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Dernière modification effectuée
le 8 February 2010
Etudes phase II

Les essais phase II ont pour but d’évaluer l’efficacité potentielle d’un médicament pour une pathologie particulière (exemple : un antimitotique nouveau pour un type de cancer). Ils s’effectuent sur des malades ayant épuisé toutes les chances thérapeutiques usuelles, donc après une ou plusieurs lignes de traitements standards. En principe, il faut prouver l’évolutivité des lésions cibles sur lesquelles portera l’évaluation clinique ou radiologique.

On étudie, en général, le résultat grâce à la notion de réponse clinique :

  • la réponse complète est la disparition de tout signe de maladie cancéreuse, (une durée minimale est souvent exigée - 2 mois - pour pouvoir parler de réponse complète authentique),
  • la réponse partielle est la diminution de 50% des dimensions des tumeurs - cibles, sans augmentation ou apparition d’autres tumeurs, (de même une durée minimale de cette réponse est exigée),
  • la réponse mineure (inférieure à 50%) n’a aucune signification réelle, (elle fait plaisir au clinicien et laisse espérer une activité éventuelle réelle)
  • la stabilisation doit être exclue des résultats positifs, et ne signifie pas grand chose, sinon que la tumeur n’était peut-être pas évolutive au moment du traitement,
  • la progression.

Les arrêts précoces (pour toxicité) ou les décès toxiques doivent figurer au dénominateur des résultats.

Selon les études de Gehan, on inclut, en général, dans un premier temps 14 malades : si aucune réponse n’est observée, il est peu probable qu’une réponse intéressante sera observée, et il est inutile de poursuivre l’étude. Le médicament testé est déclaré ne pas avoir d’efficacité sur ce type de tumeur.

En cas d’observation de réponse(s), on augmente le nombre de malades inclus pour avoir une estimation précise de l’efficacité potentielle. On qualifiera le médicament de moyennement actif (15 à 30 % de réponses) ou de très actif (> 30% de réponses), sur le type tumoral testé, surtout si on observe des réponses complètes.

Un point essentiel doit rester à l’esprit : la constatation d’une réponse ne permet pas de juger de l’intérêt réel du médicament pour le malade et encore moins pour l’ensemble des malades dans cette situation.

On constate, en général, que les ‘répondeurs’ vivent plus longtemps que les ‘non - répondeurs’, mais cela n’a guère de signification :

  • on ne peut exclure que les ‘répondeurs’ ont eu la chance de vivre assez longtemps pour qu’on puisse observer la réponse (argument faux si la réponse observée survient rapidement). A contrario, plus on regarde de près les réponses et l’état clinique ou biologique du patient, plus vite on détecte une évolution, et plus vite on arrête le traitement.
  • les répondeurs ont, peut-être, des facteurs pronostiques différents et non connus, ou simplement non pris en considération. Ainsi, il y aura - le plus souvent - peu de réponses dans une population de malades déjà lourdement traités, ou rechutant de façon précoce après la première rémission, alors que des malades peu ou pas traités, ou récidivant longtemps après leur traitement initial ont beaucoup plus de chances de répondre.
  • il se peut que les non - répondeurs aient vécu moins longtemps que des témoins non traités, du fait d’effets toxiques du traitement (effets toxiques - qualité de vie détériorée - moindre résistance des patients).

Le nombre de médicaments permettant d’obtenir une réponse en phase II et sans réel impact sur la survie des malades est assez grand. C’est l’utilisation des médicaments dans des études comparatives qui va permettre d’estimer à leur juste valeur les nouvelles thérapeutiques.

Les CHU et les CRLCC participent à de nombreuses études phase II, en général patronnées par l’industrie pharmaceutique ou des groupes nationaux (GTMC de la Fédération) ou internationaux (‘ Early Screening Group’ de l’OERTC). Des vérifications très précises des dossiers médicaux impliquent toute une équipe de contrôle (à la fois clinicien expert – attachés ou techniciens de recherche clinique - statisticien ).

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