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Dernière modification effectuée
le 11/02/2010
Cachéxie du cancer

Le principal but des soins palliatifs est d'améliorer le confort du malade.

L'anorexie est un symptôme quasi constant en phase terminale des cancers : elle inquiète les familles qui ont tendance à vouloir 'faire manger' les malades.

On a vu que de nombreux facteurs métaboliques favorisent l'anorexie en phase terminale : sécrétion de TNF (Tumor Necrosis Factor), secrétion d'Interleukines diverses. En outre, l'anorexie reflète souvent la dépression chronique dont souffrent les malades en fin de vie. Enfin, des facteurs locaux organiques contribuent à cette anorexie : constipation chronique, sécheresse buccale, hypertension intra-crânienne, nausée chronique (en rapport avec le traitement morphinique, les anomalies métaboliques, l'irradiation antalgique, etc..).

S'il faut essayer d'encourager le malade à mieux manger, il ne faut pas chercher à le gaver contre son confort personnel. Certains sont tentés d'apporter une alimentation parentérale très tôt dans la maladie : si cette alimentation peut être utile lors de phases aiguës de traitement (lors de la radiothérapie, lors de certaines chimiothérapies, en préparation d'une intervention chirurgicale), elle n'a plus beaucoup de sens en phase terminale puisqu'elle aliène toute liberté au malade pour un bénéfice réel très minime. Les études randomisées ont montré que l'alimentation parentérale ne prolongeait pas la survie des malades et cet aspect est important à connaître pour rassurer les familles.

Quelques médicaments paraissent utiles. Les progestatifs (notamment le megestrol (Megace ™) à des doses variables (800 à 1600 mg/j) semblent donner un effet positif, stimulant l'appétit.

Parfois, on pourra utiliser des corticoïdes qui ont beaucoup d'effets bénéfiques en phase terminale (notamment sur l'appétit).

En pratique, des moyens simples sont souvent suffisants : fractionnement de l'alimentation en repas plus nombreux, respect des goûts des patients (la viande n'est pas indispensable !), amélioration de la nausée constante, soins de la bouche.

L'anorexie fait partie des symptômes terminaux du cancer : il convient d'enseigner le respect du malade. Renseigner les familles sur l'inutilité d'une alimentation parentérale peut aussi les rassurer : la famille cherche absolument 'à faire quelque chose', et comme le dicton le dit 'quand l'appétit va tout va'. Pour les familles, un malade qui ne mange pas est un malade qui ne va pas guérir. Malheureusement, c'est la vérité en cette phase ultime et le respect de l'anorexie du patient, si elle est bien supportée par celui-ci (absence de fringales ou d'épisodes d'hypoglycémie), permet un dialogue plus aisé entre le mourant et sa famille.

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