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Dernière modification effectuée
le 10/02/2010
Le prurit

Le prurit correspond à une démangeaison importante obligeant le malade à se gratter de façon importante et régulière, soit en rapport avec une atteinte cutanée elle-même, soit sans signe d'atteinte cutanée. A la longue, le prurit entraîne des lésions de grattage. L'intensité du prurit peut être modeste, comme elle peut être très importante et entraîner un inconfort considérable au patient.

Rappel physio-pathologique

Il existe de nombreux stimuli (physique ou chimique) au prurit, mais aussi des stimuli endogènes (histamine, protéases, prostaglandines, neuropeptides). Au niveau de la peau, le prurit est enregistré par les terminaisons nociceptives non myélinisées C (terminaisons libres), c'est-à-dire différentes des terminaisons A myélinisées (qui receuillent la sensation douloureuse). La conduction nerveuse est relativement lente. Le prurit d'origine endogène est moins bien caractérisé dans sa conduction nerveuse.

Douleur et prurit ne sont pas véhiculés par les mêmes circuits nerveux. Au niveau médullaire, les opioïdes entraînent souvent une sensation de prurit et la naloxone (antagoniste des opioïdes) exerce ainsi une activité anti-prurigineuse importante. De même, la sérotonine constitue un facteur prurigineux important, et certains prurits en rapport avec la cholostase répondent bien à un traitement par anti-5HT3.

Classification des prurits

Prurit essentiel

Ce sont des prurits sans atteinte cutanée primitive. Les causes en sont très diverses :

    affections hépatiques ou pancréatiques (en rapport avec une cholostase),

    insuffisance rénale et urémie,

    médications diverses (opioïdes, amphétamine, cocaïne, aspirine, etc..),

    maladies endocrines (diabète, hyperparathyroïdie, maladie thyroïdienne),

    maladies hématopoïétiques (lymphomes, hodgkiniens ou non, mycosis fungoïde, mastocytose, myélome, polyglobulie),

    tumeurs malignes (sein, estomac, poumon, syndrome carcinoïde),

    maladies infectieuses (syphilis, parasitose, sida, candidose),

    troubles neurologiques divers (neuropathie distale, tabes, psychose, etc..).

Il existe souvent une libération de médiateurs (comme les protéases ou l'histamine) provoquant le prurit généralisé, parfois très intense.

Prurit secondaire

Il accompagne un certain nombre d'affections cutanées.

Traitement

Traitements topiques localisés

Ces traitements sont applicables en cas de prurit localisé ou en cas de recrudescence localisé de prurit. De nombreuses préparations sont actives, mais en général, pour un temps assez court (Phénol, Menthol, diphénhydramine, lidocaïne, isothipendyl, anti-inflammatoire local).

Un soin cutané quotidien est important pour éviter le développement de lésions de grattage importantes : ongles coupés courts, bains tièdes, onguents apaisants, port de vêtements légers (éviter les lainages et le synthétique), éventuellement vêtements de cotons humides plusieurs fois par jour.

Traitements généraux

On peut citer :

les anti-histaminiques non sédatifs (non anti-cholinergiques) ou sédatifs,

les antagonistes des opioïdes (naloxone),

les antagonistes de la sérotonine (ondansétron, granisétron),

la thalidomide,

les agents anesthésiques (propofol),

la rifampicine pour les cholostases sévères.

Certains ictères très prurigineux (cancers du pancréas) sont traités au mieux par une dérivation interne de l'obstacle.

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