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Dernière modification effectuée
le 25 September 2010
Annonce des soins palliatifs

La décision de ne poursuivre que des soins palliatifs aboutit à reconnaître que le pronostic ne peut être amélioré par un traitement spécifique, mais ne signifie pas que le médecin va abandonner le malade. Les traitements ont un but symptomatique : soulager au maximum le patient, apporter le confort et la sérénité pour que le malade profite pleinement de ce qui lui reste comme temps de vie et accomplisse 'une belle mort'.

Cette décision doit être prise en commun avec le malade, avec la délicatesse voulue et toute l'attention nécessaire, si possible en présence de la famille.

Si le traitement à visée curative s'est accompagné d'une prise en charge attentive des symptômes, le fait de faire du soulagement des symptômes une priorité (ce qui est le fond des soins palliatifs) n'apparaît plus comme un abandon du patient ou comme un renoncement. C'est une prolongation naturelle des soins précédents.

Il n'est pas utile d'être brutal pour annoncer ce changement stratégique, simplement d'indiquer qu'on ne peut plus vraiment guérir, mais encore bien soulager. Un dialogue franc mais paisible, en prenant le temps nécessaire pour que le malade puisse poser les questions qu'il souhaite, est la meilleure solution pour aborder cette nouvelle phase.

Si le malade est en période de déni, on peut fort bien se contenter d'une phrase rassurante : 'Pour l'instant, nous allons commencer par nous occuper des symptômes', qui ne ferme pas tout espoir.

Souvent, le médecin oncologue se comportera vis à vis du malade comme si ce passage à une étape palliative est un échec. Il s'agit là d'une prétention mal placée. Le médecin s'engage à bien soigner son malade, malheureusement il ne peut s'engager à le guérir. C'est ce que confirme la législation avec l'obligation dite de moyens. Une réflexion personnelle sur son activité et l'utilité pour les malades des soins palliatifs permet à chaque médecin et chaque soignant de vivre ce passage de façon plus sereine.

Comme au début de la maladie cancéreuse, le malade passera par des épisodes de refus ou de déni de sa maladie, puis de colère, de tristesse, de détournement ou de négociation, et enfin d'acceptation. Toutes ces phases sont normales, il faut les accompagner avec empathie ou sympathie.

Le malade a surtout besoin d'être rassuré et de savoir que l'équipe soignante ne va pas l'abandonner. Souvent, ce n'est pas la mort elle-même qui effraie le malade, mais la façon dont il va mourir, car il craint la douleur, la dégradation physique et psychique, la perte de sa valeur et la solitude.

Il convient d'être très prudent dans les termes utilisés, notamment concernant le temps restant à vivre, qui peut varier largement entre quelques jours et des mois. A priori, il vaut mieux ne pas parler de phase terminale mais de phase de traitement à visée palliative, 'pour vous soulager'.

La médecine de soins palliatifs

La médecine palliative comporte tous les éléments d'une bonne médecine :

  • recueil des symptômes,
  • analyse et élaboration d'un diagnostic,
  • propositions thérapeutiques adaptées à la situation clinique
  • suivi des effets des traitements prescrits.

Certains moyens, même agressifs, peuvent être utiles s'ils apportent un bénéfice important immédiat au malade (exemple : chirurgie orthopédique de réduction d'une fracture pathologique, radiothérapie antalgique). La thérapeutique a pour but primordial de soulager, et on doit adapter les décisions thérapeutiques à cet objectif majeur. La précision du diagnostic clinique est indispensable pour éliminer d'autres pathologies non cancéreuses (infections, complications iatrogènes).

Admettre que le patient va mourir constitue souvent un deuil pour le médecin s'il n'a pas su se préparer lui-même à cette éventualité. La communication avec le malade et la famille sera d'autant plus difficile que le médecin n'a pas, en lui-même, accepté la réalité, et ses réactions fausses ou ambiguës nuiront à la bonne relation avec le malade et au confort psychologique de celui-ci.

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