L'érythropoièse normale fait appel à une succession de différentiations progressives depuis la cellule souche hématopoïétique initiale jusqu'à l'érythrocyte. La cellule multipotente génère d'abord des colonies mixtes (CFU), puis des précurseurs des érythroblastes, d'abord appelés BFU-E (burst-forming unit erythroid), puis des CFU-E (colony forming unit erythroid).

Au cours de ce processus, les cellules deviennent progressivement sensibles à l'érythropoïétine, avec apparition d'un récepteur spécifique et perdent progressivement leurs récepteurs au facteur de stimulation initial C-kit.

La maturation passe ensuite par le pro-érythroblaste (P-E : grande cellule très basophile avec des excroissances en forme d'oreille et un noyau rond nucléolé), puis l'érythroblaste basophile (E-B : cellule plus petite, encore très basophile, au noyau plus petit sans nucléole), puis l'érythroblaste polychromatophile (E-P : cellule plus petite, proche de celle d'une hématie, au cytoplasme mélangé à la fois basophile et acidophile, correspondant à l'apparition d'hémoglobine). Cet érythroblaste se transforme en réticulocytes (Ret) après l'expulsion du noyau : quelques fragments d'ARN et des mitochondries donnent un aspect un peu bleuté au cytoplasme. Enfin, l'hématie caractéristique.

Une très jolie explication de l'érythropoïèse se retrouve sur le site d'hématologie de la Faculté de Médecine d'Angers (Pr Marc ZANDECKI et Dr Franck GENEVIEVE)

Schéma de l'érythropoïèse et de l'importance des facteurs de croissance

L'érythropoïèse est modulée par un mécanisme endocrine médié par le taux d'érythropoïétine (EPO). Localement, dans la moelle osseuse, une régulation paracrine dépendante de la quantité d'érythroblastes produits, aboutit à une activation du récepteur de la mort Fas/ Fas-L, qui induit une apoptose (symbolisée par le signe - rouge). Ainsi, la multiplication des cellules souches CFU-E et des pro-érythroblastes (P-E) est continuellement contrôlée.

L'EPO représente un mécanisme de protection contre l'apoptose massive des érythroblastes immatures. (cf. description détaillée dans l'article de De Maria, Blood 1999, 93, 3, 769-803)