Le Paclitaxel (Taxol™ ou Paxene™) est un alcaloïde dérivé de l'écorce d'ifs de la famille des taxanes.

Le paclitaxel stimule l'assemblage des dimères de tubuline en microtubules et stabilise les microtubules en empêchant leur dépolymérisation. Cette stabilité inhibe la réorganisation dynamique normale du réseau de microtubules, ce qui est indispensable au cours de l'interphase et de la mitose.

Le paclitaxel induit la formation de faisceaux de microtubules pendant le cycle cellulaire, et la constitution de multiples asters de microtubules pendant la mitose.

 

La structure du paclitaxel est très complexe, ce qui en a empêché la synthèse totale pendant de nombreuses années (extraction à partir des écorces d'ifs de l'océan pacifique).

Les zones soulignées indiquent les différences entre paclitaxel et docétaxel.

Indications

Les indications actuelles :

Carcinome de l'ovaire :

en première ligne chez les patientes présentant une maladie avancée ou des résidus après la laparotomie initiale en association avec un sel de platine,

en seconde ligne après échec du traitement classique à base de sels de platine.

Carcinome du sein :

pour les patientes en échec au traitement classique à base d'anthracycline.

Cancer du poumon à petites cellules

en association avec le cisplatine

Sarcome de Kaposi en relation avec le SIDA

après échec d'un traitement par une anthracycline liposomiale.

Il est probable que d'autres indications seront développées dans les années qui viennent.

Il s'agit d'un traitement qui est administré par voie veineuse (risque d'altération progressive des veines et danger majeur d'une extravasation).

La posologie habituelle est variable : en général de 175 mg/m2 sur trois heures (avec ou sans sel de platine) toutes les trois semaines. La posologie princeps était de 135 mg/m2 en perfusion continue sur 24 heures toutes les trois semaines : elle est de plus en plus abandonnée pour des raisons pratiques.

Il existe actuellement des études sur l'utilisation de doses hebdomadaires qui seraient moins toxiques : 80 mg/m2 trois semaines de suite, avec une semaine de repos. Mais ceci n'est pas encore dans l'AMM.

Principales toxicités

Ne sont citées que les toxicités non générales (les toxicités générales sont décrites dans le chapitre toxicité de la chimiothérapie).

La toxicité limitante est la toxicité hématologique (essentiellement sur la lignée granuleuse), pouvant entraîner l'arrêt ou le report des cures de chimiothérapie.

On observe une alopécie dans 100% des patients. Le paclitaxel est peu émétogène.

TOXICITE ALLERGIQUE

Des réactions d'hypersensibilité sévères (dyspnée, hypotension, angio-oedème, urticaire généralisé), sont observées probablement par libération d'histamine. (1 à 5 % des patients).

On prévient systématiquement cette réaction par une prémédication (corticoïde, antihistaminique).

Toutes les réactions nécessitent un arrêt immédiat du traitement. Seules les réactions sévèvres nécessitent l'arrêt définitf du traitement.

TOXICITE NEURO-MUSCULAIRE

Des myalgies diffuses et des arthralgies surviennent chez près de la moitié des patients traités par le paclitaxel. Elles sont rarement sévères obligeant à l'arrêt du traitement. Elles peuvent être traitées par du paracétamol.

Des neuropathies périphériques sensitives (et parfois) motrices peuvent s'observer, surtout lors de l'association avec les sels de platine. Il s'agit d'une toxicité cumulative, mais qui, à l'inverse des sels de platine, pourrait régresser à l'arrêt au bout de quelques mois (?). D'autres troubles neurologiques plus sévères ont été observés sporadiquement, dont le rapport avec la prescription de paclitaxel paraît plus ou moins bien fondé.

Nouvelle présentation pharmacologique : Abraxane™

Cette nouvelle présentation est faite de nanoparticules de paclitaxel liées à de l’albumine sérique humaine, le paclitaxel étant à l’état amorphe. L’albumine est connue pour faciliter le passage de molécules au travers la membrane cytoplasmique (transcytose endothéliale), de composants plasmatiques. In vitro, la présence d'albumine favorise le transport du paclitaxel à travers les cellules endothéliales.

L'abraxane est indiquée en monothérapie dans le traitement du cancer du sein métastatique, chez les patients en échec du traitement de première ligne.

La posologie recommandée est de 260 mg/m2 , administrée en perfusion intraveineuse de 30 minutes toutes les 3 semaines.

Par rapport au paclitaxel standard, il semble que les effets indésirables soient proches, avec cependant plus de neuropathies de grade III observées avec cette nouvelle forme et un peu moins de toxicité hématologique.

La Haute Autorité de Santé a jugé que ce nouveau produit représente un progrès mineur en termes de médiane de survie sans progression et de survie globale par rapport au paclitaxel.

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