Les essais phase II ont pour but dévaluer lefficacité potentielle dun médicament pour une pathologie particulière (exemple : un antimitotique nouveau pour un type de cancer). Ils seffectuent sur des malades ayant épuisé toutes les chances thérapeutiques usuelles, donc après une ou plusieurs lignes de traitements standards. En principe, il faut prouver lévolutivité des lésions cibles sur lesquelles portera lévaluation clinique ou radiologique.
On étudie, en général, le résultat grâce à la notion de réponse clinique :
- la réponse complète est la disparition de tout signe de maladie cancéreuse, (une durée minimale est souvent exigée - 2 mois - pour pouvoir parler de réponse complète authentique),
- la réponse partielle est la diminution de 50% des dimensions des tumeurs - cibles, sans augmentation ou apparition dautres tumeurs, (de même une durée minimale de cette réponse est exigée),
- la réponse mineure (inférieure à 50%) na aucune signification réelle, (elle fait plaisir au clinicien et laisse espérer une activité éventuelle réelle)
- la stabilisation doit être exclue des résultats positifs, et ne signifie pas grand chose, sinon que la tumeur nétait peut-être pas évolutive au moment du traitement,
- la progression.
Les arrêts précoces (pour toxicité) ou les décès toxiques doivent figurer au dénominateur des résultats.
Selon les études de Gehan, on inclut, en général, dans un premier temps 14 malades : si aucune réponse nest observée, il est peu probable quune réponse intéressante sera observée, et il est inutile de poursuivre létude. Le médicament testé est déclaré ne pas avoir defficacité sur ce type de tumeur.
En cas dobservation de réponse(s), on augmente le nombre de malades inclus pour avoir une estimation précise de lefficacité potentielle. On qualifiera le médicament de moyennement actif (15 à 30 % de réponses) ou de très actif (> 30% de réponses), sur le type tumoral testé, surtout si on observe des réponses complètes.
Un point essentiel doit rester à lesprit : la constatation dune réponse ne permet pas de juger de lintérêt réel du médicament pour le malade et encore moins pour lensemble des malades dans cette situation.
On constate, en général, que les répondeurs vivent plus longtemps que les non - répondeurs, mais cela na guère de signification :
- on ne peut exclure que les répondeurs ont eu la chance de vivre assez longtemps pour quon puisse observer la réponse (argument faux si la réponse observée survient rapidement). A contrario, plus on regarde de près les réponses et létat clinique ou biologique du patient, plus vite on détecte une évolution, et plus vite on arrête le traitement.
- les répondeurs ont, peut-être, des facteurs pronostiques différents et non connus, ou simplement non pris en considération. Ainsi, il y aura - le plus souvent - peu de réponses dans une population de malades déjà lourdement traités, ou rechutant de façon précoce après la première rémission, alors que des malades peu ou pas traités, ou récidivant longtemps après leur traitement initial ont beaucoup plus de chances de répondre.
- il se peut que les non - répondeurs aient vécu moins longtemps que des témoins non traités, du fait deffets toxiques du traitement (effets toxiques - qualité de vie détériorée - moindre résistance des patients).
Le nombre de médicaments permettant dobtenir une réponse en phase II et sans réel impact sur la survie des malades est assez grand. Cest lutilisation des médicaments dans des études comparatives qui va permettre destimer à leur juste valeur les nouvelles thérapeutiques.
Les CHU et les CRLCC participent à de nombreuses études phase II, en général patronnées par lindustrie pharmaceutique ou des groupes nationaux (GTMC de la Fédération) ou internationaux ( Early Screening Group de lOERTC). Des vérifications très précises des dossiers médicaux impliquent toute une équipe de contrôle (à la fois clinicien expert attachés ou techniciens de recherche clinique - statisticien ).
