BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

Dernière modification effectuée
le 26/12/2016
Prescription de la chimiothérapie

Médecins prescripteurs

L'application de chaque dose de chimiothérapie répond à une prescription médicale, et répond à une compétence particulière (cf. Décret D6124-134 du Code de la Santé Publique). En pratique, on peut distinguer trois types de prescripteurs potentiels différents :

  • les médecins généralistes
    qui pourraient intervenir pour la surveillance et le renouvellement des chimiothérapies ambulatoires à domicile, prescrites par un médecin compétent ou spécialiste en cancérologie. Une formation théorique et pratique devrait donner à ces médecins de famille la compétence nécessaire (exemple : stage de cancérologie). Cette formule est actuellement peu utilisée car non sécurisée du point de vue légal.
  • les médecins spécialistes, les radiothérapeutes et les hématologues (titulaires du DESC de Cancérologie - Option Traitements médicaux) pour les chimiothérapies des cancers de leur spécialité
  • les oncologues médicaux (DES d'Oncologie médicale)
    pour les chimiothérapies intensives et/ou expérimentales.

Critères d'agrément pour la chimiothérapie

La loi (Décret n°2007-388 du 21 mars 2007 - art. 1 Code de la santé publique) a institué la notion de critères d'agrément délivrés aux Etablissements de Soins et à certains de leurs services pour la pratique de la chimiothérapie.

Cependant, l'Institut National du Cancer (INCa) a récemment rappelé les conditions pour l'obtention de cet agrément qu'on peut résumer à grands traits :

Des situations d'exception, dues à la jeunesse des diplômes d'oncologie (DES et D.E.S.C.) seront probablement nécessaires pour assurer la continuité des soins, sous réserve de conditions de sécurité adéquates pour les malades.

La consultation de chimiothérapie

Comme pour toute prescription médicale, elle comprend :

  • un examen soigneux du malade,
  • la confirmation du bien-fondé de l'indication,
  • la recherche des éventuelles interférences pathologiques ou médicamenteuses
    • Infections actuelles,
    • Foyers infectieux (à corriger et traiter si possible avant tout traitement),
    • Antécédents particuliers comme l'hépatite virale, responsable de possible syndrome de réactivation
    • Diabète et pathologie endocrinienne,
    • Pathologie rénale
    • Pathologie cardio-vasculaire, etc..
  • la prescription des examens complémentaires indispensables,
  • la description des éléments de surveillance nécessaires à la sécurité du traitement,
  • l'organisation pratique de la chimiothérapie (traitement ambulatoire, hôpital de jour, hôpital de semaine, secteur stérile, etc.).

La feuille de prescription

Elle constitue le lien entre le prescripteur et le personnel préparant puis exécutant la prescription. Elle a une valeur médico-légale évidente, et doit donc être rédigée avec précision.

Les éléments suivants y figurent :

  • identification du malade, poids, taille, (surface corporelle),
  • protocole utilisé,
  • éléments biologiques permettant la prescription,
  • numéro de la cure, date et heure de prescription,
  • nom des médicaments (abréviations standards), doses unitaires, doses calculées, solvants,
  • mode d'administration,
  • hydratation, antiémétiques et autres médicaments associés
Schéma d'une consultation de chimiothérapie

Si l'habitude des prescriptions et l'expérience des équipes permettent des simplifications dans l'écriture de cette feuille de prescription (protocoles infirmiers décrits à l'avance, éventuellement informatisés, et appliqués systématiquement sauf modification expresse), certains éléments sont toujours confirmés et en particulier la dose.

Loin d'être une entrave à la liberté du médecin, une prescription précise comportant tous les éléments du raisonnement, permet une sécurité supplémentaire pour le malade et le médecin.

En tout état de cause, la feuille de prescription est signée du médecin de façon claire et identifiable.

L'informatisation de la prescription médicale constitue une sécurité supplémentaire. Elle constitue un lien supplémentaire entre le prescripteur, le pharmacien et le soignant qui exécute la prescription.

Cependant, il ne s'agit que d'un moyen et rien ne vaut le soin constant et la vérification systématique (procédures adaptées à chaque catégorie de métier) pour éviter des erreurs qui surviennent toujours lorsque l'attention se relache.

L'information du malade

La première consultation de chimiothérapie est également un instant privilégié de dialogue avec le patient, et le moment où lui annoncer et lui expliquer son traitement. Les points essentiels suivants doivent être soulignés :

  • le but de la chimiothérapie (curatif, adjuvant, palliatif), ce qui permet de souhaiter une adhésion plus ou moins grande du patient;
  • les résultats attendus (éviter les illusions d'une thérapeutique non éprouvée, mais éprouvante, d'efficacité douteuse, mais très médiatique),
  • les modalités pratiques (hospitalisation, piqûres, examens),
  • les principaux effets secondaires attendus, et de façon positive les moyens de les combattre, notamment vomissements, alopécie, effets tardifs, et surtout fatigue).
  • les principaux signes d'alerte d'une complication, (sans les excès de la législation américaine pour les événements graves mais rarissimes),
  • l'explication aux proches (si possible en présence du malade), pour qu'ils comprennent la pathologie, la chimiothérapie et puissent ainsi soutenir leur malade.

La remise d'un document pédagogique à cet instant de la relation médicale peut constituer un outil supplémentaire, à condition qu'elle ne se substitue pas à l'ouverture d'esprit du médecin pour répondre aux questions du patient.

Cette remise d'un document correspond à un développement du projet personnalisé de soins.

De même, la consultation d'annonce par le personnel soignant peut s'intégrer également dans cette démarche de prise en charge responsable du patient (même s'il est préférable que ce soient les soignants de chimiothérapie qui y participent).

Il est de bonne pratique d'indiquer clairement sur son dossier médical (et dans la lettre au confrère généraliste) les explications qui ont été données au patient (nouvelle législation sur l'annonce des diagnostics au patient).

L'attitude du médecin et de l'équipe à ce moment de révélation de la thérapeutique (voire de la maladie) conditionne souvent le bon déroulement du traitement.

On doit accepter pleinement la liberté de refuser d'affronter la réalité qu'a le patient, et ne délivrer la vérité qu'à la dose qu'il peut supporter : " Votre malade n'a pas plus le droit à toute la vérité que vous connaissez qu'à tous les médicaments de votre trousse " (O.W. Holmes).

Il n'est pas sûr que tous les malades aient envie de tout savoir sur leur chimiothérapie, tout au moins au début de celle-ci.

Compteur français