La fréquence de la surexpression de HER2 varie dans la glande mammaire normale ou pathologique.

Par exemple, dans le cas des localisations canalaires : HER2 n'est pas mis en évidence lorsqu'il s'agit de glandes mammaires normales ou hyperplasiques, mais il est par contre retrouvé dans près d'un tiers des cas pour les carcinomes infiltrants et dans deux tiers des cas pour les carcinomes in situ (de haut grade).

Cette plus forte incidence de surexpression de HER2 dans les carcinomes in situ par rapport à la forme invasive peut avoir deux explications : la perte du statut HER2 positif lors de la transformation ou le fait qu'un carcinome in situ n'évolue pas obligatoirement vers une forme invasive.
Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable puisque plusieurs études ont montré que les prélèvements effectués sur les composants in situ et invasifs d'une même tumeur, présentaient le même statut HER2 (Allred et al. 1992a ; Barnes et al. 1992 ; Liu et al. 1992 ; Maguire 1992).

Slamon et al (1987) par la méthode du "Southern blot" ont déterminé par des analyses statistiques univariées et multivariées la signification pronostique de HER2 chez 86 femmes avec cancer du sein N+ sur un suivi médian de 46 mois.

HER2 s'est révélé un facteur prédictif puissant et indépendant de la survie sans rechute et de la survie globale en analyse multivariée. Seul le nombre de ganglions axillaires envahis était un facteur aussi fort que HER2.

La taille tumorale, les récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone ne se sont pas révélés être de puissants facteurs prédictifs lors de l'analyse univariée, ni des facteurs indépendants lors de l'analyse multivariée.

Les récepteurs aux œstrogènes sont un facteur prédictif de réponse au tamoxifène et influencent la survie sans récidive et la survie globale chez les patientes atteintes d'un cancer du sein, comme le choix de la thérapeutique.

HER2 est l'un des premiers exemples de facteur à la fois prédictif de la réponse et pronostique parmi les nombreux gènes altérés de type oncogènes ou les gènes suppresseurs mis en évidence dans le cancer du sein.

On peut espérer que, dans le futur, l'évaluation des altérations des oncogènes/gènes suppresseurs de tumeur jouera un rôle essentiel dans l'aide au diagnostic et au choix thérapeutique dans de nombreuses tumeurs. Il est nécessaire, avant leur utilisation clinique en routine, de standardiser les techniques de dépistage de ces altérations géniques et leur retentissement sur l'expression protéique de ces gènes.

L'étude de HER2 représente ainsi un modèle dans ce type de démarche.

En conclusion, l'amplification et/ou la surexpression de HER2 est certainement une cible thérapeutique de valeur et semble un facteur pronostique important. Son rôle dans la prédiction des réponses à différents traitements nécessite confirmation. L'avenir révélera si HER2 est lié à d'autres marqueurs du cancer du sein, comme les récepteurs hormonaux, pour une meilleure adaptation individuelle des différents traitements.

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