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Dernière modification effectuée
le 08/02/2010
Définition de la rechute

La réponse à cette question n’est pas aussi simple qu’il y paraît au premier regard. La maladie cancéreuse met des années à se dévoiler (cf. chapitre sur l’histoire naturelle). Bien que l’évolution spontanée des rechutes (et notamment des métastases) soit parfois plus rapide, la récidive cancéreuse passe par plusieurs stades :

  • Un stade microscopique, où rien ne peut s’observer sinon si on fait des examens microscopiques systématiques (exemple : le frottis du fond vaginal pratiqué systématiquement, les biopsies multiples du péritoine pratiquées lors d’une seconde laparotomie –second ‘look’- pratiquées de façon systématique). A priori, aucun examen simple ne permet de détecter une telle rechute.
  • Un stade préclinique, où un examen de dépistage permet de définir des anomalies (exemple : les marqueurs tumoraux dans un grand nombre de cancers, la cytologie urinaire dans le suivi des cancers de vessie).
  • Un stade clinique macroscopique mais asymptomatique, où l’examen clinique ou paraclinique systématique (l’examen au miroir, les touchers pelviens, l’endoscopie systématique, la radiographie pulmonaire) permet de faire le diagnostic de récidive.

Jusqu’à cette étape – et y compris cette étape – le patient ne se plaint habituellement d’aucun symptôme.

  • Un stade clinique symptomatique, qui correspond souvent à des consultations en dehors des consultations habituelles de surveillance.

Bien entendu, la rechute a commencé dès le stade microscopique. Cependant, cliniquement, la signification est très variable. Jusqu’à l’apparition des symptômes, le malade se sent guéri. Il convient de ne le soustraire à cette fausse certitude qu’à bon escient, et notamment pour lui proposer un traitement efficace, et dont l’efficacité est plus marquée si le traitement est commencé tôt (sinon on peut attendre les signes cliniques pour l’instituer).

Pour beaucoup de cancers, il n’existe pas de traitements de seconde intention à visée curative. On verra plus loin que les traitements apportent un certain nombre de réponses :

  • pour les malades répondeurs, cela se traduit généralement par une prolongation de la survie avec assez souvent une amélioration de la qualité de la vie, mais aucune guérison sauf quelques très rares cancers,
  • pour les non-répondeurs, cela se traduit par un traitement inutile avec son lot habituel de complications, une diminution de la qualité de vie voire une réduction de la durée de vie (accident thérapeutique).

Pour certains traitements (exemple, l’hormonothérapie), il n’est pas sûr que la précocité du traitement soit importante : l’absence d’études randomisées sur le sujet permet à chacun d’affirmer fort une opinion qui n’a pas plus de justification scientifique que l’opinion opposée.

En général, pour tout ce qui concerne le suivi, l’absence pour de nombreux cancers de recherche clinique authentique aboutit à des recommandations par consensus d’experts, c’est-à-dire par impression partagée.