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Dernière modification effectuée
le 26/12/2016
Interleukine 2

Considérations générales

Isolée en 1976, à partir de ses effets sur la croissance des lymphocytes T activés (d'où le nom de T-Cell Growth Factor), l'Interleukine II est une cytokine fabriquée par les cellules mononuclées du sang.

Elle exerce de nombreuses activités entre les différentes populations de globules blancs (d'où le nom d'interleukine).

La préparation d'une interleukine IL-2 recombinante, par génie génétique, (Proleukin™) a permis son utilisation thérapeutique.

De nombreuses études ont été entreprises en cancérologie, dans le cancer du rein métastatique, pour lequel nous ne disposons pas de beaucoup d'armes thérapeutiques, mais aussi dans le mélanome, dans divers sarcomes peu sensibles à la chimiothérapie, etc. Des résultats initiaux très prometteurs ont été publiés, plus ou moins remis en question à l'heure actuelle.

Seule l'indication pour le cancer du rein métastatique est resté confirmée dans la pharmacopée française.

Indications

Traitement de l'adénocarcinome rénal métastatique.

Il est admis qu'il ne faut traiter que les malades n'ayant pas plus d'un ou deux facteurs de mauvais pronostic dans cette indication, car seuls les malades ayant un bon pronostic répondent éventuellement. Ces facteurs de mauvais pronostic sont :

  • un score d'état général >= 1, d'après l'échelle de l'ECOG,
  • des métastases dans plus d'un organe,
  • un délai de moins de 24 mois entre le diagnostic initial de la tumeur primitive et la survenue de métastases.

Conduite du traitement

Plusieurs voies d'administration ont été testées. Celle la plus fréquemment utilisée (parce que la mieux tolérée) est la voie sous-cutanée. Des schémas complexes ont été élaborés, mais l'injection quotidienne sous-cutanée est de 18 Millions d'Unités.

Le taux de réponse objective varie (selon les publications) entre 15% et 30%. Les réponses ne sont pas toujours très longues.

Complications

A la dose habituellement prescrite,

On observe quasi constamment une fièvre, un rash cutané plus ou moins prurigineux, un état pseudo-grippal, des nausées ou vomissements, de la diarrhée. On administre donc systématiquement du paracétamol, des anti-diarrhéiques et des anti-émétiques. On peut adjoindre si besoin un anti-histaminique.

Le malade, en général, ne peut assurer son travail, ni toujours une activité quotidienne correcte compte tenu de cet état grippal.

Des effets plus sérieux ont été observés :

On peut observer une aggravation des épanchements séreux, une tendance à l'oedème, avec un risque d'insuffisances organiques majeures.

Du fait de cet oedème, on peut observer des perturbations psychiques, une confusion mentale, une dépression, une somnolence légère : de ce fait, on exclut généralement les sujets porteurs de métastases cérébrales de ces traitements.

On peut observer parfois une aggravation d'infections bactériennes pré-existantes.

Un syndrome de fuite capillaire (SFC) a été décrit essentiellement après pervusion intra-veineuse : on observe une perte de tonus vasculaire, par extravasation des protéines plasmatiques et de liquide dans l'espace extravasculaire. L'hypotension générale et l'hypoperfusion des organes peuvent être sévères.

Compte tenu des effets secondaires quasi constants, dans une pathologie d'évolution spontanée aussi rapide, et du faible nombre de rémissions observées (maximum 30%) et le plus souvent de courte durée, certains doutent des indications réelles de l'Interleukine 2 dans les métastases rénales.

Absence d'efficacité de ce traitement

Le protocole Percy Quatro, animé par la Fédération des Centres (Dr S.Negrier) a comparé l'IL2, à l'Interféron et à un traitement par Medroxyprogestérone dans les formes métastatiques de cancer du rein. Cette étude n'a pas montré de différences sur la survie globale des différents bras, mais par contre une toxicité très importante du bras Interleukine (et à un moindre degré Interféron).

Une étude britannique, publiée en 2010, comparait un traitement par Interféron seul à un traitement combinant Interféron et Interleukine (Gore ME et coll) : la survie globale est identique, mais la toxicité est beaucoup plus importante dans le bras associant les deux traitements.

En situation adjuvante, le Groupe allemend pour la chimio-immunothérapie du cancer du Rein (DGCIN) a publié aussi des résultats négatifs.

Ces trois études négatives permettent de proposer de supprimer l'IL2 de l'arsenal thérapeutique médicamenteux du traitement du cancer du rein, métastatique ou non.

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