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Dernière modification effectuée
le 8 February 2010
Réponse tumorale

Cette façon d’exprimer les résultats s’observe de plus en plus dans la littérature.

La notion de réponse tumorale est liée à la notion d'étude thérapeutiques phase II : dans ces études, on cherche à définir une efficacité d'un nouveau médicament anti-cancéreux.

Mais elle n’a pas grand sens en pratique quotidienne, en dehors des essais thérapeutiques phase II, pour lesquels elle a été créée (cf. plus bas). Une simple comparaison avec les deux autres méthodes majeures de traitement du cancer permet de relativiser la notion de réponse.

Ainsi, pour un acte chirurgical, elle n’a aucun sens (on observe une réponse parfois complète, puisque le chirurgien enlève de la tumeur). Cependant, même si l'ablation chirurgicale a été complète, cette réponse 'complète' n'a pratiquement aucune influence sur la survie du sujet traité, tout au plus parfois une amélioration de ses conditions de survie.

Elle n'a que peu de sens en radiothérapie (peu de tumeurs ne sont pas au moins un peu sensibles aux rayons). Faire diminuer une tumeur grâce à la radiothérapie n'a que peu de sens clinique, compte tenu des effets secondaires observés, sauf si cette diminution permet une décompression efficace (sur les nerfs : disparition d'une paralysie ou sur l'oedème sous-jacent à la tumeur, ou encore sur la douleur engendrée par la compression). Il n'y a aucune efficacité réelle sur la survie du sujet.

En raison des intérêts économiques considérables mis en jeu, en chimiothérapie, on a tendance à passer d’un jugement objectif (la survie, la survie sans récidive) à un jugement plus subjectif, dépendant des critères utilisés pour mesurer la réponse et n’ayant pas toujours une réelle signification pour le patient, ni sur la survie, ni parfois même sur la qualité de vie offerte au patient (la chimiothérapie induit toujours une certaine toxicité, ne serait-ce que la fatigue engendrée par le traitement). Il est rare de voir une décompression ou une disparition de la douleur engendrée par la seule chimiothérapie.

Le grand public a tendance à prendre les réponses observées comme une chance thérapeutique importante pour leur patient : en fait, l'effet sur la survie est quasiment nul. Le médecin doit donc être prudent dans la lecture de ces résultats et les interpréter comme des données préliminaires 'encourageantes' mais n'ayant pas de signification particulière en pratique quotidienne.

En général, les malades qui répondent à un traitement vont mieux, mais parfois les complications induites par le traitement sont plus importantes que l’effet positif induit ou espéré par le traitement. De même, dire que les malades répondeurs ont une survie plus longue est une lapalissade qui n'a aucun intérêt pour les malades qui ne répondent pas.

Cette façon d’exprimer les résultats a du sens dans les études thérapeutiques phase II (cf. plus loin) avec les restrictions qui s'imposent.

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