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Chimiothérapie
des cancers
Principe de la polychimiothérapie

La plupart du temps, l'utilisation d'un seul médicament anti-cancéreux n'est pas suffisant pour obtenir une guérison ou même une réponse clinique de longue durée. L'apparition rapide de résistances (cf. plus loin) entraîne un échec du traitement.

L'utilisation de plusieurs médicaments repose sur la recherche d'un meilleur index thérapeutique basé :

Majoration de l'activité

Si une telle majoration d'activité est démontrable in vitro, assez facilement, chez le malade, c'est par la réalisation d'études randomisées que l'on pourra objectiver une amélioration des résultats par telle association en comparaison avec l'utilisation de médicaments seuls.

Ainsi, dans le cancer de l'ovaire, on a pu démontrer qu'on obtenait un taux de réponse plus important en associant le paclitaxel (Taxol) au cisplatine qu'en utilisant le cisplatine seul.

On va donc se baser sur les résultats expérimentaux cliniques pour proposer de nouvelles associations thérapeutiques :

Notion de synchronisation et de recrutement

L'utilisation de certains produits cytotoxiques (comme par exemple, les poisons du fuseau mitotique) aboutit à bloquer spécifiquement les cellules cancéreuses (mais aussi les cellules saines) à un moment du cycle cellulaire. Elles progressent ensuite dans le cycle cellulaire plus ou moins de façon synchrone.

Il est alors possible de faire agir un second anti-mitotique phase dépendant auquel elles deviennent beaucoup plus sensibles.

En pratique, cependant, cet effet synchronisateur est beaucoup moins important que ce qu'on observe in vitro ou expérimentalement. En particulier, la synchronisation s'exerce aussi pour les cellules saines, avec un risque accru de toxicité médullaire importante.

Non additivité des effets indésirables

L'addition de deux médicaments n'a de sens que si les toxicités ne s'accumulent pas (ou plutôt pas de trop) : il ne faut pas observer d'aggravation trop importante de la toxicité.

Bénéfice des associations

Le bénéfice des associations sous forme de polychimiothérapie a été démontré pour la plupart des cancers :

cancer du sein protocole CMF (cyclophosphamide, méthotrexate, 5-Fluoro-Uracile), protocole FAC (5-Fluoro-Uracile, Adriblastine, cyclophosphamide), Epi-Tax (Epirubicine - Taxotère)
cancer de l'ovaire protocole TC (taxol, cisplatine ou carboplatine), protocole CC (cyclophosphamide, cisplatine), protocole CHAP (cyclophosphamide, hexaméthylmélamine, adriblastine, platine),
cancer du testicule protocole BEP (bléomycine, étoposide ou VP-16, platine) ou protocole EP (sans la bléomycine),
cancer bronchique protocole EP (etoposide, platine), protocole NP (navelbine, cisplatine)
maladie de Hodgkin protocole MOPP (moutarde azotée, oncovin, procarbazine, prednisolone), protocole ABVD (adriblastine, bléomycine, vinblastine, dacarbazine)
lymphomes non hodgkiniens ACVBP (adriblastine, cyclophosphamide, vindésine, bléomycine, prednisone), CHOP (cyclophosphamide, adriamycine, vindristine, prednisone)
cancer de la vessie MVAC (méthotrexate, vincaleucoblastine, adriblastine, cisplatine), Gemcitabine-CDDP

On remarquera que certains protocoles, découverts parfois de façon empirique, ne respectent pas toutes les 'règles' proposées ci-dessus.