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Dernière modification effectuée
le 25 September 2010
Attitude vis à vis des proches

Une bonne habitude est de donner les nouvelles en présence des proches.

La façon de réagir de ceux-ci permet de réajuster en permanence la façon dont on donne l'information au malade. Cependant, parfois, ces proches accaparent le temps de consultation et ne permettent pas au malade de réagir comme il le voudrait.

En fait, l'élément important est donner la même information (même si c'est sous une forme différente) au malade et à sa famille.

Souvent, les proches veulent à la fois tout connaître, mais surtout que 'leur' malade ne connaisse rien.

La confrontation avec une maladie sérieuse va bouleverser les relations familiales et sociales et obliger chacun à se situer par rapport à la maladie et à la mort.

Parler de la mort avec celui dont on partage la vie est très difficile surtout si l'absence de dialogue constitue le fondement de l'équilibre du couple.

Deux éléments intriqués sont confrontés : 'C'est toi qui perds la vie, mais moi je te perds aussi'.

Le médecin est responsable devant son malade : la vérité communiquée aux proches doit l'être avec son accord (parfois, le malade ne souhaite pas informer sa famille ou craint pour son métier si la vérité était connue).

Il est capital de respecter cette décision du malade, même si elle doit entraîner des reproches importants une fois le malade disparu. Consigner par écrit la volonté précise du malade est important, notamment pour éviter que des membres de l'équipe n'annoncent pas aux proches des nouvelles que le patient ne souhaite pas divulguer.

Les proches ne sont pas toujours bien connus. Les familles dites 'recomposées' sont fréquentes et les relations entre ses membres ne sont pas toujours claires. La maladie cancéreuse révèle aux soignants des situations parfois scabreuses : les soignants se doivent d'éviter de se mêler de ces problèmes familiaux.

En France, il est habituel (mais pas vraiment éthique) que les proches soient plus franchement mis au courant que le malade lui-même.

Cependant, il est important que le niveau d'informations entre le malade et ses proches soit très similaire. Sinon, le dialogue entre le malade et ses proches perdra petit à petit en confiance mutuelle, même si le malade n'a pas d'autres solutions psychologiques que de s'accrocher à ses proches.

'Je sais que tu sais, mais je ne veux pas te dire que je le sais et je ne veux pas que tu me dises que tu le sais'.

Outre la maladie cancéreuse elle-même et les réactions du malade, le médecin (ou l'équipe soignante) aura parfois à gérer des situations de conflit provoquées ou révélées par le cancer : mari délaissant sa femme malade, parents plus ou moins laissés de côté, situations financières inextricables ou à l'inverse surprotection du malade par ses proches, dévouement extraordinaire, avec parfois risque d'épuisement et réactions de deuil difficiles à gérer par la suite.

Là encore, l'attitude philosophique ou morale n'est pas de mise, mais simplement le soutien vis à vis du malade. C'est vis à vis de lui que nous avons une obligation.

Cependant, de plus en plus, il est clair que l'équipe soignante doit prendre en charge, d'une certaine façon, les proches. La mort est un événement caché : la disparition des rites sociaux autour de la maladie, de la mort rend plus difficile l'adaptation des proches qui sont souvent désemparés et demandent conseil quant à l'attitude à adopter vis à vis de leur malade.

Ceci est d'autant plus vrai pour les enfants ou pour les jeunes qu'on cherche à 'épargner' en les éloignant de leur parent malade.

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