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Dernière modification effectuée
le 25 September 2010
La relation médecin-malade

Principes généraux

Il ne suffit pas d'informer le malade de la gravité de la maladie cancéreuse pour lui faire accepter les différentes thérapeutiques. Une explication claire de chacune des étapes est nécessaire.

Là aussi, il convient de répéter l'information plutôt que de tout donner en une seule fois, de laisser le patient poser les questions qui l'intéressent, car elles ne sont pas toujours celles qui préoccupent le médecin.

Dans une équipe pluridisciplinaire, il est important de coordonner l'information que l'on donne au patient.

Les équipes soignantes sont habituées à reformuler l'information donnée par le médecin. Pour cela, elles notent sur le dossier de soins les renseignements qui ont été donnés au patient, pour permettre à celui-ci de reposer la question et d'entendre une réponse coordonnée avec celle qu'a donnée le médecin.

Cette information par les soignants implique tout le personnel (y compris le personnel de ménage qui passe beaucoup de temps dans les chambres et qui, pour les malades, n'a aucune implication dans les soins). Une formation à l'écoute de ces personnels est donc essentielle, car ils permettent aux malades d'exprimer les angoisses, les situations familiales ou personnelles, pour lesquelles, souvent, une solution adaptée peut être proposée.

 

La hiérarchie d'information, bien décrite dans le 'Pavillon des Cancéreux', existe et constitue ainsi un monde particulier auquel le malade doit faire face et auquel il va tout faire pour s'intégrer.

Conseils pratiques

Une information difficile se distille en plusieurs séances pour que le malade puisse faire face, mais parfois la discussion se prolonge et le malade veut 'tout' savoir en une seule consultation.

Chaque nouvelle information doit être donnée de façon positive, comme une explication plus détaillée de ce qu'on a dit auparavant, et non pas comme une nouvelle couche qu'on rajoute, parce qu'on n'a pas eu le courage de tout dire en une fois.

Il convient de donner des informations exactes sur la longueur d'hospitalisation, sur la tolérance plus ou moins grande des thérapeutiques, sur les réactions aux médicaments, sur les séquelles fonctionnelles prévisibles des interventions ou de la radiothérapie, sur la douleur en période opératoire et les moyens pour la contrôler, sur les possibilités de réhabilitation en cas de mutilation.

Beaucoup de fantasmes recouvrent tous ces noms mystérieux comme chirurgie d'exérèse, radiothérapie et de chimiothérapie.

La production de livrets explicatifs, clairs, didactiques, en langage simple, est importante pour permettre aux malades et à leur famille de s'informer tranquillement en dehors du médecin, et pour reposer les questions sur les sujets non traités à partir du texte fourni.

Il n'y a pas de 'petite chirurgie', de 'petite opération', de 'petite radiothérapie', de 'petite chimiothérapie' : tous ces actes sont des agressions (certes nécessaires) vis à vis de la personne malade. Les minimiser, c'est faire croire au malade qu'il a peu de qualités personnelles de résistance puisqu'il vit si mal ces agressions.

Ainsi, paradoxalement, une chimiothérapie très lourde, pour laquelle l'équipe entière se mobilise avec le malade compte tenu de la sévérité des complications prévisibles, sera beaucoup mieux supportée psychologiquement qu'une 'petite chimiothérapie adjuvante' que le personnel de soins aura peut-être tendance à faire en routine. Il n'y a pas de routine pour le malade.

Le malade doit pouvoir prendre 'ses dispositions' : le tromper sur la longueur de l'hospitalisation, la gène ou l'infirmité consécutives à une intervention, sur la durée d'incapacité au travail, ne pourra que lui nuire. Il se méfiera, à l'avenir, des informations fournies par le médecin et son équipe, ce qui pourra l'amener à refuser une thérapeutique indispensable.

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