BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

Dernière modification effectuée
le 05/08/2010
Autres toxicités aiguës

Choc anaphylactique

Cette réaction d'hypersensibilité immédiate se caractérise par un collapsus-cardio-vasculaire brutal et intense, avec extravasation vers le secteur interstitiel du liquide plasmatique par augmentation de la perméabilité vasculaire).

Ces manifestations peuvent s'obserrver au cours du cancer :

Le diagnostic est évoqué devant l'apparition d'un état de choc, d'un pouls filant, d'un érythème diffus et des signes associés possibles de bronchospasme, oedème laryngé, stridor, rhinite, urticaire, douleurs abdominales.

L'intensité peut être marquée :

      • Grade I : simples manifestations cutanéo-muqueuse généralisée
      • Grade II : atteinte multiviscérale modérée
      • Grade III : atteinte multi-viscérale sévère imposant un traitement spécifique rapide pour éviter l'évolution vers un grade IV
      • Grade IV : arrêt circulatoire et/ou respiratoire.

On distinguera ce choc anaphylactique :

      • du choc vagal,
      • du choc septique,
      • d'un choc cardiogénique,
      • d'une hypoglycémie sévère.

Le traitement doit être urgent :

      • Arrêt de la perfusion en cours
      • Mise en décubitus dorsal
      • Contrôle des voies aériennes, (si besoin utilisation de Salbutamol)
      • Remplissage vasculaire
      • Oxygénothérapie
      • Corticothérapie
      • Adrénaline IV : selon des protocoles précis

Cette complication doit faire éliminer la molécule responsable sauf circonstances exceptionnelles.

Référence intéressante : www.oncorea.com

Alopécie

Elle est quasi constante avec des produits comme le VP 16, les alkylants, les anthracyclines, plus rare avec le cisplatine, le 5 FU.

Il s'agit toujours d'alopécie réversible, et parler franchement de perruque à son patient permet souvent de dédramatiser le sujet. En été, à la maison, le port d'une casquette (pour les hommes) ou d'un fichu (pour les dames) sont souvent des solutions pratiques permettant d'éviter le port permanent d'une perruque parfois trop chaude ou incommodante.

Les casques réfrigérants sont, en général, plus ou moins efficaces, permettant de conserver des cheveux. Leur efficacité dépend du médicament antimitotique utilisé et de la dose. Ils doivent être portés pendant tout le passage plasmatique du produit alopéciant et sont, de ce fait, souvent mal tolérés (deux heures constituent souvent une durée maximale de tolérance de ce froid sur la tête). Certains produits ayant des durées de métabolisme longs, l'efficacité du port du casque réfrigérant est très réduite.

Ils sont contrindiqués lorsque l'on traite des métastases osseuses crâniennes.

Insuffisance rénale aiguë

Elle peut survenir notamment après l'utilisation de cisplatine ou de méthotrexate.

Dans le premier cas, une hyperhydratation permet le plus souvent de l'éviter qu'il faut continuer au moins 24 heures après la perfusion de platine, et notamment en cas de vomissements importants (insuffisance rénale fonctionnelle dans un premier temps).

Le méthotrexate (à fortes doses) nécessite une alcalinisation des urines, et une hydratation importante.

Enfin, un syndrome de lyse tumorale peut entraîner une insuffisance rénale par précipitation de cristaux d'acide urique, et doit être prévenu par l'administration d'un hydratation abondante et la prise d'anti-uricémiant comme le Zyloric.

Syndromes respiratoires

Il s'agit d'une complication rare, mais de diagnostic urgent.

La bléomycine, plus rarement le busulfan, le 5-FU peuvent entraîner des syndromes intesticiels aigus (de type allergique), nécessitant une corticothérapie rapide énergique.

Extravasation

Les extravasations sont redoutables, pouvant entraîner des nécroses cutanées étendues, très douloureuses.

Souvent, la nécrose cutanée nécessite des excisions chirurgicales, et entraîne des retards importants, voire l'arrêt définitif de la chimiothérapie.

La constatation d'un réseau veineux déficient, ou de veines poreuses, doit faire poser un dispositif veineux implantable, au moindre doute, quant aux possibilités de perfusions périphériques. Il existe deux types de dispositifs :

  • ceux situés au niveau de la veine jugulaire, posé sur le gril thoracique, sont d'accès facile pour les soignants, mais parfois mal tolérés par les malades, en raison de leur caractère inesthétique et du frottement des habits et de la ceinture de sécurité,
  • ceux situés au niveau de la veine brachio-céphalique, situé près du pli du coude, souvent mieux tolérés par les malades, mais d'accès parfois plus difficile pour les soignants.

Dans tous les cas, la pose d'un dispositif veineux implantable constitue une intervention chirurgicale, qu'il convient de pratiquer à distance d'une leucopénie (si possible avant la période immédiate de chimiothérapie) et avec les précautions d'asepsie les plus rigoureuses. Il s'agit d'un corps étranger avec les risques infectieux et de phlébite inhérents à tous ces cathéters.

Fatigue

La fatigue est un élément constant de la chimiothérapie.

Certaines chimiothérapies épuisent le malade d'autant plus qu'il est âgé, qu'il a des maladies associées ou que la chimiothérapie est très intense (par exemple, les chimiothérapies type greffe). Le malade reste allongé, souffrant de la mucite et éventuellement de fièvre.

A l'inverse, la chimiothérapie adjuvante (ou curative) habituelle, prescrite par cures espacées de 3 semaines à un mois, fatigue le malade d'une façon moins intense. En général, la première semaine, le patient ne peut faire grand chose, quoique certains reprennent leur activité sitôt sortis de l'hôpital. La seconde semaine permet une certaine reprise de l'activité et la troisième semaine est en général assez bonne. Souvent, le malade ne mange que très peu la première semaine et perd du poids, mais récupère progressivement l'appétit et reprend son poids au cours des deux semaines suivantes.

La prescription espacée de cures permet non seulement la récupération hématologique mais le maintien d'une assez bonne condition physique (notamment chez les jeunes).

Au fur et à mesure de la poursuite des cures, le malade récupère de moins en moins vite et se fatigue beaucoup plus, notamment en cas d'anémie associée. Parfois, la fatigue devient telle que le malade ne sort plus de chez lui : il convient

d'arrêter le traitement ou d'espacer une cure pour lui permettre de récupérer.

Compteur français