Mécanisme d'action

Un des effets les plus redoutés des malades de la chimiothérapie est constitué par les vomissements. Un progrès considérable a été constitué par l'apparition de médicaments anti-sérotonine (anti 5-HT3).

Les récepteurs à la sérotonine sont présents en grandes quantités au niveau de la base du cerveau, de l'area postrema et du noyau du tractus solitaire. Des densités moindres sont observées au niveau du cortex et des aires limbiques (notamment hippocampe). Au niveau périphérique, les récepteurs sont trouvés au niveau des neurones pré- et post-ganglionnaire et du système nerveux de l'intestin.

Les vomissements sont le plus souvent en rapport avec une stimulation des cellules du système nerveux central (zone sensible de la base du cerveau, entraînant une stimulation cholinergique, dopaminergique et sérotoninergique.

L'effet de la sécrétion accrue de sérotonine induite par les médicaments anti-cancéreux peut être combattue les anti 5-HT3.

Formules chimiques

Ondansétron Granisétron Tropisétron

Indications

Nous disposons de trois médicaments différents sur le marché français dont l'efficacité est grossièrement similaire. Ils agissent essentiellement sur les vomissements aigus. Pour être actifs, ils doivent être administrés avant le traitement anticancéreux.

Contrairement à l'usage habituel qui est en proposé, et à l'accord précipité des autorités de tutelle, la prescription de sétrons pour la prévention des vomissements retardés et nausées persistantes n'a pas d'efficacité réelle, telle que démontrée par des études en double aveugle. Il s'agit souvent d'un effet placébo et le meilleur médicament pour ces effets tardifs semble être la cortisone ou l'apepritant (Emend™).

Ces médicaments sont également utiles dans la prévention des vomissements et nausées induits par la radiothérapie (notamment la radiothérapie cérébrale ou abdominale). On les utilise aussi dans la prévention des vomissements post-opératoires.

Posologie

La posologie est variable, mais n'a pas toujours été établie sur des bases rigoureuses.

L'ondansétron (Zophren™) est prescrit à la dose de 8 mg par voie IV ou per os avant la chimiothérapie. Ce médicament a obtenu l'AMM pour une prescription de 5 jours à la dose de 8 mg matin et soir.

Le granisétron (Kytril™) est prescrit à la dose de 3 mg par voie IV ou de 2 mg avant la chimiothérapie. Certains le prescrivent à la dose de 1 mg matin et soir pendant 5 jours.

Le tropisétron (Navoban™) est prescrit à la dose de 5 mg par voie IV ou per os avant la chimiothérapie, puis pendant 5 jours à la dose de 5 mg.

Effets secondaires

Les effets secondaires de ces médicaments sont peu importants mais doivent être reconnus :

les céphalées sont assez fréquentes,

la constipation également,

plus rares et d'étiologie moins certaine sont l'hypotension artérielle ou une hypertension artérielle, la diarrhée, la somnolence, l'asthénie, un cas de pancréatite aiguë, une augmentation des transaminases.

Les anti-5-HT3 constituent une révolution majeure dans la tolérance de la chimiothérapie.

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