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Dernière modification effectuée
le 07/12/2010
Le lapatinib

Il s'agit d'une petite molécule de la la famille des 4 anilinoquiazolines, qui inhibe l'activité tyrosine kinase à la fois des récepteurs ErbB1 et ErbB2. Agissant au niveau de la tyrosine kinase, il peut agir que le récpeteur extracellulaire soit actif ou non, et il pourrait agir sur plusieurs effecteurs intra-cellulaires.

Il est administré par voie orale, à la dose habituelle de 1.250 mg /j (5 comprimés) de façon continue.

Bien tolérée, cette nouvelle molécule fait l'objet de nombreuses recherches cliniques (plus de 70 au total sont répertoriées par le National Cancer Institute) dont nous ne possédons pas encore les résultats.

Formule chimique

Formule chimique du Lapatinib

AMM en France

Le lapatinib (Tykerb™) a reçu l'AMM en France. Il est indiqué en comibnaison avec la Capécitabine (Xeloda™) dans le traitement des cancers du sein en rechute ou très avancés, qui ont une sur-expression de l'antigène HER2 et qui ont déjà reçu un traitement par anthracycline, un taxane, et ne répondent plus au trastuzumab. (Etude de Geyer E, NEJM 2007). Cette étude montre un effet sur la survie sans progression, mais aucun effet sur la survie globale des patientes (qui ont, il est vrai, étaient déjà lourdement traitées).

Un certain nombre d'essais phase II et phase III ont montré l'intérêt de ce produit pour diminuer le risque de métastases cérébrales (voire pour certaines études pour traiter les métastases cérébrales) de cancer du sein HER +. Ces résultats préliminaires attendent confirmation.

De nombreuses autres études sont menées dans le cancer du sein, notamment en néo-adjuvant dans les cancers inflammatoires.

Autres indications

De nombreuses études phases II ou III sont en cours :

    • cancer de l'ovaire en adjuvant post-opératoire ou en cas de rechute (en association avec le topotecan),
    • cancer du poumon non à petites cellules (en association avec le pemetrexed),
    • cancers ORL opérés de mauvais pronostic,
    • cancers de l'estomac sur-exprimant ErbB2,
    • cancer du pancréas (en association avec la capécitabine),
    • cancers coliques en association avec la capécitabine et l'oxaliplatine,
    • tumeurs cérébrales (glioblastomes, astocytomes),
    • cancer métastatique du col utérin.

La description de tous ces essais peut être obtenue sur le site du National Cancer Institute.

Principales toxicités observées

Elles se résument à trois toxicités relativement fréquentes (The Oncologist).

Diarrhée

Dans l'association habituelle à la capecitabine, la diarrhée survient dans environ 20% des cas (quelques cas de nausées et vomissements).

Toxicité cutanée

Il est difficile d'attribuer l'érythrodysesthésie palmo-plantaire au lapatinib, puisque les principales études ont eu lieu en association avec la capécitabine qui peut donner un syndrome mains - pieds.

On observe aussi des rashs qui semblent différents du syndrome mains-pieds.

Toxicité cardiaque

Chez un certain nombre de malades, on a observé une diminution de la fraction d'éjection ventriculaire. Cependant, après arrêt, on observe souvent un retour à la normale, permettant la reprise du traitement. La signification exacte de cette 'toxicité' mérite de plus amples explorations.

Précautions d'administration

La solubilité du lapatinib est pH-dépendante.

L'administration concomitante d'un traitement contenant des substances augmentant le pH gastrique doit être évitée, en raison du risque de diminution de la solubilité et de l'absorption du lapatinib.

In vitro, le lapatinib inhibe le cytochrome CYP3A4 à des concentrations cliniquement pertinentes. Le métabolisme de médicaments dépendant de cet enzyme peut donc être perturbé.

La biodisponibilité du lapatinib est augmentée jusqu’à environ 4 fois par la nourriture, en fonction par exemple, de la teneur en graisses du repas.

Le jus de pamplemousse peut inhiber le cytochrome CYP3A4 dans l’intestin et augmenter la biodisponibilité du lapatinib. Sa consommation doit être évitée pendant le traitement par Tyverb.

Coût du traitement

En France, la boite de 140 comprimés (4 semaines de traitement) coûte environ 2.500 €.

Le produit bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle (en attente d'autres études). La Commission de la transparence considère que TYVERB™, en associationà XELODA, apporte une amélioration du service médical rendu modérée (ASMR III) dans le traitement du cancer du sein avancé ou métastatique.

Le NICE, National Institute for Health and Clinical Excellence, (Angleterre) a considéré que l'efficacité du lapatinib sur la durée de survie dans le cancer métastatique du sein était modeste et ne justifiait pas un prix si élevé.