La méthylnaltrexone

Trois tumeurs ont été sélectionnées.

Le cancer de la prostate montrait des différences importantes entre les pays.

Il existe des controverses importantes entre spécialistes pour savoir s'il faut pratiquer un dépistage systématique, quand il faut traiter les cancers de la prostate. (cf. pages sur le dépistage et le PSA)Les bons résultats observés en France ou dans les pays scandinaves sont critiqués comme le traitement de cancers de la prostate sans signification clinique.

A noter cependant que tous les pays développés ont maintenant une attitude assez proche

Le cancer du rein a un pronostic variable selon les pays, ce qui traduit les capacités diagnostiques et thérapeutiques des pays concernés.

Le cancer du testicule n'est presque plus un problème de santé publique puisque tous les malades peuvent être guéris, à condition que le pays ait accès aux thérapeutiques modernes de chimiothérapie, ce qui n'était pas le cas en Estonie, en 1989.

Survie à 5 ans des cancers urologiques en Europe
  Prostate Rein Testicule
  1978 - 1980 1999-2007 1985 - 1989 1999-2007 1985 - 1989 1999-2007
Allemagne 72% 92% 50% 70% 93% 92%
Danemark 40% 86% 35% 45% 94% 93%
Espagne - 90% 51% 58% 93%  
Estonie 35% 86% 30% 61% 48%  
Finlande 55% 93% 48% 59% 89% 93%
France 56% 93% 57% 64% 87% 89%
Irlande - 91% - 52% - 90%
Italie 39% 90% 53% 67% 91% 90%
Pays Bas 52% 89% 50% 53% 95% 94%
Pologne 29% 78% 33% 55% 79% 78%
Suède 60% 91% 48% 59% 94% 95%
Suisse 55% 89% 50% 62% 97% 83%
UK 44% 89% 39% 48% 91% 92%

Effet de l'apparition d'un nouveau test : le PSA

L'étude des variations du cancer de la prostate traduit bien la différence d'attitude entre les pays. En 1979, Wang et coll décrit une enzyme exclusivement secrétée par le tissu prostatique (une kallikréine hydrolysant le sperme et facilitant la pénétration du mucus cervical), le PSA. Cet enzyme est augmenté en cas d'infection prostatique, de tumeur de la prostate (bénigne ou maligne).

Très rapidement, les cliniciens français ont fait pratiquer un dosage à leurs patients, entraînant de nombreuses biopsies prostatiques et la découverte de nombreux cancers prostatiques, (cf. l'augmentation de l'incidence), dont on sait qu'une grande quantité d'entre eux ne sont pas pou peu évolutifs (malades décédant avec un cancer de la prostate, mais pas du cancer de la prostate). Cette attitude n'a pas été adopté par tous les pays.

Il n'y a pas eu de changement au Royaume Uni. Ceci ne signifie pas obligatoirement une amélioration dans notre pays : si on augmente le nombre de cancers 'inoffensifs' traités, on augmente artificiellement le nombre de patients guéris.

Evolution de la survie du cancer de la prostate en Europe
Pays concernés 1978-1980 1981-1984 1984-1989 1999 - 2007
Allemagne 72% 70% 67% 92%
Angleterre 44% 44% 45% 89%
Islande 63% 60% 84% 91%%
France 56% 50% 61% 69%
Suède 60% 60% 65% 91%

Effet de l'apparition d'un médicament nouveau : cisplatine

L'étude des variations de survie du cancer du testicule montre l'avance qu'ont pris les Etats Unis et l'Australie grâce à la participation à des études thérapeutiques (protocoles avec le cisplatine, apparu dans les années 1970, avec une utilisation de l'hyperhydratation pour prévenir les néphropathies sévères observées en début d'utilisation). Il existe aussi, peut-être, une amélioration due à l'information des jeunes.

Si beaucoup de jeunes hommes mourraient très rapidement de métastases jusqu'en 1978, malgré une chirurgie ganglionnaire extensive et des chimiothérapies plus ou moins efficaces, c'est l'apparition du Cisplatine au quotidien qui a changé le pronostic de ce cancer.

Evolution de la survie du cancer du testicule dans 3 continents différents
Continents concernés> 1978-1980 1981-1984 1984-1986 1987-1989
Europe 79% 85% 86% 92%
USA 87% 92% 91% 95%
Australie 84% 93% 93% 94%

Effet des examens systématiques dans le cancer du rein

L'amélioration de la survie des cancers du rein, telle que nous la constatons avec ces données anciennes (de plus de 15 ans, mais les dernières à notre disposition), ne peut être le fait des nouvelles thérapeutiques (thérapies ciblées, immunothérapie) qui ont été mises en oeuvre, au quotidien, dans les années 2000-2005 pour les premières. En fait, l'amélioration vient probablement de la pratique du scanner et de l'échographie dès qu'une pathologie est soupçonnée (même si on ne pense pas à un cancer du rein) et qui permet de découvrir des petits cancers, bien accessibles chirurgicalement, avant l'apparition de métastases à distance.

On pourrait faire la même constatation avec la pratique systématique de recherche de métastases pulmonaires par des scanners répétés : il est probable que l'on avance le diagnostic par rapport à la radiographie pulmonaire ou encore mieux par rapport à l'apparition de signes cliniques évocateurs de métastase. D'où l'importance des études randomisées pour juger de l'efficacité réelle des nouveaux produits mis à notre disposition.

Bibliographie

Public health surveillance of cancer survival in the United States and worldwide: The contribution of the CONCORD programme.
Allemani C, Coleman MP.
Cancer. 2017 Dec 15;123 Suppl 24:4977-4981.

Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2013 (Février 2016)
Étude à partir des registres des cancers du réseau Francim
Partie 1 – Tumeurs solides
Publication par l'Institut National du Cancer

Survival for eight major cancers in 1995-1999 from Eurocare 4-Study
F. Berrino and Eurocare Working Group
Lancet Oncol, 2007, 8, 773 - 783

Improved survival for patients with Testicular Cancer in Europe since 1978
T. Aareleid et al. for the Eurocare Working Group
European J of Cancer 1998, 34,14,2236 - 2240

Variatiion in survival of patients with Prostate Cancer in Europe since 1978
P.N. Post et al. for the Eurocare Working Group
Europ J of Cancer 1998, 34, 14, 2226 - 2231

Survival of male genital cancers (prostate, testis and penis) in Europe 1999 - 2007 : results from the Eurocare-5 study
Annalisa Trama for the Eurocare Study Group
European J of Cancer 2015, 51, 2206 - 2216

Global surveillance of trends in cancer survival 2000 - 2014 (Concord-3).
C. Allemani et al, Concord Working Group
www.thelancet.com Published online January 30, 2018

 

Les pages à ouvrir suivantes concernent les résultats :

des tumeurs digestives,

des tumeurs gynécologiques,

des cancers liés au tabac.

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