BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

Dernière modification effectuée
le 11 May 2010
Le dialogue singulier

Nous n'avons pas (ou rarement) un traitement idal contre le cancer, et il nous faut donc une union des comptences pour

  • Le diagnostic des cancers (le plus rapide, le moins traumatisant et le plus efficace pour le malade),

  • Le traitement du cancer (chirurgie ? Radiothrapie ? Chimiothrapie ? Hormonothrapie ? Soins palliatifs ?)

  • La critique des rsultats obtenus par chacune des quipes,

  • La mise en place d'associations thrapeutiques originales.

Les avantages de la pluridisciplinarit sont multiples :

Pour le malade

  • Certitude d'obtenir le meilleur traitement actuel sans querelles d'coles ou de spcialistes,
  • Certitude d'avoir toujours la personne comptente si besoin,
  • Impression de confiance entre les membres de l'quipe : confiance du malade,
  • A condition de garder le dialogue singulier entre le malade et un mdecin plus concern, appel ici mdecin responsable, l mdecin rfrent, qui constitue la garantie du suivi et de la responsabilit.

Pour le mdecin

  • Aide efficace et attentionne des autres spcialistes
  • Discussion des dossiers difficiles,
  • Lutte contre l'isolement,
  • Lutte contre le 'burn-out' par le partage des angoisses et des difficults,
  • Eventuellement possibilit de prendre en charge plusieurs un patient difficile.

Organisation de la pluridisciplinarit

  • La pluridisciplinarit doit s'organiser pour tre relle et efficace
  • Runion hebdomadaire ou bimensuelle d'un 'staff', d'un 'comit', d'une 'unit de concertation', avec un horaire rgulier, dfini et accept l'avance par chacun, l'absence de pollution par le tlphone ou le bip,
  • Comprenant tous les spcialistes concerns par la maladie (cliniciens, imagistes, pathologistes, biologistes), ouvert au mdecin gnraliste et aux autres soignants de l'quipe (infirmier, manipulateur, psychologue, kinsithrapeute),
  • Discutant chaque dossier SANS EXCEPTION, avec une liste des dossiers tudier en rapport avec les consultations de chaque membre du staff,
  • Disposant d'un secrtariat comptent permettant la collecte et la transmission de toutes les informations ncessaires pour une discussion efficace,
  • Discutant chaque tape du traitement ou de la rechute,
  • Proposant, si besoin, un second examen clinique par un confrre de spcialit diffrente, pour avoir un avis concert de meilleure qualit (exemple notamment de l'examen gyncologique sous anesthsie gnrale, du toucher rectal pour la tumeur prostatique, de l'examen ORL sous anesthsie gnrale).
  • Rvisant en commun le dossier unique et prparant les travaux de synthse pour une publication commune des rsultats.

A l'chelon rgional,

cette pluridisciplinarit se dcline sur le mode du rseau de soins, qui ncessite aussi des procdures d'change et de dialogue bien dfinis, de contrle rel de ce dialogue et de l'application des protocoles dfinis en commun.

Aspects dontologiques

Deux rappels simples du code de dontologie permettent de mieux comprendre la ncessit de la pluridisciplinarit :

Article 17 : Un mdecin ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles entreprendre ou poursuivre des soins, ni formuler des prescriptions dans les domaines qui dpassent sa comptence et ses possibilits

Article 34 : Ds lors qu'il a accept de rpondre une demande, le mdecin s'engage faire appel s'il y a lieu l'aide de tiers comptents

La mise en place d'une pluridisciplinarit efficace ne va pas l'encontre du dialogue singulier avec le malade, mais constitue une garantie de qualit.

Il n'est plus concevable au 21me sicle de ne pas prsenter rgulirement ses dossiers de cancrologie une unit de concertation pluridisciplinaire. Ce serait s'exposer rapidement des situations conflictuelles o le mdecin isol serait difficilement dfendable. Le 'grand patron', seul 'matre devant Dieu', devrait avoir disparu avec le millnaire prcdent !

Pluridisciplinarit et dialogue singulier

La pluridisciplinarit authentique ne se conoit pas en dehors de la responsabilit personnelle d'un mdecin rfrent, pleinement assume la fois vis vis du malade et vis vis de l'quipe.

Demander une quipe de soignants de donner son avis sur le meilleur traitement parat contradictoire avec le dialogue singulier entre le mdecin et le malade. On a vu plus haut l'intrt que le patient peut retirer de ce dialogue pluridisciplinaire.

Il convient, cependant, en toute clart, de lui expliquer que son dossier va tre discut au sein d'une quipe pluridisciplinaire (de faon plus ou moins anonyme, mais par des professionnels tenus au mme secret que le mdecin rfrent). L'information du malade de cette discussion pluridisciplinaire est quasiment obligatoire dans le cadre du plan cancer.

De mme, il convient de concevoir la proposition thrapeutique de l'unit de concertation pluridisciplinaire comme un conseil incitatif mais non comme une dcision irrversible.

Le mdecin peut considrer, en toute conscience, que le conseil est inappropri pour de multiples raisons tout fait acceptables : patient peu adhrent la proposition thrapeutique, contre-indications d'ordre social ou mme mdical non prises en compte par le groupe, tat gnral ou local du malade ncessitant une prise en compte que seul l'examen permet. Dans ce cas, le mdecin doit justifier son non respect du protocole thrapeutique propos, car le malade pourrait, en toute rigueur, considrer que le traitement qui lui a t appliqu n'tait pas conforme 'aux rgles de l'art'.

Il doit galement informer le malade de la proposition thrapeutique pluridisciplinaire propose et pourquoi il ne l'applique pas. Il doit galement informer l'quipe pluridisciplinaire, pour permettre une amlioration du dialogue : proposition thrapeutique mal explique par l'quipe, proposition inadapte la situation habituelle des malades, situation clinique non prise en charge par le protocole, etc.. De ce dialogue confiant entre chaque rfrent et l'quipe, natra un protocole plus adapt la situation clinique des patients, sans que cela aboutisse un renoncement la qualit.

Le malade peut refuser la proposition thrapeutique de l'unit de concertation pluridisciplinaire pour des raisons qui lui sont propres : le mdecin devra noter clairement le refus du patient.

Une telle clart dans la rdaction du dossier mdical partag est indispensable pour viter des confusions et des mprises, voire des jugements hatifs plus ou moins tays entre praticiens.

Compteur français