BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

Dernière modification effectuée
le 04/09/2017
Traitements médicaux du cancer

Dès le début de son évolution, un cancer peut donner des métastases à distance. Ainsi, il échappe aux traitements locaux (notamment chirurgie et radiothérapie). Ces métastases peuvent être soit symptomatiques, soit découvertes par des examens systématiques, soit suspectées en raison de l'évolutivité habituelle du type de cancer traité.

Les traitements médicaux du cancer combattent donc la présence de ces métastases quelle que soit leur taille et en principe leur localisation.

Chimiothérapie anti-cancéreuse

L'histoire de la chimiothérapie commence à l'automne 1917, pendant la bataille de Ypres, lorsque les premières attaques au gaz moutarde sont menées par l'armée allemande. Outre la toxicité aiguë douloureuse et mortelle sur la peau, les yeux et le poumons, on s'aperçoit que les quelques soldats qui survivent présentent des troubles hématologiques considérables. En 1942, deux chercheurs de Yale, Alfred Gilman et Louis Goodman s'interrogent les propriétés anti-cancéreuses de ces dérivés et établisent qu’une molécule pouvait être administrée systémiquement pour induire une régression tumorale. C'était la découverte des agents alkylants.

Peu de temps après, Sydney Farber montre l'effet des molécules proches de la vitamine B9 dans la leucémie de l'enfant (Méthotrexate). De son côté, Jean Bernard et son équipe montrait la possibilité d'induire des rémissions cliniques de la leucémie avec de fortes doses de corticoïdes. En 1958, le National Cancer Institute (NCI) découvrit l’action du méthotréxate sur les choriocarcinomes placentaires et ce fut la première tumeur solide à être guérie par chimiothérapie exclusive chez l’Homme (la femme !).

Au début des années 1960, l'étude systématique des plantes amena à la découverte des alcaloïdes naturels de la pervenche (Vinblastine, Vincristine). La poursuite de ces recherches systématiques amenèrent à la découverte des taxanes en 1964 et des camptothécines en 1966. Les découvertes de Pierre Potier (possibilité de synthétiser des molécules identiques à ces substances d'extraction difficile) rendirent possible l'utilisation de fortes doses de ces produits. Il en fut de même plus tard avec les taxanes.

Comme pour la pénicilline, la découverte de l'action anti-cancéreuse du platine fut l'effet du hasard (observation d'un limitation de la prolifération microbienne autour des électrodes), mais l'utilisation de ces molécules nécessita aussi un fort développement clinique, compte tenu de la toxicité rénale de ces produits.

De nouvelles molécules apparaissent régulièrement et de nouvelles indications sont proposées.

Hormonothérapie

Elle est surtout utilisée pour deux types de cancers dits hormono-dépendants : le cancer du sein et le cancer de la prostate.

Connue depuis la fin du 19ème siècle (travaux de Thomas Beatson - Edimbourg en 1874), l'effet bénéfique de la castration dans le cancer du sein a abouti à des traitements de plus en plus fins ( tamoxifène, anti-aromatases, etc.) réservés aux patientes dont la tumeur présente des récepteurs hormonaux positifs. De même, l'effet bénéfique de la castration chez l'homme atteint d'un cancer de la prostate métastatique (découvert pendant la seconde guerre par Charles Higgins) a conduit au développement de nouveaux moyens thérapeutiques (LH-RH agonistes, abiratérone, etc.).

Immunothérapie

Qu'il existe une sorte de surveillance du développement tumoral par l'organisme hôte, était une notion intellectuelle imaginée depuis longtemps. On connaissait, chez l'animal de laboratoire, des 'antigènes tumoraux', pourquoi n'en y aurait-il pas chez l'Homme ?

D'énormes progrès dans la connaissance des réactions immunitaires (au cours des cinquante dernières années) ont permis d'imager des stratégies thérapeutiques nouvelles. On conçoit bien que renforcer ces possibilités de défense devrait améliorer l'évolution.

Si l'utilisation du BCG dans ce but est assez ancienne, (Pr G. Mathé), la réalisation de traitements efficaces n'est survenue que dans les toutes dernières années, avec les premiers vaccins, mais c'est surtout avec les agents modulateurs de la réaction immunitaire, que de réels progrès ont été réalisés, notamment pour les tumeurs non sensibles à la chimiothérapie (mélanome, carcinome rénal). Il est probable qu'une activité similaire puisse s'exercer vis-à-vis d'autres tumeurs plus sensibles à la chimiothérapie.

Thérapies ciblées

Les découvertes de biologie moléculaire, suscitées par le projet 'Cancer' du Président des Etats-Unis Richard Nixon au cours des années 1970, débouchent maintenant (près de 30 ans plus tard) sur de nouveaux axes thérapeutiques n'utilisant plus l'atteinte cytotoxique comme moyen de guérir le malade, mais plutôt le frein de l'évolution métastatique ou du développement des métastases n'entraînant pas obligatoirement la mort des cellules cancéreuses mais reduisant considérablement leur potentiel délétère.

En pratique, seules quelques molécules ont prouvé leur efficacité en matière d'augmentation de la survie globale des malades. Les résultats 'prometteurs' sur les réponses, la prolongation de la survie sans progression ne signifient malheureusement pas une réelle augmentation de la survie des patients.

Autres thérapeutiques

Au fur et à mesure des progrès médicaux, d'autres traitements se sont imposés aux cancérologues en raison des amélioration des conditions de vie des patients (anti-émétiques, facteurs de croissance).

S'ils n'augmentent pas toujours la durée de survie des patients, leur bonne utilisation permet une amélioration souvent considérable de la qualité de vie de ces personnes.

Plan de ce chapitre :

La chimiothérapie anti-cancéreuse

L'hormonothérapie

L'immunothérapie

Les thérapies ciblées

Les autres traitements

 

Chapitres du site Oncoprof

 

Compteur français