Les facteurs de croissance sont des substances naturelles responsables de la prolifération et de la différenciation des cellules souches sanguines, et fabriquées à grande échelle grâce aux techniques de génie génétique. Leur coût est très important.

Mode d'action

Les facteurs de croissance de la lignée blanche G-CSF (filgastrim ou Neupogène™, lénograstim ou Granocyte™) ont constitué la première génération de produits commercialisés, à réserve hospitalière, mais disponibles pour un usage en ville. Leur prescription est soumise à une réglementation particulière (feuilles de suivi spéciales à remplir).

Il est démontré qu'ils réduisent la durée mais non l'intensité de la leucopénie, et probablement de ce fait les risques infectieux, qui sont proportionnels à la durée de la leucopénie. Cette réduction se fait essentiellement par diminution du temps de maturation des myélocytes.

Il n'est pas encore prouvé qu'ils permettent d'augmenter les doses prescrites de chimiothérapie, et que cette augmentation permette une amélioration sensible des résultats thérapeutiques. Par contre, ils semblent pouvoir permettre de respecter les délais de prescription des chimiothérapie.

Posologie et coût

La dose habituelle est de : 5 µg / kg soit en général 300 µg pour les adultes entre 60 et 80 kg et 450 µg pour les adultes plus forts. La prescription commence dès le lendemain de la chimiothérapie pendant 7 à 15 jours (en moyenne 10 jours).

A signaler que 10 jours de traitement correspondent à plus de 1.000 €.

Schéma de l'action des facteurs de croissance

Il s'agit d'une étude randomisée montrant la différnce d'évolution des polynucléaires selon que le malade reçoit ou non des facteurs de croissance.

En marron, on observe l'effet placébo : on note une chute importante du nombre de polynucléaires qui vont rester inférieurs à 500 / mm3 pendant au moins 8 jours.

En bleu, on observe l'effet du facteur de croissance : on note la même chute importante du nombre des polynucléaires, après une éventuelle petite stimulation. On observe, par contre, un retour plus rapide à la normale, avec une durée d'aplasie réduite d'environ 4 jours.

On pourra relire un résumé des recommandations de l'Association Américaine d'Oncologie Clinique (ASCO) concernant l'utilisation des facteurs de croissances telles qu'elles ont été publiées récemment.

Un produit similaire, appelé 'biosimilaire' du filgastrim Zarzio™ obtenu à partir de cultures d'Escherchia Coli, et dont l'activité semble, en effet, similaire.

Seconde génération

Une seconde génération de produits a pour prototype le Pegfilgastrim (ou Neulasta™), qui comporte un élément de 20 kD de méthoxy-polyéthylène-glycol (PEG) ajouté à l'acite aminé-N-terminal du filgastrim.

Ce produit 'pegylé' possède la même capacité de stimulation des cellules granulopoïétiques, mais une dose unique est administrée. La dégradation est presque nullle. Le produit est éliminé lentement par les reins.

La dose à administrer est une ampoule de 6 mg (coût : 1.132 €).

Surtout, il existe une fixation sur les polynucléaires produits en réponse à la stimulation du filgastrim, qui aboutità une sorte d'auto-régulation dépendante de la concentration en neutrophiles. Lorsque la concentration est importante, le pegfilgastrim est absorbé par les polynucléaires et les précurseurs immédiats et ne stimule plus les myéloblastes. Le filgastrim pégylé est ensuite éliminé dans les polynucléaires après endocytose.

Le schéma suivant montre l'effet d'une dose unique de Pegfilgastrim : le taux de Pegfilgastrim diminue rapidement dès que le taux des polynucléaires augmente. Il n'y a pas d'hyperstimulation.

L'intérêt majeur, pour le patient, est que le Pegfigastrim ne nécessite qu'une injection le lendemain de la chimiothérapie. Il semble au moins aussi efficace que le filgastrim, réduisant la fréquence de neutropénie fébrile et le nombre de reports de chimiothérapie rendus nécessaires en raison de la neutropénie persistante.

Il n'a pas encore été démontré que cette réduction des reports a un rôle quant à l'efficacité des chimiothérapies notamment adjuvantes.

Des recommandations ont été publiées par l'ASCO et l'OERTC qui sont résumées sur une feuille particulière.

Les Strandards Options et Recommandations (sous l'égide de la Fédération Nationale des Centres de Lutte contre le Cancer) ont aussi publié des recommandations pour l'utilisation de ces produits.

Ces médicaments sont dans l'ensemble très bien tolérés : on note cependant dans environ un tiers des cas, la survenue de douleurs osseuses diffuses, parfois assez importantes, le plus souvent calmées avec des antalgiques mineurs. Ces douleurs sont en rapport avec la multiplication médullaire qui 'cherche' sa place dans le compartiment médullaire.

Compteur français