Définition
La dyspnée est une sensation pénible et angoissante d'étouffer. Elle s'accompagne de modifications respiratoires portant le rythme respiratoire, le rapport des temps respiratoires entre eux.
Elle est difficilement quantifiable, mais c'est un facteur de mauvais pronostic.
Physiopathologie
Un certain nombre d'effecteurs sont mis en cause dans la dyspnée entraînant une modification de la respiration :
- chémo-récepteurs centraux (acidose),
- chémorécepteurs périphériques carotidiens et aortiques, sensibles à l'hypoxie,
- thermorécepteurs des voies aériennes supérieurs
- mécanorécepteurs bronchiques ou pulmonaires (qui seraient sensibles aux opiacés),
- mécanorécepteurs musculaires (diaphragme et muscles thoraciques).
Etiologies
Un certain nombre de causes sont assez faciles à mettre en évidence (voire à traiter) :
- pneumopathie (de décubitus ou de surinfection ou par fistule so-trachéale),
- épanchement pleural ou péricardique,
- obstruction par adénopathie, métastase ou tumeur pulmonaire,
- lymphangite carcinomateuse (notamment dans les cancers du sein),
- anémie,
- problèmes cardiaques (dème aigu ou subaigu, embolie pulmonaire),
- ascite,
- paralysie phrénique
Traitements étiologiques
Les obstructions tumorales justifient (quand cela est encore possible une chimiothérapie ou une radiothérapie décompressive) ; lorsqu'existe une obstruction bronchique ou trachéale isolée, un traitement au laser peut permettre une désobstruction tumorale (au moins pendant un certain temps). On peut également proposer la pose d'une endoprothèse.
Les pneumopathies infectieuses nécessitent une antibiothérapie adaptée au germe.
Les épanchements doivent être ponctionnés (sauf en période toute terminale).
Une anémie peut être corrigée par des transfusions.
Traitements symptomatiques
Plusieurs mesures peuvent être prises.
La morphine constitue un bon traitement de la dyspnée. Elle a les effets suivants :
diminution de la sensibilité des récepteurs (impliqués dans la sensation de dyspnée) : on coupe le signal à défaut d'améliorer la situation clinique.
ralentissement du rythme respiratoire (moins d'espace mort),
diminution de la fatigue musculaire génératrice de l'angoisse de la dyspnée,
ralentissement cardiaque avec diminution de l'hypertension réactionnelle aussi bien périphérique que pulmonaire (source de dyspnée).
Une surveillance précise de la fonction respiratoire est nécessaire (pour éviter le surdosage).
Les corticoïdes constituent un appoint important.
La scopolamine aide pour l'hypersécrétion bronchique.
Les anxiolytiques diminuent l'angoisse et donc la fréquence respiratoire.
L'oxygène est très discuté :
certains auteurs préfèrent utiliser l'air frais, la position assise face à le fenêtre, craignant un effet paradoxal de l'oxygène (arrêt du stimulus respiratoire),
d'autres l'utilisent à doses filées.
Aucune étude n'a montré la réelle efficacité de l'oxygène, mais malade et famille le réclament.
