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Dernière modification effectuée
le 25 September 2010
Variations dans le temps

En fait, le malade ne peut comprendre ce qui lui arrive et appréhender toutes les conséquences de sa maladie en un seul temps.

Lors de l'annonce initiale, le médecin ne connaît pas l'avenir : il connaît éventuellement le pronostic probable pour son patient (sous forme de statistiques !), ne connaît rien de la situation personnelle du patient, de son mode de pensée et de réactions, peu de chose de sa situation familiale ou professionnelle.

En général, l'annonce du diagnostic ou la prononciation du mot cancer fait que le malade n'entend plus rien d'autre et n'écoute pas les explications qui suivent. Il faut plusieurs annonces pour que le message passe et un seul message passe à chaque annonce. Une incompréhension peut exister entre soignants : le malade dit, avec raison, que le médecin précédent ne l'a pas informé, puisque le message n'est pas passé. (Il ne sait pas et ne peut pas dire que le récepteur était débranché !).

Une station de radio ou de télévision n'a de succès ou d'influence que si existent des auditeurs ou téléspectateurs capables de la recevoir.

L'information va donc être associée avec une éducation du patient et une explication de l'état des lieux.

Pour le médecin et toute l'équipe soignante, c'est aussi une 'nouvelle aventure humaine', chaque personne malade étant différente et chaque membre de l'équipe soignante réagissant différemment devant chaque personne malade.

Progressivement le patient va élaborer une représentation réaliste de sa situation. Il prendra en compte les limites du savoir, des techniques médicales et les imperfections des médecins et des soignants par rapport au schéma idéal que nous souhaiterions présenter.

De même, il éprouvera ses propres capacités à gérer ses émotions, celles de sa famille et de ses amis et assumer la responsabilité de certains choix.

Tout ce jeu de nouvelles relations induites par la maladie cancéreuse reste bien sûr toujours fluctuant, extrêmement sensible au ressenti de chacun des traitements (même dans ses aspects qui paraissent les plus triviaux - type de perfusion, compagnon de chambre, attente), à la crainte des résultats des bilans, aux péripéties relationnelles avec les proches et les soignants.

Ce sont souvent des épisodes mineurs qui viennent bousculer la relation soignants-soigné. La démarche d'accréditation, en s'attachant à évaluer des problèmes non médicaux apparemment mineurs, montre bien l'importance qu'ils ont dans le vécu des malades.

A chaque étape de la maladie, on peut observer des réactions apparentes de fuite, de dénégation ou d'évitement qui ne sont pas synonymes de démission, mais sont le reflet du ressenti du patient et de sa façon propre à réagir. Il faut donc apprendre à les respecter.

L'annonce d'une rechute est, à cet égard, souvent très difficile pour le patient et pour le médecin, en raison de la forte suspicion d'incompétence que l'attitude silencieuse du malade peut suggérer. Là aussi, cette réaction première de sidération doit être attendue et respectée par le médecin (mais ceci ne vas pas sans un certain degré d'épuisement du soignant, cf. plus loin).

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