L'épirubicine (Farmorubicine™) appartient à la famille des antbibiotiques anthracyclines. Comme la doxorubicine, elle se fixe rapidement sur les structures nucléaires de la cellule, bloquant la synthèse de l'ADN et de l'ARN : c'est un agent intercalant au niveau de l'ADN.

Il est probable qu'elle agît aussi en temps qu'inhibiteur de la topoisomérase II.

Comme la doxorubicine, elle est administrée par voie intraveineuse stricte et se fixe rapidement sur les tissus sous forme active, non métabolisée.

Elle est éliminée également principalement par voie biliaire sous forme de produit inchangé et de métabolites divers. L'excrétion urinaire n'est cependant pas négligeable sous forme de glucuronides.

Toute modification de la fonction hépatique peut entraîner une augmentation des taux plasmatiques du produit avec un risque important de toxicité accrue.

Formule de l'épirubicine

On notera la faible modification du radical CH2OH en radical CH3 pour d'autres formes d'anthracyclines (daunorubicine), et l'inversion des radicaux -OH et -H, transformant le sucre associé à la structure plane polycyclique de la doxorubicine, pour obtenir l'épirubicine qui serait moins cardiotoxique.

Principales indications

Les indications sont assez nombreuses et voisines de celles de la doxorubicine :

Carcinomes du sein

soit dans la période initiale adjuvante (c'est le Edu protocole FEC avec le 5-FU et le cyclophosphamide), soit lors des rechutes. L'épirubicine entraîne également un taux important de réponses (de l'ordre de 40 à 50%).

Sarcomes des os et des parties molles.

à l'intérieur de protocoles variés.

Maladie de Hodgkin, lymphomes non hodgkiniens.

à l'intérieur de nombreux protocoles

Tumeurs solides de l'enfant.

Cancers à petites cellules du poumon.

Cancer de l'ovaire

L'ajout d'une anthracycline semble augmenter le taux de réponse, mais depuis l'arrivée du Taxol, les anthracyclines sont surtout utilisées lors des rechutes.

Cancer de l'estomac, de l'oesophage

Principales toxicités

Ne sont citées que les toxicités non générales (les toxicités générales sont décrites dans le chapitre toxicité de la chimiothérapie).

TOXICITE CARDIAQUE

La toxicité cardiaque est beaucoup plus rare avec l'épirubicine qu'avec la doxorubicine, mais elle peut survenir également, mais à des doses plus importantes. Sa symptomatologie est identique à celle de la doxorubicine.

La prévention de ces troubles consiste en la réalisation d'une fraction d'éjection ventriculaire (méthode isotopique ou échographique) avant la première injection pour détecter les insuffisance cardiaques mineures, non symptomatiques. En cas de troubles du rythme ou d'essoufflement, une vérification cardiologique s'impose. La pratique régulière d'ECG n'apporte guère de renseignements.

TROUBLES VEINEUX ET CUTANES

L'épirubicine est aussi toxique pour les veines et nécessite d'être certain du bon positionnement de l'aiguille. C'est l'utilisation régulière de ce produit (notamment dans le cadre des chimiothérapies adjuvantes du sein) qui a entraîné la pratique de la pose quasi systématique de dispositif veineux implantable. Mais, même dans ces conditions, il convient d'être très prudent et surveiller le début de la perfusion.

Toute extravasation va se traduire par un picotement local, devant faire arrêter immédiatement la perfusion. Pour éviter la constitution d'un escarre local très douloureux, dont le traitement sera fort long et viendra rendre impossible la poursuite de la chimiothérapie, on recommande la pose de glace, de corticoïdes locaux et l'utilisation de DMSO.

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