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Dernière modification effectuée
le 7 February 2010
Réalisation du traitement

La définition d'un protocole thérapeutique ne suffit pas à garantir que l'on fait bénéficier le malade des meilleures chances possibles. Il convient de le mettre en pratique. Cela nécessite donc :

  • une classification effective correcte du cancer de chaque malade pris en charge, faisant appel à la méthodologie nécessaire, (examens complémentaires, chirurgie exploratrice correcte, etc.)
  • la mise en place du traitement selon le protocole, en s'assurant des compétences nécessaires pour cela. On arrive ainsi très vite à la notion d'équipe de soignants autour du malade,
  • le respect du protocole malgré les difficultés rencontrées, même si cela doit aboutir à confier une partie du traitement à un autre confrère plus compétent : la reconnaissance de ses limites est la seule façon de progresser, et c'est la seule attitude éthique

Un certain nombre de facteurs permettent aussi de garantir une qualité des soins :

  • nombre conséquent de malades traités : une maladie rare ne peut être traitée partout, et il faut adresser ces malades à des spécialistes régionaux ou nationaux, pour qu'au moins au niveau de la région ou de la nation, quelques équipes deviennent compétentes, par le suivi régulier des malades : traiter moins de 10 - 15 patients par an ne permet pas un suivi rigoureux.
  • Ainsi, le nombre d’équipes spécialisées traitant efficacement les malades peut être très restreint (3 ou 4 équipes en France sont capables de traiter valablement les rétinoblastomes). Le fait d'avoir appartenu à ces équipes ne transfert pas la compétence, une fois qu'on les a quittées : c'est le traitement régulier des malades qui donne la compétence.
  • Seul un suivi précis des malades pour l'étude de la survie et des complications peut permettre de progresser : il faut donc se donner les moyens de ce suivi : secrétariat efficace, consultations avancées, lettres régulières aux médecins traitants, éventuelles convocations des malades ; il ne suffit pas d'affirmer bien traiter les malades, il faut le prouver, et cela nécessite un suivi.
  • Le nombre peu important de malades traités par chaque équipe nécessite la mise en commun des résultats à l’intérieur de groupes nationaux ou internationaux pour permettre des comparaisons : cela nécessite bien sûr un langage commun tant dans le diagnostic, la classification, la réalisation des actes thérapeutiques, et le suivi, et une confiance réciproque justifiée par les audits des différentes équipes participantes.
  • La publication des résultats (comptes-rendus d’activité, résultats thérapeutiques) devient ainsi un acte éthique, en rapport direct avec la qualité des soins. Le nombre de malades 'perdus de vue' traduit la faiblesse du suivi et le peu d'intérêt du thérapeute à connaître la valeur réelle de ses traitements.
  • Il n’existe pas de traitement actif sans toxicité : l’absence de description de celle-ci et/ou sa sous estimation sont malheureusement très fréquentes.
  • Toute thérapeutique efficace doit être reproductible : un bon résultat isolé ne signifie pas un espoir nouveau, mais probablement une mauvaise connaissance de la maladie réelle ou une sous-estimation du caractère statistiquement gaussien de tout phénomène biologique.

La médiatisation des résultats, le caractère extraordinaire de l'amélioration soi-disant obtenue, la multiplication de résultats satisfaisants mais incomplets, l'absence de communication de ses échecs sont malheureusement choses communes qui ne servent pas la cause des malades. Elles font le bonheur des journalistes. On peut regretter que l’absence d’éthique de la publication ne soit pas sanctionnée par notre code de déontologie.

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