inverse, pour certains, la vision d'un passé fait de bonnes actions ou de dévouement aux autres ou à Dieu peut apparaître comme un gâchis complet de sa vie. Le nombre de croyants, de religieux, qui doutent de leur Foi au moment de mourir, montre bien le processus complexe qu'est ce retour vers le passé. Ces croyants incrédules sont des souffrants et il est bien difficile à leurs proches de leur apporter un réconfort autre que leur présence.

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