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Dernière modification effectuée
le 19/11/2010
Anti-aromatases

L'aromatase ovarienne joue, bien sûr, un rôle beaucoup plus important pour la fabrication des œstrogènes que l'aromatase surrénalienne (même schéma général du métabolisme du cholestérol), tout au moins avant la ménopause.

L'ovaire, en tant que glande endocrine, peut être considérée comme ayant deux compartiments : le compartiment interstitiel ou stromal, soumis à l'action de la LH, contrôle la production d'andostènedione par les cellules stromales. Dans le compartiment thécal, les cellules de la granulosa, sous l'influence de la FSH, régule la quantité d'aromatase présente, nécessaire à la fabrication d'œstrone et d'œstradiol. La quantité d'aromatase présente au moment de l'ovulation est 8 à 10 fois plus importante qu'au moment des règles.

Rôle de l'aromatase ovarienne
Rôle de l'aromatase ovarienne

Après la ménopause, les androgènes d'origine surrénalienne (andostenedione et testostérone) sont convertis en œstrogènes par l'aromatase présente dans le foie, le muscule, les follicules pileux, le tissue adipeux et les cellules tumorales. Les inhibiteurs de l'aromatase suppriment cette activité.

Actions des anti-aromatases

Le rôle des médicaments anti-aromatase est donc plus important dans le cancer du sein. Il n'est pas nécessaire de prescrire un traitement corticoïde substitutif comme avec l'aminogluthétimide.

De nouveaux anti-aromatases ont été synthétisés: ils agissent par compétition directe avec l'enzyme (dérivés de l'imidazole), et empêchent directement la transformation des androgènes en œstrogènes (notamment dans le tissu cancéreux).

Constitution de l'aromatase L'activité aromatase est le fruit d'un enzyme l'aromatase à proprement parlée à laquelle se combine l'androgène (T), et un co-enzyme ou réductase ; elle produit un œstrogène (O).

Pricnipales classes des anti-aromatoses

Les anti-aromatases de type I, de nature stéroïdienne, regroupant les produits qui se lient sur le site d'action de l'enzyme qui transforme les androgènes en œstrogènes, de façon irréversible (inhibiteurs suicides) : pour pouvoir transformer à nouveau les androgènes en œstrogènes, les cellules cancéreuses doivent synthétiser à nouveau de l'aromatase :

      • formestane (Lentaron™)
      • exémestane (Aromasine ™)

Les anti-aromatases de type II agissent sur la réductase du cytochrome P450, qui constitue le co-enzyme du complexe enzymatique ayant l'activité aromatase, de façon réversible et temporaire :

      • anastrozole (Arimidex ™)
      • létrozole (Fémara ™).

Effets secondaires

La bonne tolérance à court terme et à long terme de ces médicaments prescrits en situation adjuvante est importante, puisque l'hormonothérapie peut durer jusqu'à 5 ans.

On peut classer ces effets secondaires en :

Déprivation œstrogénique

    • Bouffées de chaleur (30% environ des cas)
    • Symptômes gynécologiques (atrophie),
    • Plus rarement troubles thrombo-emboliques.

Myalgies et arthralgies

    • Près de 30% des patientes ont des douleurs musculo-articulaires au cours des deux premières années pouvant disparaître en 18 mois.
    • Douleurs diffuses à toutes les articulations,
    • Syndrome de canal carpien,
    • Nécessitant un traitement antalgique, parfois anti-inflammatoires (Algorithmes de Colemen R. et al)

Ostéoporose et fracture

    • En rapport avec la perte osseuse : jusqu'à 10% de fractures (tassements vertébraux)
    • Surtout chez les femmes déjà ostéopéniques
    • Importance d'identifier les patientes à haut risque ostéoporotique par une mesure de la densité minérale osseuse et de surveiller ces femmes tous les deux ans (Hadji P et al)
    • Intérêt d'une correction par la vitamine D, prescription de zolédronate (Zométa™) à la dose de 4 mg tous les 6 mois (se méfier du petit risque d'ostéonécrose mandibulaire).
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