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Dernière modification effectuée
le 01/01/2017
Problème des escarres

Un site remarquable en français traite du sujet : escarre.fr, et nous lui avons emprunté quelques schémas.

On peut définir l'escarre (on dit une escarre) comme une plaie creusante consécutive à une hypoxie tissulaire provoquée par une pression prolongée excessive. On a vu, plus haut, combien la peau a besoin d'une circulation régulière pour maintenir une trophicité correcte.

Les escarres vont donc survenir aux points de pression habituels lors de la position couchée ou assise, notamment les fesses et les talons.

En cas de pression excessive, on observe différents stades d'atteinte cutanée (cf. schéma de la peau):

          stade 1 : stade de l'érythème : la rougeur ne disparaît pas sous la pression du doigt

          stade 2 : stade de la phlyctène, c'est-à-dire la perte de l'épiderme ou desépidermisation qui peut prendre des aspects un peu variés

                • phlyctène séreuse
                • phlyctène hémorragique

          stade 3 : stade de la nécrose, qui recouvre les tissus sous-jacents dévitalisés

          stade 4 : stade de l'ulcère : la nécrose tombe et le derme profond, le muscle, l'os sont mis à nu.

Au stade de détersion de l'escarre, on peut observer une infection assez importante du fond, puis un bourgeonnement à partir des côtés qui constitue un début de cicatrisation.

Plusieurs échelles ont été réalisées pour évaluer les risques de constitution et s'intéressent au poids du malade (risque plus important en cas de maigreur importante), la continence urinaire ou anale, l'état nutritionnel général, l'immobilisation complète ou non et les possibilités de mobiliser (même passivement) le malade.

En fait, la démarche essentielle va être de prévenir la constitution d'escarre, par

  • l'utilisation d'un support adapté permettant une meilleure répartition du poids du malade,
  • le recours à une mobilisation régulière,
  • l'évitement des positions dangereuses favorisant le cisaillement de la peau au niveau de la peau des fesses, notamment.

Une fois l'escarre constituée, il faut envisager des traitements actifs :

  • détersion de la plaie,
  • éventuellement détersion chirurgicale,
  • pansements adéquats.
  • la lutte contre la dénutrition,
  • l'équilibre d'affections associées comme le diabète, les infections, l'incontinence

La lecture du site recommandé plus haut permet de se faire une idée de la variété des traitements à entreprendre.

Deux aspects sont très importants pour le malade : la douleur et le retentissement psychologique.

La douleur est plus ou moins constante, due à la plaie, aux phénomènes inflammatoires et infectieux : elle nécessite un traitement systématique. La prévention systématique des escarres constitue une importante mesure en soins palliatifs. La douleur peut être exacerbée au moment du renouvellement des pansements ou au moment des mouvements de repositionnement et justifie la prescription d'un traitement préventif par morphine sous-cutanée si besoin est.

La souffrance psychologique du malade est constante, en rapport avec l'image dégradante donnée de soi, les mauvaises odeurs, le handicap dans les mouvements, la fatigue générée, la dépendance vis-à-vis des soignants, la honte vis à vis de la famille : le malade se sent exclu en raison de son escarre. En outre, il rencontre souvent une sorte de honte ressentie par le personnel de ne pas avoir su prévenir l'escarre. Si toute escarre n'est pas imprévisibile, même les meilleurs traitements préventifs ne sont pas couronnés de succès. Une évaluation régulière des pratiques est indispensable pour progresser.

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