Le carboplatine est un sel de platine beaucoup plus soluble que le cisplatine, et n'ayant pas de ce fait la même toxicité rénale. En outre, pour des raisons mal connues, il ne possède pas le même pouvoir émétogène et est de ce fait beaucoup mieux toléré par les malades. Son abbréviation usuelle est CBP.

Formule du carboplatine

Indications

Elles sont assez proches de celles du cisplatine :

Cancers de l'ovaire (protocoles Cyclophosphamide-CBP, Taxol-CBP ou seul)

Cancers de la sphère ORL (protocole 5-FU-CBP),

Cancer bronchique à petites cellules.

Posologie

La dose à utiliser est en général dans un rapport 3:1 ou 4:1 par rapport à la dose de cisplatine (300 à 400 mg/m2 ).

Du fait de sa toxicité particulière sur la lignée plaquettaire (cf. plus bas), Calvert a défini une aire sous la courbe à atteindre pour éviter une toxicité excessive. On traite alors le patient avec un intention d'aire sous la courbe (ou AUC), exprimée en mg/ml x minutes.

La formule de Calvert est la suivante :

Dose totale (mg) = AUC x (GFR + 25)

La détermination du débit de filtration glomérulaire (GFR) ne se fait pas, en pratique par la mesure de la clairance à I’EDTA marqué au chrome 51, mais par la clairance de la Créatinine (Clcr), qui est elle-même estimée par la méthode prédictive de Jeliffe qui tient compte de l’âge (en année), du sexe et de la créatininémie plasmatique (pCr) exprimée en mg/100 ml (ou en µmol selon les abaques).

GFR (homme) Clcr = [98 - 16 (Age - 20)/20] / pCr(mg/l00 ml)

GFR (femme) = 0,9 x GFR (homme).

Principales toxicités

Ne sont citées que les toxicités non générales (les toxicités générales sont décrites dans le chapitre toxicité de la chimiothérapie).

TOXICITE HEMATOLOGIQUE

C'est la toxicité majeure.

Elle atteint surtout la lignée plaquettaire pouvant entraîner vers le 10ème-15ème jour une hypoplaquettose majeure (inférieure à 20.000 plaquettes/mm3), avec tous les risques hémorragiques possibles (notamment cérébro-méningés).

On peut également observer des neutropénies fébriles.

L'utilisation de la formule de Calvert limite grandement ce risque.

TOXICITE RENALE

Elle est beaucoup moins fréquente qu'avec le cisplatine. Il n'y a pas besoin d'hyperhydratation.

On observe des anomalies de la créatininémie chez environ 10% des malades (à la fin de la chimiothérapie). Les troubles sont d'autant plus importants que la fonction rénale était altérée avant le traitement, d'où la nécessité dans ces cas d'une hydratation un peu plus marquée et de l'utilisation de la formule de Calvert.

L'absence habituelle de toxicité doit cependant rendre prudent lorsqu'on ré-utilise le carboplatine (par exemple, en cas de récidive tardive d'un cancer de l'ovaire), la toxicité étant majorée par l'accumulation des doses.

TOXICITE NEUROLOGIQUE

Là encore, elle est beaucoup plus rare qu'avec le cisplatine, mais peut survenir chez des sujets âgés ou ayant déjà une atteinte neurologique minime (par exemple, par une intoxication alcoolique chronique). Elle est moins sévère que celle du cisplatine mais de même type.

REACTIONS ALLERGIQUES

Comme avec le cisplatine, assez rares.

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