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Dernière modification effectuée
le 30/01/2012
Traitement hormonal des métastases

Le cancer papillaire de la thyroïde, lymphophile, représente 80 à 85% des cancers de la thyroïde. Le cancer vésiculaire, hématophile, représente quant à lui 15 à 20% des cancers thyroïdiens différenciés.

Ces deux types de cancer captent l'iode.

Après le traitement par thyroïdectomie totale (avec curage ganglionnaire), un balayage isotopique est assuré avec une dose traçante d'Iode 131, et si besoin une dose ablative de 100 mCi permet de réaliser une irradiation intersticielle sélective de tout le tissu thyroïdien persistant (qui fixe l'iode). On appelle ce traitement Irathérapie.

Ce traitement ablatif nécessite le séjour dans une salle d'hospitalisation plombée, avec toilettes aménagées pour recueil des urines et fecès contaminées, ainsi que des précautions spécifiques pour le linge de corps. Le personnel soignant doit porter un dosimètre et prendre des précautions élémentaires pour éviter une contamination inutile.

L’hospitalisation en chambre radioprotégée est nécessaire, pendant 2 à 5 jours, dès que l’activité administrée est supérieure à 740 MBq (20 mCi).

Si le balayage isotopique initial est positif, on effectue un nouveau balayage isotopique environ 6 mois plus tard, mais ceci nécessite l'arrêt de toute hormonothérapie substitutive pendant environ 6 semaines, pour permettre une bonne fixation du tissu thyroïdien restant. Il en résulte une hypothyroïdie transitoire pour le malade qui est plutôt mal toléré.

Pour éviter ces inconvénients de sevrage, il est maintenant proposé d'utiliser l’injection de TSH humaine recombinante (rTSH, Thyrogen™) On peut ainsi réaliser des scintigraphies à l’iode 131 (pour permettre de voir les zones hyperfixiantes) et du dosage de la Tg.

La stimulation par la rTSH peut ainsi se substituer au sevrage en hormone thyroïdienne préalable à l’administration thérapeutique d’iode 131.

Au décours de ces traitements ablatifs, il convient d'instituer une hormonothérapie freinatrice qui a deux buts :

éviter une hypothyroïdie, dont la tolérance fonctionnelle sera très rapidement mauvaise,

freiner l'axe thyréotrope pour éviter le développement de métastases ou de récidives locales.Le taux de TSH à obtenir doit être inférieur à 0.5 mU/l. On contrôle également le taux de thyroglobuline.

Le taux de TSH permet d'évaluer le niveau de frénation que l'on cherche à obtenir, qui est différent selon la situation clinique.

Parfois l'ambition de l'hormonothérapie est d'avoir une action très frénatrice (notamment pour les cancers non guéris, réfractaires à l'Iode 131 ou en cas d'histologie défaborable, pour les cancers métastatiques). Dans ce cas, on cherche à obtenir un taux de TSH < 0,1 mUI/L.

Habituellement, il s'agit simplement d'une action frénatrice (notamment si le risque paraît élevé, mais la rémission est complète ou après Iode-131). On cherche à obtenir un taux de TSH entre 0,1 et 0,5 mUI/L.

L'hormonothérapie substitutive simple est utilisée pour des cancers de faibles risques, en rémission complète, lors du bilan pratiqué six mois après l'absorption d'I 131. On cherche à obtenir un taux de TSH entre 0,3 et 2,0 mUI/L.

On utilise la T4 lévothyroxine (Levothyrox®, L-Thyroxine®) 2 à 3 µg/kg/ j ou un mélange de T4, T3 thyroxine (Euthyral®). Cette dose est plus qu'une dose substitutive.

En raison du risque d'hyperthyroïdie, chez les sujets âgés ou après une longue surveillance, on peut diminuer les doses en revenant des doses purement substitutives. Chez ces sujets, on peut observer, en effet, des troubles du rythme cardiaque ou encore une ostéoporose induite.

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