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Radiothérapie
des cancers
Myélite radique

De survenue heureusement rare, la myélite radique représente la complication la plus grave de l'irradiation des cancers de la cavité buccale, complication liée à une faute technique.

Clinique

Cliniquement, elle peut se manifester selon différents tableaux :

Signe de Lhermitte isolé :

Il s'agit de la manifestation la plus fréquente. Le patient décrit, de façon précoce, quelques semaines à quelques mois au décours de l'irradiation, des dysesthésies à type de décharges électriques partant du cou et irradiant vers les quatre membres, lors des mouvements de flexion-extension du rachis cervical. L'évolution peut se faire le plus souvent vers la disparition spontanée des troubles en quelques semaines, plus rarement vers un syndrome de Brown-Séquard caractéristique de la myélite constituée.


Syndrome de Brown-Séquard :

Après un temps de latence de 6 à 18 mois, apparaissent les signes de début, à type de paresthésies (picotements, brûlures) ou d'hypoesthésie touchant la sensibilité superficielle, volontiers asymétriques au niveau de l'un des membres supérieurs. La période d'état est caractérisée par la présence d'une hémiplégie respectant la face, avec diminution dans le même territoire de la sensibilité profonde, et du côté opposé, diminution de la sensibilité superficielle. L'évolution se fait le plus souvent, vers l'extension des troubles moteurs, avec apparition d'une tétraplégie et de troubles sphinctériens associés.

Autres formes cliniques

Pathogénie

La pathogénie de la myélite radique ferait intervenir à la fois un mécanisme indirect par atteinte des artérioles et des capillaires intramédullaires, et un mécanisme direct par atteinte des cellules gliales et des neurones. La vascularisation médullaire adoptant une disposition alternée, à un niveau donné, la moelle peut être moins abondamment vascularisée d'un côté par rapport à l'autre, expliquant le caratère souvent asymétrique du tableau clinique.

Le diagnostic de la myélite radique cervicale chez un patient présentant des antécédents d'irradiation de la cavité buccale étant évoqué, il ne pourra être retenu qu'après que le radiothérapeute ait confirmé sa compatibilité avec le traitement effectué à partir d'une révision dosimétrique, les diagnostics différentiels ayant été éliminés par les techniques d'imagerie appropriées.

La recherche d'une autre étiologie aux symptômes est importante car pouvant aboutir à une thérapeutique efficace.

L'IRM représente l'examen de choix dans le diagnostic positif de la myélite radique.

Il s'agit le plus souvent d'une erreur technique avec chevauchement de faisceaux initialement jointifs, à l'origine d'un surdosage en regard de la région de recoupement. Parfois, aucune cause évidente ne peut être retrouvée au vu des éléments techniques du dossier, mais les difficultés signalées par le manipulateur lors du maintien du patient en position de traitement à chaque séance laissent à penser que la moelle n'a pu être correctement protégée malgré une mise en place pourtant rigoureuse.

Traitement

Le traitement de la myélite radique est avant tout préventif :

Le traitement de la myélite déclarée fait appel à la corticothérapie à la phase initiale de la maladie, permettant de lutter contre l'œdème, facteur d'aggravation des lésions médullaires, puis à la phase d'état aux soins de nursing et à la kinésithérapie. L'amélioration de la technique et des contrôles de qualité quant aux doses délivrées et à la mise en place des patients doit conduire à la disparition d'une telle complication.

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