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Dernière modification effectuée
le 25 September 2010
Révélation du diagnostic

La crainte du suicide

La crainte du suicide du malade informé est une fausse idée : les enquêtes, en France comme à l'étranger, montrent que les cancéreux ne se suicident pas beaucoup plus que les malades non cancéreux. Si le risque de suicide est légèrement augmenté en cancérologie (1.9 pour les hommes, 1.3 pour les femmes) et si un patient sur 7 a eu des idées de suicide, ils surviennent rarement à l'annonce du diagnostic, mais concernent plutôt des malades en phase palliative plus ou moins terminale.

ll s'agit très rarement, de suicides " stoïques " (dans une étude Suédoise, seul un tiers des patients laissent une lettre) mais ils sont plutôt le fait de sujets désemparés, épuisés, pouvant présenter des troubles confusionnels et qui ont une conception très négative des possibilités de soin.

Le suicide stoïque par peur de sa dégradation physique ou psychique est rare (tout au moins au début de la maladie).

Le plus souvent, les suicides sont en rapport avec une pathologie psychiatrique non prise en compte par le cancérologue (schizophrénie, mélancolie, dépression alcoolique majeure, etc.). Ils soulignent l'importance d'inclure un psychiatre dans l'équipe pluridisciplinaire autour du malade.

La révélation du diagnostic

Mais, la vérité pour le malade n'est pas la vérité tout entière.

'De même que le médecin ne doit pas se servir de tous les médicaments qu'il a dans sa trousse, de même il ne doit pas dire au malade toutes les vérités qu'il connaît'.

L'affirmation 'Docteur, je veux tout savoir' ne doit pas être prise au premier sens : que signifie vraiment ce tout savoir ? La technique de reformulation des questions ' Que voulez-vous savoir au juste ?', 'Qu'entendez-vous par être condamné ?', 'Qu'entendez-vous par grave ?' 'Vais-je guérir ?' permet au médecin de mieux connaître la psychologie et la demande expresse du malade.

Il existe très souvent une ambivalence du malade vis à vis de la 'vérité' et c'est toute la nécessité de faire formuler avec précision l'information que le patient souhaite réellement entendre.

Quel est le but de la révélation du diagnostic ?

La communication du diagnostic constitue un moment de vérité pour le médecin, aussi démuni que son malade, même si l'expérience lui permet d'acquérir des 'techniques'.

Le but de la révélation du diagnostic est avant tout d'encourager le malade à se faire soigner, d'en faire un partenaire actif de son traitement même si (et surtout si) ce traitement va être difficile à supporter physiquement, psychologiquement et socialement.

L'information doit être à la fois claire et teintée d'espoir : 'Oui, la maladie que vous avez est sérieuse, mais nous ne sommes pas démunis'. En outre, la maladie cancéreuse est souvent d'évolution peu prévisible pour l'individu en face de soi, ce qui doit amener le médecin à une certaine prudence.

 

Il vaut mieux éviter de se laisser enfermer dans le débat guérison ou non, tout au moins dans le début du dialogue. Certaines phrases malheureuses sont traînées comme un boulet tout au long de l'évolution : le mot guérir lâché imprudemment constitue une bouée de sauvetage auquel le malade se raccrochera tout au long de l'évolution de sa maladie oubliant tous les autres discours.

A l'inverse, un langage triste et faisant craindre l'abandon du malade par son médecin décourage toute envie de se battre. On peut dire 'Je ne sais pas', 'J'attends le résultat du bilan complet' avant de dire 'Nous allons faire ensemble le maximum'.

De même, il convient de laisser de côté sa propre philosophie, ses conceptions religieuses ou morales. La plupart de nos concitoyens ne les partagent pas puisqu'elles nous sont propres. Les encouragements envers le malade doivent être des paroles de professionnels de santé, à la fois techniques et pleines d'empathie.

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