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Dernière modification effectuée
le 05/06/2011
Notions de curiethérapie

Principes de base

La curiethérapie consiste en l'utilisation de sources radioactives pour délivrer à l'intérieur de la tumeur une irradiation tumoricide.

A la différence de la radiothérapie externe, le rayonnement photonique utilisé traverse d'abord la tumeur, où il s'atténue rapidement, avant d'irradier secondairement les tissus sains adjacents à la tumeur.

C'est l'apparition de radioéléments très maniables (comme l'iridium 192 ou le césium 137, à la différence du radium classique) ainsi que la technique du chargement différé qui ont permis le développement de la curiethérapie. On place tout d'abord des vecteurs creux inactifs (tubes en plastique, aiguilles vectrices ou applicateur gynécologique), sous anesthésie locale ou générale. On vérifie la bonne distribution prévisionnelle de la dose par l'étude dosimétrique, avant de "charger" secondairement les éléments radioactifs.

L'avantage principal de la curiethérapie est la possibilité de délivrer une dose importante dans un volume étroit, avec, en principe, une dose satellite réduite au niveau des organes voisins. Elle nécessite bien sûr un entraînement important de la part des thérapeutes, et également une dosimétrie importante. Le caractère 'chirurgical' initial de l'irradiation nécessite des explications plus précises aux malades.

Le système dit de Paris

Décrit essentiellement par l'équipe de B.Pierquin, ce système permet l'irradiation de tumeurs de forme et de volume variables. Il consiste à placer en parallèle des tubes porte-sources, dont le nombre, l'arrangement et l'écartement peuvent être choisis librement, pourvu que le volume traité corresponde à la tumeur.

De façon simpliste, si le volume à traiter est petit, on mettra peu de sources et leur écartement sera petit ; s'il est grand, on mettra des sources plus nombreuses et leur écartement pourra être un peu plus grand.

Cependant, il faut obtenir une irradiation la plus homogène possible : des zones d'hyperdosage sont observées près des source et d'hypodosage à distance des sources.

En pratique, les lignes doivent être parallèles, dans un même plan, avec un débit de source (appelé débit de kerma) identique entre chaque source, et équidistantes.

On calcule le temps d'irradiation selon l'activité de la source, la dose souhaitée et les risques de surdosage.

Les diverses méthodes d'irradiation

On peut distinguer plusieurs types d'irradiation :

la curiethérapie à bas débit :

La curiethérapie classique fait appel à une irradiation continue pendant 1 à 5 jours, à un faible débit de dose (30 à 100 cGy/heure). La dose au contact de la source est élevée, mais elle décroît rapidement en fonction de l'inverse du carré de la distance sur quelques millimètres, permettant une meilleure protection des tissus sains environnants.

Les malades sont immobilisés pendant quelques jours en salle plombée, l'utilisation d'appareil de stockage des sources (curietrons) permet une meilleure protection du personnel pour les soins indispensables pendant cet long traitement.

la curiethérapie à haut débit de dose

Depuis peu, se développent des techniques de curiethérapie à haut débit de dose, grâce à l'utilisation de sources à débit de dose élévée, réduisant d'autant la durée d'irradiation et d'immobilisation. L'irradiation a lieu dans des bunkers assez proches de ceux utilisés en radiothérapie classique, et selon les mêmes méthodes de radio-protection.

Les malades sont 'chargés' pendant un moment assez court, pouvant retourner chez eux (comme dans le cas des irradiations du fond vaginal après hystérectomie totale dans le cancer du corps de l'utérus), ou retourner dans une chambre standard avec les guides non radio-actifs en place dans la tumeur, entre deux séances d'irradiation.

la curiethérapie pulsée

Elle utilise une source quasi ponctuelle très active qui s'arrête le long des différents cathéters en plastique, à des endroits différents, pour une durée assez courte, variable, permettant d'adapter la dose avec encore plus de précision qu'avec le système classique (en faisant varier la durée d'irradiation, on fait varier la dose). Cette curiethérapie pulsée réalise une irradiation à bas débit.

Cette technique nécessite une programmation précise de l'irradiation à travers chaque cathéter guide.

les implants permanents

Cette technique s'est beaucoup développée récemment pour le cancer de la prostate et utilise notamment l'Iode 125. La durée d'application est quasi infinie mais on calcule la dose délivrée par le débit de dose initial et la vie moyenne du radionucléide. Ainsi avec l'iode 125, 50% de la dose totale est délivrée en 60 jours, 75% en 120 jours, 87% après 180 jours.

Association de la curiethérapie avec d'autres traitements

La curiethérapie ne constitue que rarement un traitement isolé.

Très souvent, il est associé à la chirurgie (par exemple, pour beaucoup de tumeurs gynécologiques), à la radiothérapie externe (associations typiques en gynécologie ou dans le cancer de la prostate), et plus récemment avec la chimiothérapie (cf. la potentialisation de la radiothérapie un peu plus haut).

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