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Dernière modification effectuée
le 26/12/2016
Les interférons

Les interférons constituent une famille complexe de protéines naturelles induites par différents stimuli chez l'hôte. La régulation génétique de la fabrication des Interférons explique probablement les effets divers observés au cours de la pathologie virale, néoplasique et dans l'angiogenèse.

Types d'interférons

Il existe, en fait, de nombreux types d'interférons :

les interférons dits de type I (α, β, θ, ω) constituent une famille de produits en rapport avec des gènes situés sur le chromosome 9, et dont l'effet biologique se recoupe d'un type à l'autre, touchant l'inhibition virale, la diminution de la prolifération tumorale, une modulation antigènique, et une immuno-modulation.

les interférons dits de type II (γ) ont d'autres récepteurs.

Mécanisme anti-tumoral

Les interférons ont été testés dans différentes pathologies malignes où un certain nombre d'effets positifs ont été observés, mais de façon assez irrégulière :

  • mélanomes (augmentation de la survie à fortes doses)
  • cancers du rein (10 à 15% de réponses)
  • leucémies myéloïdes chroniques (réponse dans 60% des formes chroniques résistantes à la chimiothérapie),
  • sarcomes de Kaposi associés au SIDA (avec un taux de lymphocytes CD4 supérieur à 250 / mm3),
  • leucémies à tricho-leucocytes (normalisation de la biologie),

Il est difficile d'expliquer par quel mécanisme on observe, pour certains malades, un effet anti-tumoral. Il existe une très grande hétérogéneité dans la réponse entre différents malades, les tumeurs solides étant en général moins sensibles que les tumeurs liquides.

Parmi les mécanismes impliqués dans la réponse tumorale, on cite :

  • un effet direct sur la prolifération cellulaire (modulation de la voie STAT),
  • une induction enzymatique, notamment de la néoptérine,
  • une différenciation cellulaire avec des modifications de réaction aux facteurs de croissance des cellules tumorales,
  • une modulation de l'activité antigénique des antigènes de surface des tumeurs (notamment les mélanomes),
  • une stimulation des cellules Natural Killer, des macrophages ou des cellules dendritiques,
  • une stimulation de cellules lymphocytaires T cytotoxiques spécifiques,
  • une stimulation de la production d'immunoglobulines anti-tumorales,
  • une activation d'autres cytokines au niveau tumoral (notamment l'Interleukine 2 ou IL-2).

Effets toxiques observés

Effets aigus

Les effets aigus généraux sont les plus constants : fièvre, frissons, céphalées, douleurs musculaires, nausée, vomissement, diarrhée.

On observe aussi fréquemment : une hyperthermie, de la tachycardie, une anémie, une neutropénie modérée, des rash.

Beaucoup plus rarement, une rhabdomyolyse, une nécrose hépatique subaigüe.

Effets chroniques

Certains sont quasi-constants : anoréxie, dysgueusie (perturbation du goût), fatigue, état dépressif.

D'autres sont plus rares : perte de poids, alopécie, hypothyroïdie,

Voire exceptionnels : syndrome néphrotique.

Les interférons recombinants

En France, nous ne disposons (en cancérologie) que de l'Interféron α2-b : (Introna™, Roféron™) , dont les indications cancérologiques sont les suivantes :

  • leucémie à tricholeucocytes,
  • sarcome de Kaposi asymptomatique évolutif,
  • leucémie myéloïde chronique (LMC) en phase chronique
  • lymphome cutané à cellules T,
  • lymphome folliculaire non hodgkinien,
  • cancer du rein à un stade avancé, dans les formes limitées.
  • mélanome malin de stade II,
  • myélome multiple, en entretien, après chimiothérapie efficace.

Les interférons recombinants ont une durée de vie supérieure dans l'organisme, permettant des administrations plus espacées.

Dans la plupart de ces indications, d'autres molécules sont apparues, reléguant souvent l'Interféron à un rôle secondaire (ainsi, pour la leucémie à tricholeucocytes, les analogues de la purine ont transformé le pronostic de la maladie ; dans la leucémie myéloïde chronique, l'utilisation des inhibiteurs de TKI ou dans les lymphomes du rituximab modifie les indications quotidiennes de l'Interféron).

Certaines indications sont devenues discutables, comme par exemple dans le cancer du rein où l'effet est minime par rapport à la toxicité observée.

Le protocole Percy Quatro, animé par la Fédération des Centres (Dr S.Negrier) a comparé l'IL2, à l'Interféron et à un traitement par Medroxyprogestérone dans les formes métastatiques de cancer du rein. Cette étude n'a pas montré de différences sur la survie globale des différents bras, mais par contre une toxicité plus marquée de l'Interféron, par rapport à la Médroxyprogestérone.

Cependant, un certain nombre d'études (pour le cancer du rein) ont pris comme bras de référence l'Interféron !

Dans le mélanome métastatique, ainsi que le souligne l'Institut National du Cancer, aucune chimiothérapie ou immunothérapie n'a montré de supériorité par rapport à un traitement par la Dacarbazine (efficacité minime). Pour les études en adjuvant d'un mélanome encore localisé, l'utilisation d'un bras observationnel reste une indication scientifiquement valable, d'après le groupe de travail de la Société Française de Dermatologie.

La posologie varie selon les pathologies, de 1 Million d'unités en IM à 18 Millions d'unités.

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