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Dernière modification effectuée
le 10/02/2010
Compressions médullaires

Les compressions médullaires constituent souvent une quasi-urgence thérapeutique.

Vivre les derniers mois de sa vie cloué au fond de son lit, sans pouvoir remuer, complétement dépendant de ses soignants, constitue une très longue agonie que l'on se doit d'éviter à nos malades par un diagnostic précoce et une thérapeutique rigoureuse.

Les compressions médullaires peuvent être dues :

  • soit à une atteinte par compression extrinsèque de l'espace épidural (d'origine osseuse ou des tissus mous adjacents),
  • soit plus rarement par une atteinte intra-durale (méningite carcinomateuse sous forme tumorale),
  • soit encore plus rarement par une atteinte intra-médullaire elle-même.

Le diagnostic différentiel concerne d'autres atteintes compressives de la moëlle : abcès, hémorragie, atteinte discale, lipomatose, canal lombaire étroit.

Diagnostic clinique

Il s'agit d'un diagnostic capital qui fait appel à l'expertise et à la vigilance des soignants (et notamment des soignants 'de ville') : la plupart du temps, les symptômes annonciateurs de la détresse neurologiques précèdent celle-ci de quelques semaines.

On verra apparaître successivement (mais pas forcément dans l'ordre, ni tous ces signes) :

  • la douleur vertébrale (ou la modification de sa topographie ou de ses modes de survenue),
  • la survenue d'un signe de Lhermitte (douleur fulgurante dans les membres lorsque le cou se penche en avant),
  • l'apparition de douleurs en ceinture,
  • l'apparition de signes déficitaires sous-jacents (troubles sensitifs avec un niveau évocateur),
  • l'apparition de troubles sphinctériens (rétention d'urine, constipation d'apparition récente),
  • enfin, l'apparition de troubles moteurs typiques d'une compression médullaire.

L'examen clinique rigoureux permet en général de faire le diagnostic de compression vertébrale (probablement d'origine tumorale) :

  • déficit moteur plus ou moins important,
  • hyper-réfléxie,
  • signe de Babinski,
  • déficit sensitif avec niveau.

Il s'agit d'une urgence pour laquelle l'examen complémentaire de choix va être l'IRM (c'est probablement une des rares indications d'IRM en urgence qui doit passer avant toutes les autres).

Traitement

Le traitement doit être rapide.

La lésion unique relève, dans la plupart des cas, d'une intervention neuro-chirurgicale de décompression.

Plus cette intervention est pratiquée tôt, plus les chances de récupération du malade sont importantes. Même si le pronostic à plus long terme n'est pas connu, la chirurgie doit être tentée.

Après 12 à 18 heures de paralysie totale, les chances de récupération deviennent minces.

Lorsque cette intervention n'est pas possible, (ou en association avec elle), une radiothérapie localisée sur la zone de compression médullaire (associée à de fortes doses de corticoïdes) permet souvent une récupération importante.

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