La méthylnaltrexone

Les cancers de la femme peuvent bénéficier pour deux d'entre eux d'un dépistage systématique : mammographie et frottis cervical (ou assimilé) devraient permettre une amélioration nette de la survie, en raison de la prise en charge de cancers à leur début. Malheureusement, ces campagnes de dépistage ne sont pas toutes suivies (notamment pour le cancer du col utérin en France). Pour le cancer de l'ovaire, dont la révélation est souvent tardive, on notera l'amélioration de la survie grâce à une chirurgie plus complète et une chimiothérapie intense.

Tumeurs gynécologiques
  Sein Col utérin Ovaires
  1978-80 2005-07 1978-80 2005-07 1978-80 2005-07
Allemagne 69% 85% 63% 65% 31% 41%
Danemark 67% 82% 61% 64% 24% 33%
Espagne   84%   61%   38%
Estonie 57% 74% 55% 68% 20% 31%
Finlande 72% 86% 59% 66% 33% 41%
France 69% 87% 68% 64% 34% 42%
Irlande   77%   58%   31%
Italie 66% 86% 63% 67% 25% 38%
Pays-Bas 67% 85% 58% 66% 22% 37%
Pologne 30% 73% 48% 51% 24% 35%
Russie   68%   58%   33%
Suède 77% 85% 65% 67% 38% 43%
Suisse 78% 86% 64% 64% 38% 42%
UK 62% 81% 55% 60% 27% 33%
             
Canada   88%   67%   41%
Japan   89%   69%   44%
USA   80%   63%   41%

Cancer du sein

Il existait de grandes différences entre les pays pour les résultats des traitements du cancer du sein.

Le retard au diagnostic, la non conformité des traitements aux protocoles établis expliquaient une grande partie de ces différences.

Dans les pays où les registres ne couvrent que quelques départements (comme la France), ces départements ont été, en outre, à l'origine de campagnes organisées de dépistage, ce qui améliore les résultats.

A signaler que la généralisation du dépistage du cancer du sein, la technique chirurgicale plus précise, les traitements adjuvants systématiques ont amené de très gros progrès dans les résultats, notamment dans des pays de l'Est comme la Pologne ou l'Estonie, qui rejoignent petit à petit les pays d'Europe Occidentale dans ce domaine.

Cancer de l'ovaire

Les différences de survie des cancers de l'ovaire proviennent en grande partie des progrès de la chirurgie beaucoup plus systématique dans certains pays (dont la France) et de l'introduction de la chimiothérapie systématique, à base de sels de platine et de taxane. Il reste encore un gros chantier !

Cancer du col utérin

Les différences importantes dans la survie des cancers du corps et du col de l'utérus font aussi penser à des différences de campagne de dépistage, des retards de diagnostic (temps pour accéder aux soins), mais également à des différences de mortalité péri-opératoire.

Variation dans le temps

Les variations de survie à 5 ans au cours du temps sont aussi très intéressantes à noter et permettent de juger de l'efficacité des campagnes de dépistage.

Pour le col de l'utérus, il n'y a aucune amélioration en France, aucune campagne de dépistage digne de ce nom n'ayant été mise en place. En Angleterre, on note une lente amélioration, permettant de combler une certain retard à la prise en charge des tumeurs dépistées.

Cancer du col de l'utérus
Pays étudiés 1978-1980 1984-1986 1990-1994 2000-2004 2005-2009 2010-2014
Angleterre 55% 60% 62% 59% 62% 64%
France 68% 68% 67% 67% 65% 67%
Islande 63% 84% 75% 81% 88% 81%

Mais surtout en Islande, à partir de 1980, lorsqu'une femme devint Présidente de la République et milita pour le dépistage des cancers féminins, on remarque une amélioration considérable des résultats : en Islande, 85% des femmes sont suivies par un dépistage régulier par frottis. (A noter les variations avec le temps : la population islandaise n'étant pas très nombreuse, il s'agit de fluctuations statistiques).

Pour le cancer du sein (tableau ci-dessous), on notera que dans tous les pays, une amélioration progressive des résultats est observée. Elle est plus nette dans les pays qui ont développé le dépistage systématique ou 'sauvage', comme la France, et où la pluridisciplinarité permet des prises en charge plus suivies des malades. En outre, dans certains pays (l'Angleterre par exemple), les retards de prise en charge des malades entraînent une dégradation des résultats. La mise en place d'un système de santé plus efficace s'est traduit, en Pologne, par un rattrapage des résultats de l'Europe de l'Ouest.

Cancer du sein
Pays étudiés 1978-1984 1985-1986 1990-1994 1995-1999 2000-2004 2005-2009 2010-2014
Pologne 30% 56% 61% 74% 71% 75% 77%
France 69 76% 81% 83% 87% 87% 87%
Angleterre 62% 65% 72% 78% 80% 84% 86%
Allemagne 69% 72% 76% 79% 84% 84% 86%

Bibliographie

Public health surveillance of cancer survival in the United States and worldwide: The contribution of the CONCORD programme.
Allemani C, Coleman MP.
Cancer. 2017 Dec 15;123 Suppl 24:4977-4981.

Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2013 (Février 2016)
Étude à partir des registres des cancers du réseau Francim
Partie 1 – Tumeurs solides
Publication par l'Institut National du Cancer

Survival for eight major cancers in 1995-1999 from Eurocare 4-Study
F. Berrino and Eurocare Working Group
Lancet Oncol, 2007, 8, 773 - 783

Survival of women with cancers of breast and genital organs in Europe 1999-2007 - Eurocare 5 Study
Milena Sant and Eurocare-5 Working Group
European J of Cancer, 2015, 51, 2191 - 2205

Variations in survival from breast cancer in Europe by Age and Country, 1978-1989
M.J. Quinn and Eurocare 2 Working Group
European J of Cancer, 1998, 34,14, 2204-2211

 

Les pages à ouvrir suivantes concernent les résultats :

des tumeurs digestives,

des cancers liés au tabac,

des tumeurs urologiques.

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