La vincaleucoblastine (Velbé™) est un antinéoplasique cytostatique de la classe des vinca-alcaloïdes.

Son mode d'action principal semble être la fixation sur la tubuline intracellulaire, notamment au moment de la division cellulaire (formation du fuseau). On trouve des sites de liaisons particulières pour les vinca-alcaloïdes sur la tubuline.

Les microtubules sont également indispensables pour le transport intra-cellulaire des métabolites divers, des mitochondries et des granules le long des axes nerveux.

Cependant, d'autres actions ont été mises en évidence, notamment interférence avec les voies métaboliques des acides aminés, la production d'énergie cellulaire nécessaire à la mitose, et la synthèse des acides nucléiques.

 

Les zones soulignées par un ovale violet constituent les points de différence avec les autres vinca-alcaloïdes.

La formule des vinca-alcaloïdes est très complexe expliquant que la molécule ne soit pas dialysable et qu'elle soit éliminée comme les produits naturels par un mécanisme spécifique MDR dépendant (cf. le chapitre résistance aux anti-mitotiques).

Indications

Les indications de la vincaleucoblastine sont nombreuses :

Maladie de Hodgkin et lymphomes non hodgkiniens,

Cancer du testicule,

Sarcome de Kaposi,

Choriocarcinomes,

Cancer de l'ovaire,

Cancer du sein,

Cancer du rein,

Cancer de la vessie.

Il s'agit d'un traitement qui ne peut être administré que par voie strictement intra-veineuse.

En perfusion courte, la posologie habituelle est de 4 à 7 mg/m2, une fois par semaine. Il s'agit d'une chimiothérapie cycle-dépendante.

En perfusion continue, la dose est réduite à 1.5 à 2 mg/m2 pendant 5 jours maximum, sinon on observe une toxicité majeure.

Principales toxicités

Ne sont citées que les toxicités non générales (les toxicités générales sont décrites dans le chapitre toxicité de la chimiothérapie).

TOXICITE HEMATOLOGIQUE

La toxicité hématologique est la principale toxicité à rechercher. Elle peut être sévère et touche toutes les lignées.

TOXICITE NEUROLOGIQUE

Elle touche le plus souvent le système nerveux végétatif, sous forme de constipation ou de sub occlusion (mais beaucoup plus rarement qu'avec la vincristine).

Des neuropathies périphériques ont été observées après administration prolongée, souvent dans le cadre d'une polychimiothérapie. Elles sont précédées de diminution des réflexes ostéotendineux et des paresthésies qu'il faut donc rechercher systématiquement. A ce stade les lésions sont encore réversibles.

A plus fortes doses, on a observé des atteintes des paires crâniennes : II, V, VI, VI, VIII (surdité partielle, troubles de l'équilibre) : il convient d'être prudent dans l'association avec d'autres médicaments oto-toxiques comme le cisplatine.

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