BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

Dernière modification effectuée
le 09/02/2010
Soins palliatifs en cancérologie


Sous-chapitre n1 : Le principe de soins palliatifs


L'évolution fréquente des cancers

Dans un peu plus de 50% des cas, nous n'allons pas pouvoir guérir le malade de sa maladie cancéreuse. Mais le soignant, qu'il soit médecin, infirmier ou autre paramédical, va suivre le patient qui lui a fait confiance, si possible, jusqu'au bout : c'est le principe de non abandon.

En fait, assez vite, bien avant que la situation soit dramatique et aboutisse à un stade dit 'terminal', le thérapeute sait que son traitement ne permettra pas la guérison, mais permettra de prolonger la vie de son malade, améliorer la qualité de vie et préparer une mort qui soit digne de la nature humaine. Ainsi, des périodes de rémission de plusieurs années sont parfois envisageables.

Cela implique une préparation psychologique personnelle importante : il est plus facile de soigner un malade qu'on sait pouvoir guérir que lorsqu'on sait qu'on ne va pas guérir la personne en face de soi, même si la mort est encore loin.

Le principe de soins continus

La majorité des cancérologues et des personnels soignants ne souhaitent pas confier leurs patients en fin de vie à des équipes spécialisées dans la 'fin de vie'. Ils estiment de leur devoir (et souhaitent se former pour), d'accompagner leurs patients, dans les mêmes filières de soins, qui les ont traités lors de la phase 'curative'.

Les malades, par ailleurs, dans un grand nombre de cas, souhaitent retourner chez eux pour leur fin de vie. D'où la création fréquente d'unités de soins à domicile, d'unités mobiles, de soins continus à titre externe selon des formules originales d'un endroit à l'autre.

A vrai dire, ce concept de retour à la maison n'est pas toujours aussi vrai qu'on le dit : beaucoup de malades expriment ce souhait lorsqu'ils sont relativement encore bien portants. Lors des phases aiguës pré-terminales (crises de dyspnée, hémorragies, angoisses de la mort) ou parce qu'ils sentent le desarroi de leur famille, ils réclament à être de nouveau hospitalisés, se sentant plus rassurés dans une équipe de 'professionnels'.

Il convient de réconforter les familles qui peuvent penser ne pas avoir assumé leur devoir : l'important pour elles, c'est d'avoir essayé jusqu'au bout et d'avoir respecté au mieux le confort du mourant.

On parle de plus en plus, dans le cadre du réseau, de continuité des soins.

Les soins palliatifs à domicile

Il n'en reste pas moins que, pour les malades souhaitant retourner à domicile, c'est le médecin traitant, c'est l'équipe infirmière de soins à domicile (HAD, SIAD) qui assureront les soins terminaux.

La médecine générale remplit pleinement son rôle de médecine au service de l'homme malade au cours des soins palliatifs, prenant en charge non seulement l'aspect médical, mais aussi l'aspect social et spirituel.

La famille, lorsqu'elle peut l'assumer, sort grandie et plus unie lorsque le décès a pu se dérouler de façon digne à la maison. Beaucoup de dialogues avec le mourant ne peuvent avoir lieu en dehors du lieu de vie habituel. L'effort assumé permet aussi un deuil beaucoup plus apaisé.

Une bonne organisation des soins à domicile est indispensable pour permettre à la famille de 'tenir le choc' et de s'investir pleinement dans les soins de la personne aimée. Les soins palliatirfs sont une pratique difficile et surtout longue. Les soignants vivent souvent des moments très intenses, et un bon équilibre personnel est nécessaire pour assurer le quotidien. La notion d'équipe soignante, la mise en place de groupes de parole (même en médecine de ville) sont autant de moyens pour prévenir le burn-out des soignants (cf. aspects psychologiques).

Technicité des soins palliatifs

Quel que soit l'endroit où ils se déroulent, les soins palliatifs constituent une médecine à part entière.

Un diagnostic précis (et donc une bonne connaissance des syndromes et symptômes rencontrés en phase palliative) est indispensable pour proposer un traitement ajusté au mieux.

La coopération de certains praticiens peut se révéler indispensable (radiothérapeute, nutritionniste, spécialiste de la douleur, mais aussi chirurgien, oncologue médical, etc.). L'absence de recours à ces spécialistes fait traîner le malade dans des situations sans solution, et chaque attente apporte son lot de iatrogénie.

Le maniement précis des drogues antalgiques, mais aussi des autres médicaments à visée palliative, transforme une fin de vie douloureuse, limitant les horizons du patient à sa souffrance et à ses symptômes, en une fin de vie apaisée, permettant des échanges intenses, une vie affective riche et une expérience spirituelle (éventuellement religieuse) qui illuminent les derniers jours.

L'offrande d'une 'belle mort' passe aussi par un dialogue vrai avec le patient, mais aussi une connaissance de soi et de ses réactions de la part du soignant. Une réflexion préalable, un travail en équipe permettent à chaque soignant de se situer dans ce contexte.

Ainsi, la médecine palliative est-elle une médecine riche, à la fois technique et spirituelle.

L'absence fréquente d'enseignement (soit théorique, soit au lit du malade) pendant la formation professionnelle des médecins et des infirmiers, explique l'intérêt grandissant de ces soignants pour les Diplomes Universitaires de Soins Palliatifs.

Compteur français